Selon un diplôme de médaille du comice agricole de l'arrondissement de Gaillac remis au propriétaire de la ferme, Emile Bounhiol, en 1927, la famille Bounhiol serait arrivée à Nicouleau dans la première moitié du 17e siècle, en 1632. Le propriétaire actuel témoigne que les Bounhiol sont restés à la tête du domaine jusque dans les années 1980. Le corps de bâtiment accolé au nord de la maison d'habitation conserve en effet quelques éléments anciens qui pourraient appartenir aux 17e et 18e siècles (baies d'encadrement en pierre de taille avec chanfreins et fenêtres avec ébrasements se poursuivant au niveau de l'allège). Le four à pain construit en terre massive pourrait lui aussi dater d'une période assez ancienne ; ce type de mise en oeuvre, pour les environs de Gaillac, peut être daté entre le 15e siècle et le 18e siècle. Mais la ferme a connu une reconstruction importante en 1845 et au cours du demi-siècle suivant. Les matrices du cadastre signalent que la maison située sur la parcelle 1046 est détruite en 1843 et qu'une nouvelle est reconstruite deux ans plus tard. C'est plus précisément la maison d'habitation, la grange-étable et les deux pigeonniers qui sont élevés à ce moment, en reprenant l'emprise de l'ancien bâtiment. Cette reconstruction est attribuée à Jacques Bounhiol, qui est dit cultivateur dans la matrice du cadastre. Dans les années 1840-1850, Jacques Bounhiol agrandit aussi son domaine par l'acquisition de terres, de bois et de vignes.
Dans la seconde moitié du 19e siècle, et probablement antérieurement à la crise du phylloxéra intervenue à la fin des années 1870, le chai, le logement du maître-valet et la remise agricole sont élevés. Leur construction pourrait être attribuée au fils de Jacques Bounhiol, Jacques Valentin, qui hérite du domaine en 1875 (A.D.T. 3 P 1595).
L'extension nord-ouest de la maison d'habitation a été rajoutée au tout début du 20e siècle, probablement en 1912 selon les informations données par les matrices cadastrales des propriétés bâties qui signalent un bâtiment en augmentation de construction pour cette année-là (A.D.T., 3 P 1598). Le type de mise en oeuvre, et en particulier les chaînes d'angle en brique qui décrivent un motif harpé, vient corroborer cette datation.
A partir des données du cadastre, on peut établir qu'en 1880, le domaine de Jacques Valentin Bounhiol recouvrait une cinquantaine d'hectares, dont 7 à 8 plantés en vigne et qui recouvraient quatre grandes parcelles seulement.