Dossier d’œuvre architecture IA11000088 | Réalisé par
Chabbert Roland (Contributeur)
Chabbert Roland

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  • dossier ponctuel
Aile dite des Convers, cellier et dortoir des convers
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Aude
  • Commune Narbonne
  • Lieu-dit Fontfroide

L'aile dite des convers est construite à l'époque médiévale. Elle constitue alors la clôture occidentale de l'abbaye et conserve encore des vestiges de la porterie de l'abbaye que l'on remarque entre le portique qui ferme l'actuelle cour d'honneur et le bâtiment du cellier. La partie basse des maçonneries, en pierre de taille de moyen appareil régulièrement disposé confirme cette hypothèse de même qu'elle signale la surélévation à une époque postérieure.

Jean-Louis Rebière (op. cit. p. 30) fait la démonstration que l’aile des convers et le cellier ont été bâtis de façon semblable, dans le prolongement l’un de l’autre, même si les assises de pierre de taille de la façade du cellier ont un module plus petit que celui de l’aile des convers. Les deux bâtiments, séparés par la porterie médiévale, ont été réunis au moment de la construction de l'escalier monumental à la fin du 16e siècle ou au tout début du 17e siècle.

Le cellier a connu plusieurs états. Une rupture dans la maçonnerie de l'élévation sud entre l'étroite lancette rectangulaire et les deux baies cintrées avec un fort ébrasement permet de conclure que la baie rectangulaire est antérieure aux autres. Elle atteste un premier état du bâtiment avant que ce dernier ne soit agrandit à une date indéterminée, peut être à la fin du 13e siècle ou au début du 14e siècle. Les corbeaux et traces d'empochement de poutres visibles sur les murs longitudinaux du cellier indiquent que le cellier a sans doute été couvert d'un plancher avant d'être voûté. Les escaliers, bâtis dans la maçonnerie de l'élévation orientale, qui permettaient aux moines convers de passer du dortoir au cellier et inversement, confirment un deuxième état du bâtiment, antérieur au voûtement de l'espace. Les 4 lancettes percées dans l'élévation ouest et la porte appartiennent à ce second bâtiment. Le plancher du cellier a ensuite été remplacé par une voûte qui a pris soin de ne pas obturer la baie placée au droit de la porte cochère et qui a maintenu les circulations verticales préexistantes mais qui a en partie muré les 4 étroites lancettes dont il ne subsiste à l'étage que petites baies rectangulaires. C'est peut-être à cette époque que le sol du cellier fut décaissé puisque la porte de l'escalier.

L'aile des convers conserve encore quelques vestiges de son état médiéval. La maçonnerie de bel appareil, les baies jumelles du rez-de-chaussée, les baies rectangulaires du premier étage et, aujourd'hui murées par le portique qui ferme la cour d'honneur, une porte en partie basse qui ouvrait sur le réfectoire des convers et une fenêtre cintrée à l'étage.

Le bâtiment est surélevé alors que l'abbaye est mise en commende et que l'aile des convers, désaffectée, est transformée en hostellerie. Plusieurs baies rectangulaires sont alors agrandies et transformées en croisées ou demi croisées et c'est à cette époque (Gardey de Soos, op. cit. p. 53) que l'on déplace l'entrée principale du monastère puisque derrière la porterie médiévale, on construit l'escalier monumental pour mener d'un côté aux chambres de l'hôtellerie et de l'autre au dortoir des convers, aménagé au-dessus du cellier. Les bâtisseurs couvrirent alors l’ancien espace de la porterie, autrefois à ciel ouvert, qui séparait l’aile des convers et le cellier. Ils réutilisèrent la montée de l’escalier du dortoir des convers, le transformant en la première volée du nouvel accès à l’étage et mirent en place une large baie rectangulaire à l'emplacement de la bretèche qui abritait la herse et protégeait l’entrée médiévale Le cintre de cette fenêtre est toujours visible au-dessus de la baie rectangulaire moderne (Rebière, 2020, p. 22).

