Dossier d’œuvre architecture IA11000084 | Réalisé par
Chabbert Roland (Contributeur)
Chabbert Roland

Chercheur partenaire de 2002 à 2008

Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008

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  • dossier ponctuel
Aile nord du cloître : ancien réfectoire des moines, cuisine, dortoir, bibliothèque
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Aude
  • Commune Narbonne
  • Lieu-dit Fontfroide
  • Dénominations
    réfectoire, cuisine, dortoir, bibliothèque
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

Les travaux de Jean-Louis Rebière (Oculus, n° 20, p. 15) permettent de localiser et de reconstituer un premier réfectoire médiéval, perpendiculaire à la galerie nord du cloître. Des baies géminées, aujourd'hui obstruées et observées sur l'élévation sud, au-dessus de la porte d'entrée, après la dépose des toiles de Richard Burgsthal, confirment une disposition ancienne. Cette disposition correspond à la pratique cistercienne qui implante le réfectoire perpendiculairement à la galerie claustrale opposée à l'église, et qui intercale la cuisine et le chauffoir entre l'aile des moines et celle des convers. A l'origine, les façades des deux annexes prenaient le jour au-dessus de la toiture de la galerie nord. Le rehaussements des galeries du cloître à l'époque gothique a aveuglé la partie inférieure de toutes les ouvertures qui ouvraient sur le cloître et le réfectoire des baies identiques.

Cette partie de l'abbaye abrita donc à l'origine le réfectoire des moines, le chauffoir et la cuisine nécessaires aux frères convers. Le réfectoire médiéval fut remanié et doté de nouvelles voûtes au 18e siècle lors de l'aménagement de la cour Louis XIV. Une partie du bâtiment est détruite pour permettre l'alignement des élévations de la cour tandis qu'on surélève pour aménager de nouvelles cellules au-dessus du réfectoire. En effet, un extrait du registre de la comptabilité de Fontfroide indique qu'en 1777, le maître maçon Figeac et le plâtrier Cristol sont chargés de la réfection des murs et des portes du réfectoire. Les deux artisans perçoivent la somme de 400 livres pour la construction des portes et des murs du réfectoire, 350 livres pour les décorations en pâtre et 450 pour les 450 pour les 45 toises de pavement du réfectoire. La construction d'un appartement neuf et d'une salle de billard est aussi signalée mais il n'est pas possible de connaître leur emplacement avec précision.

En 1782 on procède aux fondations de la nouvelle cuisine, dans le prolongement du réfectoire. Les travaux sont confiés à maître Rocagel, entrepreneur de bâtiments qui perçoit 1566 livres pour "la construction de l'aile neuve du dortoir" dès l'année suivante (AD Aude H 616). On aménage donc à l'étage plusieurs salles qui sont construites en retrait par rapport au cloître. Une galerie avec 8 arcades est ainsi aménagée afin de faciliter la circulation des moines dans cette partie du couvent. Murées après 1858 par les moines bernardins de l’Immaculée Conception qui prirent possession de l’abbaye, les arcades furent réouvertes par Gustave Fayet après 1909.

Le nouveau propriétaire procède assez rapidement à l'aménagement des différentes salles de cette partie de l'abbaye. Au rez-de-chaussée, il fait démolir la cheminée qui chauffait le salon vert pour lequel il commande des boiseries au menuisier biterrois Molinier. Il met à nu la pierre des murs dans l'ancien réfectoire, ne laissant que les cadres stuqués pour lesquels il commandera de nouveaux tableaux à Richard Burgsthal IM11004199 et mettra en place un ameublement particulier. Le 13 octobre 1909, il envisage de mettre en place des portes dans la salle à manger avec l'architecte Winkler, chargé par Fayet des travaux dans l'abbaye ; le 20 juin 1910, les portes vitrées de la salle à manger, installées par le menuisier Molinier, sont facturées 290 francs (carnets Fayet) .

