Le parloir est aménagé dans l'ancien réfectoire des moines. On sait par Yseult d'Andoque (Apports Fayet, p. 12) que la pièce était autrefois recouverte de stucs et que Gustave Fayet fit mettre la pierre à nu, laissant en place les 5 encadrements rocaille de style Louis XVI à l’intérieur desquels Richard Burgsthal réalisa les décors peints en 1912. Ces toiles venaient remplacer des peintures commandées par les moines à Jacques Gamelin et pillées à la Révolution (Rougeot, p. 260).
Pour animer les murs mis à nus, Gustave Fayet fit placer tout autour de la pièce une frise azulejos à une hauteur d'environ 80 cm. Il fit également courir cette même frise sur les encadrements de portes et compléta le décor de la pièce de panneaux composés des mêmes azuléjos qu'il fit compléter par l'installation d'une fontaine constituée d'éléments disparates assemblés avec soin : une vasque en forme de coquillage posée sur un support orné de volutes, le tout surmonté d'un mascaron au milieu d'un panneau de carreaux de céramique aux motifs géométriques avec 2 oiseaux affrontés et une rose au sommet. Ces éléments sont très probablement achetés à l'automne 1913. En effet les carnets de l'artiste signalent l'achat de rajolas valencianas y catalanas, le 28 septembre 1913.
L'étude menée par Céline Ventura Teixeira en 2022 (op. cit.) permet de préciser qu'il s'agit d’azulejos de arista, sur lesquels les contours en creux, réalisés avec une technique qui suppose l’application d’un moule en bois sur l’argile encore fraîche, ont été colorés. Ainsi, un ensemble polychrome de huit carreaux, daté de la première moitié du 16e siècle, présente un griffon cerclé de ramages et se détachant d’un fond blanc. Comme l'indique Céline Ventura Teixeira, des exemplaires similaires sont conservés au musée Lázaro Galdiano de Madrid 'Inv. n° 00245).
Le parloir est meublé de fauteuils et de canapés recouverts de cuir de Cordoue. Dans l'inventaire réalisé par Fayet en 1912, il est fait mention de 20 pièces pour la somme de 10000 francs. Ce mobilier provenait des ateliers de Gabriel et Léon Fayet (père et oncle de Gustave Fayet) et se trouvait dans leurs ateliers, il aurait été réalisé avec les cuirs d’une tapisserie d’un hôtel particulier de Béziers (Hôtel de Gayon, situé rue de la République) qui avait été vendu pour être détruit, les cuirs de Cordoue ont été vendus aux Fayet qui les utilisèrent pour faire des fauteuils.
Si l'on sait que le lustre fut assemblé selon les consignes de Fayet, les lanternes de procession, qui servent aujourd'hui de luminaires ne sont pas mentionnées dans les notes d’Yseult d’Andoque (Apports Fayet, p. 12), ce qui invite à penser qu'elles ont été installées récemment
Chercheur partenaire de 2002 à 2008
Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008