Dossier d’œuvre architecture IA31006503 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel et paysager des papeteries de Haute-Garonne
Ancien bâtiment administratif de la société Lacroix - Mazères-Sud
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Conseil départemental de la Haute-Garonne
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Haute-Garonne
  • Commune Mazères-sur-Salat
  • Adresse avenue des Pyrénées , rue du stade
  • Cadastre 2024 AE 248
  • Dénominations
    bâtiment administratif d'entreprise, bureau d'entreprise, laboratoire

L'ancien bâtiment administratif Lacroix appartenait à un ensemble industriel de grande envergure situé à Mazères-sur-Salat. En effet, la commune connaît un important essor industriel au 19e et au 20e siècle grâce à la production de papier puis de papier à cigarettes. L'industriel Léonide Lacroix contribue largement au développement de cette activité en favorisant l'essor des usines de Mazères-Nord, de Cassagne et de Mazères-Sud. Après son décès, en 1906, la société L. Lacroix fils poursuit son développement et modernise régulièrement les bâtiments, l'outillage et les machines de chacun de ses établissements.

Dans les années 1930, l'entreprise lance une importante campagne de modernisation qui transforme profondément l'entrée de l'usine de Mazères-Sud, demeurée pratiquement inchangée depuis le 19e siècle. Ces travaux entraînent la démolition des anciens bureaux, du logement du concierge et de plusieurs ateliers.

L'architecte P. Lambert est chargé de la construction d'un nouveau bâtiment administratif. Une photographie conservée au musée du Papier de Mazères-sur-Salat mentionne son nom. Les travaux sont réalisés entre 1933 et 1936 (AD 31, 134 J 13. Procès-verbal du conseil d'administration, rapport des usines de Mazères-sur-Salat, 1937). Les nouveaux bureaux sont inaugurés en 1936 avec plusieurs services annexes : salle d'attente, laboratoire, logement du concierge, réfectoire, service de douches, infirmerie et garages. La société Lacroix se dote ainsi d'un édifice moderne et monumental de style Art déco. À l'intérieur, un escalier monumental dessert l'étage des bureaux. À l'origine, un buste en bronze de Léonide Lacroix occupait l'alcôve située dans l'axe de l'entrée. Sa présence rappelait le rôle majeur joué par le fondateur dans le développement de l'entreprise. Aujourd'hui, seule une réplique en régule est conservée à l'entrée du musée du Papier, installé dans l'ancien laboratoire, tandis qu'une représentation de Marianne occupe désormais l'alcôve.

L'édifice est composé de deux ailes principales, au nord et à l'ouest. L'aile nord abritait le laboratoire au rez-de-chaussée et les bureaux de la direction à l'étage. Elle se prolonge par un corps de bâtiment comprenant un magasin et le logement du concierge. L'aile ouest dessert plusieurs pièces, dont une infirmerie. Le premier étage accueillait notamment les bureaux du secrétariat, des services comptable et commercial, des dessinateurs ainsi qu'une salle de douches. Au rez-de-chaussée, une porte ouvre sur l'arrière du bâtiment et permet de rejoindre, par l'extérieur, l'aile sud du complexe administratif.

Cette aile méridionale est composée de cinq corps de bâtiments. Le premier abritait un réfectoire destiné aux ouvriers. À compter du 10 mars 1938, ces derniers sont tenus d'y prendre leurs repas et ne sont plus autorisés à déjeuner dans les ateliers (AD 31, 134 J 342. Avis au personnel pour l'utilisation du réfectoire, [1938]). Les autres bâtiments servent alors de garages.

Après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), la société Lacroix connaît plusieurs crises économiques liées à la baisse de la demande, au coût de modernisation des équipements et à l'augmentation du prix des matières premières. Elle est contrainte de procéder à des licenciements au début des années 1950. L'usine de Cassagne ferme alors définitivement. Les difficultés économiques se poursuivent jusqu'aux années 1990. Malgré ce contexte, l'entreprise transforme l'ancien laboratoire en musée d'entreprise consacré à l'histoire de la famille Lacroix et à la fabrication du papier à cigarettes. Une salle est également dédiée à la publicité et présente de nombreuses affiches ainsi que différents modèles de cahiers à cigarettes. Cet espace est inauguré le 1er juillet 1994 par la direction de l'usine de Mazères-sur-Salat, en présence du personnel.

Toutefois, en 2002, l'entreprise cesse définitivement son activité, entraînant la fermeture de l'usine de Mazères-Sud. Les bâtiments sont alors cédés à la commune pour un euro symbolique. Aujourd'hui, les bénévoles de l'association du musée du Papier assurent l'ouverture du site et les visites guidées. Des animations culturelles y sont organisées en partenariat avec la municipalité. Cette dernière souhaite engager la réhabilitation de l'ancien bâtiment administratif afin d'en assurer une occupation complète. Le projet de création d'un tiers-lieu est actuellement à l'étude.