A l'étage, Gustave Fayet fait aménager la bibliothèque. Il fait transformer en bibliothèque un ancien grenier (Gardey de Soos, p. 95) et commande la réalisation de voûtes en béton pour remplacer la charpente préexistante. Magali Rougeot, dans sa thèse (op. cit. 2011, p. 252) reprend l'information et précise que le modèle de ce voûtement serait celui de la salle du trésor de la cathédrale de Narbonne, cependant la documentation disponible ne permet pas de confirmer l'information. Même si dans l'agenda de Gustave Fayet, il est noté à la date du 31 aout 1909 qu'un acompte est payé à Vassal pour ses travaux dans la salle à manger, la cuisine et le salon et que l'on dispose de 2 reçus de l'artisan pour les travaux qu'il effectua fin 1908 et en 1909, il n'est jamais fait mention de la construction de cette voûte. Quoiqu'il en soit, la salle est achevée en 1910, lorsque Fayet commande la réalisation de meubles sur mesure à son menuisier Molinier (Apports Fayet, p. 16) et le décor à Odilon Redon.

Divers éléments sculptés, achetés par Fayet, seront fixés dans la maçonnerie de l'étage. Il réalisera aussi quelques décors au pochoir sur les poutres de la partie la plus orientale, au niveau de la cage d'escalier qui conduit dans l'aile est du cloître

Il s'agit d'un long bâtiment haut d'un étage qui sépare l'aile nord du cloître de la cour dite "Louis XIV". Construite en moellons de pierre, cette aile se compose de constructions juxtaposées qui ne se distinguent que par la hauteur de leur toiture à longs pans et couvertes de tuiles.

L'élévation qui ferme la cour Louis XIV compte 10 ouvertures au rez-de-chaussée : 3 portes et 7 fenêtres et 12 fenêtres à l'étage dont les dimensions et l'espacement varient. La porte située à l'extrémité sud-ouest, qui mène à la ruelle des convers, couverte d'un arc cintré, est partiellement obturée. Ce qui atteste d'une reprise postérieure de l'aile ouest. Cependant les appuis de baie moulurés sont tous identiques et témoignent d'une construction homogène.

Cinq salles occupent le rez-de-chaussée. A l'ouest, les deux premières salles sont voûtées, d'abord par une voûte en berceau puis par deux voûtes d'arêtes qui assurent le couvrement du parloir-réfectoire. La pièce suivante, actuelle salle à manger, est voûtée d'ogives, mais ses voûtes sont situées à un niveau plus bas que celles des salles suivantes. En effet, les voûtes en berceau de la cuisine sont plus hautes que leurs voisines. La salle suivante, elle aussi voûtée assure la jonction avec l'aile dite du Prieur et sépare la cour Louis XIV du cimetière.

2 pièces aménagées en entresol au-dessus de la salle à manger et accessibles par un escalier dérobé confirment les transformations subies. On y repère encore les baies médiévales qui ouvraient sur le cloître partiellement murées par les arcs soutenant le promenoir.

A l'étage, plusieurs salles en enfilade se succèdent, précédées côté du côté du cloître par une galerie couverte longue de 8 arcades. Ces pièces, généralement rectangulaires qui occupent l'ancien le dortoir des moines, sont couvertes d'un plafond lambrissé à l'exception de la bibliothèque dont la fausse-voûte est accrochée à la charpente. Chacune dispose de baies ouvrant sur la cour Louis XIV et d'une cheminée dont le manteau est orné de stucs (bibliothèque exceptée).

  • Murs
    • pierre moyen appareil
  • Toits
    tuile
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
    • fausse voûte d'arêtes
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée sans travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Typologies
  • État de conservation
    restauré
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
    • décor stuqué
  • Représentations
    • Vierge
    • Vierge de pitié
    • ornement végétal
  • Précision représentations

    Plusieurs éléments sculptés sont en remploi dans les murs de l'étage : Vierge, évêque, Piéta, relief antique. Les cheminées portent pour la plupart des décors stuqués

  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1988/09/15
    classé MH, 2001/02/21
  • Précisions sur la protection