Un inventaire réalisé le 23 avril 1727, au moment de l'arrivée du nouveau prieur Dom Verdier qui succédait à son prédécesseur décédé (AD Aude, H 610) décrit l'escalier et les chambres des hôtes. Le constat qui est fait est tout est mal entretenu : "dans la chambre de saint Robert, il y deux licts qui ne valent rien, une méchante table avec un fort mauvais tapis, quatorze chaises vermoulues et estropiées, couvertes d'un cadis vert tout déchiré". L'inventaire fait cependant mention de plusieurs chantiers en cours : "on travaille activement à faire des croisées et sept grandes arcades qui relevaient le corridor de la bibliothèque. On refait aussi "la porte d'entrée de la maison et le reste des bâtiments qui en dépendent".

Après que l'abbaye fut vendue comme bien national, l'ancien réfectoire des convers fut transformé en écurie. La salle retrouva son volume vers 1908, après que Gustave Fayet, devenu propriétaire, l'ai faite vider. Il demanda alors la réouverture des baies sur l'élévation ouest et en fit créer deux autres dans l'élévation opposée. A l'étage, les pièces de l'hôtellerie devinrent les appartements privés de Fayet qui respectant les dispositions d'origine les mit au goût du moment.

L'aile dite des convers ferme la cour Louis XIV au nord et la sépare de la cour d'honneur. Il s'agit d'un bâtiment de plan rectangulaire haut d'un étage construit en moellons de pierre de moyen appareil.

Au Sud, l'élévation sur la cour dite Louis XIV est très sobre. Au rez-de-chaussée, une baie cintrée au centre dont l'encadrement légèrement saillant est marqué d'éléments en relief, est flanquée de deux fenêtres cintrées. A l'étage 17 petites fenêtres rectangulaires éclairent un corridor.

Au nord, l'élévation délimite la cour d'honneur. La maçonnerie en pierre de taille de moyen appareil reste sobre. Une porte monumentale cantonnée de pilastres et surmontée d'un entablement a remplacé une baie double comme on en observe encore au rez-de-chaussée. Elle atteste le remaniement dont le bâtiment médiéval a fait l'objet et qui se confirme à l'étage avec les quelques baies rectangulaires qui subsistent, comme sur l'élévation opposée. La plupart a été remplacée par des croisées ou des demi croisées lorsque cette partie fut réaménagée quand l'abbaye devint commendataire. On remarque d'ailleurs en divers endroits des reprises de maçonnerie en sous-œuvre et une surélévation du bâtiment.

Au rez-de-chaussée, une salle voûtée longue de 44 m et large de 8 m servait de réfectoire pour les convers. Longue de 5 travées et couverte d'ogives, elle communique avec le couvent par une porte qui ouvre sur la ruelle de convers et permettait aux frères lais de circuler. Dans le prolongement du réfectoire des convers, au delà de l'escalier monumental, se trouvent, vers le sud, le cellier et le dortoir des convers installé à l'étage. L’ensemble est bâti en pierre de taille et couvert d’une toiture à deux versants en tuiles canal.

De plan rectangulaire, le cellier, qui jouxte la ruelle des convers, est une pièce aveugle à l'est alors qu'elle est percée sur le mur opposé d'une porte cochère en berceau brisé.

L'élévation orientale du cellier est aveugle. Seules deux ouvertures aménagées dans la maçonnerie, permettent un accès au cellier depuis l'étage du dortoir ; l'élévation occidentale est en revanche ouverte au rez-de-chaussée par une grande porte cochère. Le voûtement de l'espace atteste plusieurs campagnes de travaux : au nord, une première section, large de 3 à 4 mètres et construite en pierres de moyen appareil précède une seconde section, beaucoup plus large, dont le voûtement surbaissé s'appuie sur les maçonneries de la salle. Une troisième section suit, contemporaine de la porte cochère qui ouvre vers l'ouest, qui présente, de part et d'autre de l'entrée, 2 arcs ancrés dans l'ébrasement du portail. La dernière section, au sud, la plus longue de la salle vaisseau présente un voûtement surbaissé avec un encorbellement par rapport au nu du mur, un bandeau de pierre.

