Dossier d’œuvre objet IM11004199 | Réalisé par ;
Chabbert Roland (Rédacteur)
Chabbert Roland

Chercheur partenaire de 2002 à 2008

Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008

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  • dossier ponctuel
Les 5 triptyques et le tondo du grand parloir avec leur cadre : L'amour suprême, Armide, Tristan et Isolde, Sémiramis, Hippolyte et Aricie, Parsifal, Aile nord du cloître : ancien réfectoire des moines, cuisine, dortoir, bibliothèque
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Aude
  • Commune Narbonne
  • Lieu-dit Fontfroide
  • Cadastre 2020 OG 337
  • Emplacement dans l'édifice ancien réfectoire des moines
  • Dénominations
    tableau, décor d'architecture
  • Titres
    • Amour suprême
    • Armide
    • Sémiramis
    • Hippolyte et Aricie
    • Tristan et Isolde
    • Parsifal

A partir de 1912, Richard Burgsthal, répondant à une commande de Gustave Fayet, réalisa pour l’ancien réfectoire des moines, appelé le Grand Parloir, un décor composé de cinq triptyques et d’un tondo pour remplacer les peintures disparues à la Révolution, qui se trouvaient à l'intérieur des cadres en bois et staff du 18e siècle.

En effet, un premier décor, daté du 18e siècle, avait été installé dans le réfectoire avec pour thématique des scènes de repas réalisées par Jacques Gamelin. Celui-ci les démantela, le 21 brumaire 1799, alors qu'il était professeur à l'Ecole centrale de l'Aude et chargé de l'organisation du Muséum du département, le décor fut dispersé : Gamelin estima que seul le tableau représentant les Noces de Cana (IM11002813) devait avoir sa place au Muséum, les autres étant conservés à l'Hôtel-Dieu de Narbonne (IM11001326).

Dans ses carnets, le 25 juillet 1913, Gustave Fayet fait un croquis des cadres qui recevront le nouveau décor. Abandonnant la thématique du repas, les thèmes choisis par Richard Burgsthal s’inspirent de sujets légendaires ou mythologiques et démontrent l'admiration que Fayet partageait avec Burgsthal pour l'oeuvre de Richard Wagner, compositeur germanique alors en vogue dans certains milieux culturels et mondains d'Europe, et qui a traité le thème de l'amour, qu'il soit fatal ou rédempteur, divin ou charnel.

Pour indiquer le lien thématique qui unit les toiles, l'une d'elles porte le titre d'un recueil de nouvelles de Villiers de Lisle-Adam, L'Amour suprême. En réalité Burgsthal n'en illustre que la dernière nouvelle, intitulée Akédysséril, nom de la reine hindoue, qui découvre dans le temple de Shiva un jeune couple figé dans la mort. Dans l'opéra de Wagner Tristan et Isolde sont eux aussi unis dans la mort. Sémiramis, reine de Babylone empoisonne son époux et tombe amoureuse de son propre fils, de même que Phèdre, sous le charme de son beau-fils Hippolyte ne supporte pas son amour pour Aricie. Armide est la magicienne musulmane séductrice séduite elle-même, de même que Kundry tente en vain de séduire Parsifal dans cet autre opéra de Wagner tiré d'une légende médiévale celtique.

La disposition des toiles atteste la conception globale du programme voulue par l'artiste et son commanditaire : les couleurs lumineuses du triptyque ouest (jaune or et bleu azur) correspondent à l'enchantement féérique et sensuel de l'amour. Ces couleurs s'estompent et deviennent pastel sur le mur opposé où est figurée une vision mélancolique de l'amour qui ne peut se réaliser que dans la mort.

Le cadre d'Akëdysséril a fait l'objet d'une restauration en 2015 par Valérie Bazillier.

Chaque triptyque se compose de 3 pièces peintes à la détrempe sur toile et encadrées. Le panneau central est rectangulaire et flanqué de deux panneaux cintrés, qui épousent la courbure de la voûte. La hauteur de chaque ensemble avoisine les 2 mètres et intègre un décor de guirlande en staff.

Chaque cadre est réalisé en staff. Il porte un décor en relief dans la masse et peint en faux bois.

  • Catégories
    peinture, sculpture
  • Matériaux
    • staff, en plusieurs éléments détrempe à la colle, toile
  • Mesures
    • h : 268,5 cm
    • la : 209 cm
  • Précision dimensions

    h = 268,5 cm ; la = 209 cm. Dimensions des guirlandes : l = 420 cm linéaire

  • Iconographies
    • fond de paysage
    • éléphant
    • jardin
    • Tristan
    • Armide
    • Renaud
    • Sémiramis
    • Hippolyte
  • Précision représentations

    Triptyque 1 : mur sud.

    Le triptyque intitulé "Akédysséril" illustre la treizième et dernière nouvelle du recueil de Villiers de l’Isle-Adam intitulé L’Amour Suprême (1886). Pour succéder à son époux défunt, la princesse doit se résoudre à faire disparaître le jeune frère du roi mais les deux adolescents tombent éperdument amoureux. Ils meurent ensemble dans l'extase de leur nuit de noce.