    Ancienne sacristie, passage et cage d'escalier situés de part et d'autre de la salle capitulaire ; quatre corps de bâtiments fermant la cour dite cour Louis XIV, y compris la partie qui enjambe le lit du torrent à l'est et le moulin au nord ; éléments décoratifs (immeubles par destination) du corps de bâtiment situé entre le cloître et la cour Louis XIV, à savoir : boiseries du salon vert, stucs et boiseries du grand salon avec les peintures de Burgstaal, vitraux composés de papiers aquarellés entre deux plaques de verre fermant les baies de la salle de musique (ancien dortoir des moines) , panneaux de céramiques historiées et décoratives du grand salon et de l'office, boiseries de la bibliothèque ; portail d'entrée de l'abbaye ; cour d'honneur et décor architectural qui la ferme ; sol de la grande roseraie ; parc et terrasses étagées avec leurs statues et fabriques ; vestiges du corps de bâtiment médiéval qui enjambait le torrent à l'est du cloître ; chapelle du père Jean ; mur de clôture ; puits au sud de l'abbaye ; deux tours cylindriques ouest et nord-est ; ferme avec les deux ponts médiévaux qui la relient à l'abbaye (cad. G 320, 331, 332, 334, 336 à 338, 340) : inscription par arrêté du 15 septembre 1988 - Ensemble des parties bâties situées à l'intérieur de l'enceinte de l'abbaye, y compris le porche d'entrée, l'aire du cloître, les murs d'enceinte et les terrasses étagées, à l'exception - en ce qui concerne le corps de bâtiment situé entre le cloître et la cour dite "Louis XIV" - des éléments décoratifs intérieurs suivants : les boiseries et les toiles peintes du salon vert, les stucs et boiseries du grand salon avec les peintures de Burgstahl, les vitraux de papier aquarellés entre deux plaques de verre fermant les baies de la salle de musique (ancien dortoir des moines) , les panneaux de céramiques historiées et décoratives du parloir et de l'office, les boiseries de la bibliothèque (cad. G 336 à 338) : classement par arrêté du 21 février 2001

Documents d'archives

  • d'Andoque de Sériège (Yseult), Apport des Fayet à Fontfroide, archives de l'abbaye, document manuscrit.

    Archives de l'abbaye de Fontfroide
  • Gustave Fayet, Carnets de l'artiste, 1900-1925, archives privées.

    Archives de l'abbaye de Fontfroide

Bibliographie

  • Demarthe (Sylvain), « Autour des cloîtres cisterciens de Valmagne, Fontfroide et Villelongue : de l’esprit de sobriété à la richesse ornementale (seconde moitié XIIIe siècle-début XIVe siècle) », dans Claustros no mundo mediterrânico. Séculos X-XVIII, actes de l’Incontro internacional sobre Claustros … (Lisbonne, Museu Nacional de Arte Antiga, 20-22 juin 2013), Coimbra, Almedina, 2016,

    p. 287-301.
  • David (Léa), Sainte-Marie de Fontfroide, l’exemple d’un cloître cistercien en Languedoc au XIIIe siècle, publié11/10/2021.

  • Cahier de l'association du Musée d'Art-Gustave Fayet à Fontfroide, 2008, non paginé. ISBN : 978-2-84080-180-1

  • Occulus, bulletin de l'association pour l'animation culturelle de l'abbaye de Fontfroide

    Archives Abbaye de Fontfroide
  • Occulus, bulletin de l'association pour l'animation culturelle de l'abbaye de Fontfroide

    Archives Abbaye de Fontfroide
    p. 10
  • Bulletin de la Commission Archéologique de Narbonne

    tome X p. 353 et tome XIII p. 392
  • Martin (Régis), Restauration du cloître, dans Occulus n° 6, bulletin de l'association pour l'animation culturelle de l'abbaye de Fontfroide.

    Archives Abbaye de Fontfroide
    p. 11 à 18
  • Galinier (Jean-François), L'abbaye Notre-Dame de Fontfroide en Languedoc, étude sur le cloître et la salle capitulaire, mémoire de maîtrise d'histoire sous la direction de Marcel Durliat, 1975.

  • Galinier (Jean-François), L'abbaye Notre-Dame de Fontfroide en Languedoc, étude sur le cloître et la salle capitulaire, mémoire de maîtrise d'histoire sous la direction de Marcel Durliat, 1975.

  • Gardey de Soos (Anne), Mémoire de maîtrise d'Histoire de l'Art "L'abbaye N.D. de Fontfroide", étude historique et archéologique du XVIe siècle à nos jours, 1984.

    p. 95
Date(s) d'enquête : 2020; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Abbaye de Fontfroide
Chabbert Roland
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