  • Période(s)
    • Principale : 20e siècle
  • Dates
    • 1936, datation par source

L'ancien bâtiment administratif de la société Lacroix s'élève sur trois niveaux : un sous-sol partiel, un rez-de-chaussée et un étage (AD 31, 134 J 142. Police d'assurance des bâtiments, 1943). Les façades nord et ouest sont rythmées par des piliers en béton armé et en brique qui matérialisent les travées de l'édifice, au nombre de huit sur la façade ouest et de quatre sur la façade nord. Le remplissage des élévations est constitué de briques pleines apparentes jointoyées au ciment. Chaque travée est percée d'une baie au rez-de-chaussée et à l'étage. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont protégées par des grilles en fer forgé ornées de motifs géométriques similaires à ceux des panneaux latéraux de l'entrée : lignes verticales dominantes, volute centrale dans la partie supérieure, petite volute secondaire et trois traverses horizontales.

L'entrée monumentale, de style Art déco, est située à l'angle des façades nord et ouest. Son soubassement est réalisé en granite gris, matériau également employé pour les marches du perron. L'ensemble de la composition est largement vitré et décoré d'éléments de ferronnerie à motifs géométriques alternant croix, volutes et lignes horizontales ou verticales. Ces motifs ornent aussi bien la porte que les panneaux latéraux. Les deux travées encadrant l'entrée reprennent ce traitement décoratif, bien que la ferronnerie y soit plus sobre, principalement composée de barres verticales agrémentées d'une volute centrale. Les angles des panneaux sont soulignés par de petites volutes associées à trois lignes horizontales.

Au-dessus de l'entrée, de grandes baies rythment l'élévation et présentent des dimensions comparables à celles du rez-de-chaussée. La composition est couronnée par un entablement portant l'inscription « La + » (pour « Lacroix »), surmonté d'un acrotère. Les façades nord et ouest sont également couronnées par un acrotère, de hauteur plus faible que celui de l'entrée. La toiture n'est pas visible depuis l'espace public.

L'aile nord de l'édifice abrite aujourd'hui le musée associatif consacré à l'histoire de la société Lacroix et à la fabrication du papier à cigarettes. Au rez-de-chaussée, un couloir distribue trois salles principales, la dernière donnant accès à deux pièces annexes occupées par l'association. Un escalier monumental mène à l'étage où un couloir dessert trois pièces, dont l'ancien bureau du directeur. Ces locaux ont aujourd'hui perdu leur fonction d'origine et sont partiellement occupés par des artisans. L'aile ouest comprend également plusieurs pièces réparties sur les deux niveaux. Toutefois, l'accès à l'ensemble des locaux n'ayant pas été possible, leur description demeure incomplète.

Au nord du bâtiment administratif se trouve un corps de bâtiment contigu. Sa façade nord, enduite de blanc, est organisée en sept travées délimitées par des piliers en béton. Ce traitement permet de distinguer visuellement cet édifice du bâtiment administratif tout en conservant une certaine cohérence architecturale. Les élévations sont percées de baies réparties régulièrement sur les deux niveaux. Bien que les fenêtres de l'ancien logement du concierge et du magasin ne soient pas rigoureusement alignées sur celles du bâtiment administratif, l'ensemble conserve une composition harmonieuse. Lors de la reconstruction de l'entrée de l'usine, ce bâtiment accueillait un magasin, des bureaux ainsi que le logement du concierge.

L'aile ouest est prolongée par une aile méridionale avec laquelle elle ne communique pas directement. L'accès s'effectue depuis l'extérieur par une porte située à l'est du bâtiment administratif. Cette aile se compose de cinq corps de bâtiments de plan rectangulaire, enduits de blanc et couronnés par un acrotère. Le premier, accolé à l'aile ouest, correspond à l'ancien réfectoire. Les autres édifices étaient utilisés comme garages. Leur étude descriptive n'a toutefois pas pu être réalisée en raison du caractère privé des lieux.

  • Murs
    • brique enduit
    • pierre enduit
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Éléments remarquables
    bureau d'entreprise, laboratoire

Documents d'archives

  • AD 31, 134 J 13. Procès-verbal du conseil d’administration, rapport du commissaire aux comptes, rapport du conseil d’administration à l’assemblée des actionnaires, bilan, résolutions, 1931-1940 (dossier).

    AD Haute-Garonne : 134 J 13
  • AD 31, 134 J 13. Procès-verbal du conseil d'administration, rapport des usines de Mazères-sur-Salat, 1937

    AD Haute-Garonne : 134 J 13
  • AD 31, 134 J 342. Avis au personnel pour l'utilisation du réfectoire, [1938].

    AD Haute-Garonne : 134 J 342

Documents figurés

  • AD 31, 134 J 523. Bureau d'apparat, vers 1960.

    AD Haute-Garonne : 134 J 523
  • AD 31, 134 J 671. L'entrée des bureaux de Lacroix, [1950-1970].

    AD Haute-Garonne : 134 J 671
  • AD 31, 134 J 672. L'espace de travail des employés de bureau, vue intérieure, [1950-1970].

    AD Haute-Garonne : 134 J 672
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Conseil départemental de la Haute-Garonne
(c) Inventaire général Région Occitanie