    Au centre, dans le décor d'une ville antique rêvée, la reine légendaire de Bénarès est accueillie par son peuple et des tapis flottent au vent en signe de bonheur. Au sommet de la colline figure un éléphant noir, aux cornes dorées, et paré de pierres précieuses, qui se présente de profil, tourné en direction de Bénarès que l'on aperçoit au loin. Il se détache sur un ciel aux nuances jaunes or et ocre, avec sur son dos Akédysséril. Le pendant droit intitulé "le palais joyeux", présente un enchevêtrement de bouquets colorés dans des dominantes violettes, or et ocre alors que le pendant opposé évoque le temple de Sivà, grand pontife sacrificateur.

    Triptyque 2 : mur ouest, côté sud.

    Le second triptyque est basé sur la légende l’Armide dans La Jérusalem délivrée, qui avait inspiré un opéra de Gluck. Armide est une magicienne qui suscite l'amour dès le premier regard et dont le rôle est de diviser l'armée des croisés. Elle s'éprend cependant du chevalier Renaud qu'elle retient prisonnier dans son jardin enchanté. Le panneau central représente le jardin enchanté où la silhouette d'Armide ondulante est à peine esquissée au milieu d'un tapis de feuilles et de fleurs aux couleurs diaphanes. Au centre du jardin est figurée une étendue d'eau entourée de bosquets. Deux dragons et un serpent ailés gardent l'accès à ce lieu réputé secret. Les panneaux latéraux sur lesquels figurent des arbres et des motifs végétaux luxuriants représentent les jardins d'Armide.

    Triptyque 3 : mur ouest, côté nord.

    Le troisième triptyque, inspiré de la mythologie grecque, est consacré à Sémiramis fondatrice des jardins suspendus de Babylone, histoire qui a inspiré Gioachino Rossini, p0ur son opéra Semiramide. Au centre, sur le panneau rectangulaire, Sémiramis apparaît assise sur un navire équipé de voiles aux tonalités rose pâle. Un autre bateau navigue sur un fleuve devant lequel s'étagent des jardins se remarque sur le côté droit. Sur les pendants droit et gauche sont représentés des jardins en continuité avec la scène centrale.

    Triptyque 4 : mur est, côté sud

    Le quatrième triptyque, est inspiré lui aussi d'un sujet mythologique, argument d'un opéra de Jean-Philippe Rameau : Hippolyte et Aricie (1733). Le paysage imaginaire se déploie de façon continue sur les trois panneaux du triptyque. Au centre, sur la toile rectangulaire, sont esquissées les silhouettes blanches d'Hippolyte et d'Aricie sur le parvis d'un temple antique autour duquel sont figurés des arbres et des éléments végétaux. Au premier plan, sur les bords d'une étendue d'eau s'élèvent des fleurs géantes (orchidées, iris). Sur les pendants latéraux, des éléments de paysage complètent la scène centrale, où serpente un chemin sinueux, et qu'agrémentent des éléments de draperie.

    Triptyque 5 : mur est, côté nord.

    Le cinquième triptyque est inspiré d'un opéra de Wagner : Tristan et Isolde. Le triptyque correspond précisément à la première scène du deuxième acte de l'opéra : Devant le palais du roi Marc, par une claire nuit d'été, Isolde attend que Tristan la rejoigne dès qu'elle aura éteint la torche qui brûle à ses côtés. Peinte sur panneau central rectangulaire, la scène se prolonge sur les pendants latéraux : à droite, des voiles aux teintes gris-bleu semblent faire allusion au vaisseau qui amena Isolde jusqu'en Cornouailles ; à gauche sont figurés des pins parasol et les tours du château où finiront tragiquement les deux amants.

    Tondo : mur nord.

    Le tondo qui clôt le cycle décoratif est inspiré de Parsifal. Au centre d'un paysage imaginaire apparaît un massif dans les tons or. Surmonté d'un dôme et flanqué de tours, il représente Montsalvat, le château on est gardé le Graal, se détachant au milieu d'une végétation luxuriante. A l'arrière, une étendue d'eau bleue entoure le château entouré d'un paysage aux collines vallonnées de couleur brun, ocre et vert.

  • État de conservation
    • oeuvre restaurée
  • Précision état de conservation

    La polychromie était écaillée, des fissures repérées. Certaines moulures ont été déposées pour pouvoir être moulées et permettre une restitution à l'identique

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
  • Référence MH

Documents d'archives

  • Bazillier (Valérie), dossier de restauration, 2015.

    DRAC, Occitanie

Bibliographie

  • Bancarel (Alix), Dialogues et correspondances entre les arts visuels et sonores dans l'oeuvre de Richard Burgsthal (1884-1944), mémoire sous la direction de Jérémie Cerman et de Michel Hérold, université de Paris IV Sorbonne,

Date(s) d'enquête : 2020; Date(s) de rédaction : 2022
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Abbaye de Fontfroide
Chabbert Roland
Chabbert Roland

Chercheur partenaire de 2002 à 2008

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