A l'extérieur, le mur occidental du bâtiment, construit dans une belle maçonnerie de moellons de moyen appareil témoigne lui aussi des diverses campagnes de travaux. Au-dessus d'une rupture de maçonnerie sont percées 4 hautes lancettes dont les piédroits et le linteau sont taillés dans une pierre différente de celle des murs. Elles voisinent avec 2 baies cintrées plus larges : la première, légèrement plus basse et plus étroite que la seconde, est une fenêtre en plein cintre ; l'autre est une ancienne porte à deux vantaux, suivie, à l’extrémité droite de la façade occidentale, d'une baie rectangulaire, autrefois une porte. La différence de parement entre les deux baies cintrées et le changement de parement entre les parties nord et sud du cellier indiquent des campagnes de travaux différentes.

Entre le bâtiment du cellier et l'aile des convers se trouve l'emplacement de l'ancienne porterie. Une large porte en tiers point couverte de longs claveaux monolithes au-dessus de laquelle se remarquent les traces d'empochement d'un hourd et 2 étroites baies subsistent. Le chaînage d'angle en pierre de taille de l'angle nord-ouest du bâtiment est très nettement visible. Derrière le mur qui relie les deux bâtiments un escalier tournant à 3 volées droites avec repos intermédiaire en pierre de taille a été aménagé. Couvert d'une toiture en charpente à deux pans et éclairé par une large baie rectangulaire à larmier saillant, l'escalier conduit à l'étage. L'emmarchement supérieur s'appuie sur une large arcature surbaissée, soutenue par un doubleau.

  • Murs
    • pierre grand appareil
    • pierre moyen appareil
  • Toits
    tuile
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée sans travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
  • Typologies
  • État de conservation
    restauré
  • Techniques
    • décor stuqué
    • papier peint
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1988/09/15
    classé MH, 2001/02/21
  • Précisions sur la protection

    Ancienne sacristie, passage et cage d'escalier situés de part et d'autre de la salle capitulaire ; quatre corps de bâtiments fermant la cour dite cour Louis XIV, y compris la partie qui enjambe le lit du torrent à l'est et le moulin au nord ; éléments décoratifs (immeubles par destination) du corps de bâtiment situé entre le cloître et la cour Louis XIV, à savoir : boiseries du salon vert, stucs et boiseries du grand salon avec les peintures de Burgstaal, vitraux composés de papiers aquarellés entre deux plaques de verre fermant les baies de la salle de musique (ancien dortoir des moines) , panneaux de céramiques historiées et décoratives du grand salon et de l'office, boiseries de la bibliothèque ; portail d'entrée de l'abbaye ; cour d'honneur et décor architectural qui la ferme ; sol de la grande roseraie ; parc et terrasses étagées avec leurs statues et fabriques ; vestiges du corps de bâtiment médiéval qui enjambait le torrent à l'est du cloître ; chapelle du père Jean ; mur de clôture ; puits au sud de l'abbaye ; deux tours cylindriques ouest et nord-est ; ferme avec les deux ponts médiévaux qui la relient à l'abbaye (cad. G 320, 331, 332, 334, 336 à 338, 340) : inscription par arrêté du 15 septembre 1988 - Ensemble des parties bâties situées à l'intérieur de l'enceinte de l'abbaye, y compris le porche d'entrée, l'aire du cloître, les murs d'enceinte et les terrasses étagées, à l'exception - en ce qui concerne le corps de bâtiment situé entre le cloître et la cour dite "Louis XIV" - des éléments décoratifs intérieurs suivants : les boiseries et les toiles peintes du salon vert, les stucs et boiseries du grand salon avec les peintures de Burgstahl, les vitraux de papier aquarellés entre deux plaques de verre fermant les baies de la salle de musique (ancien dortoir des moines) , les panneaux de céramiques historiées et décoratives du parloir et de l'office, les boiseries de la bibliothèque (cad. G 336 à 338) : classement par arrêté du 21 février 2001

Bibliographie

  • Occulus, bulletin de l'association pour l'animation culturelle de l'abbaye de Fontfroide, n° 23, p. 24 à 57

    Archives Abbaye de Fontfroide
  • Gardey de Soos (Anne), Mémoire de maîtrise d'Histoire de l'Art "L'abbaye N.D. de Fontfroide", étude historique et archéologique du XVIe siècle à nos jours, 1984.

  • Rebière (Jean-Louis) Le cellier de l’abbaye de Fontfroide, revue Oculus, 2020, p. 24 à 37.

    p. 24 à 37
Date(s) d'enquête : 2020; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Abbaye de Fontfroide
Chabbert Roland
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