Dossier d’œuvre architecture IA09010086 | Réalisé par
  • patrimoine industriel
filature et tissage de laine Bergère
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Pays des Pyrénées cathares

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ariège
  • Commune Lavelanet
  • Adresse rue Jean-Jaurès
  • Cadastre 1948 C 2232, 2235  ; 2020 C 2232, 7897, 7898
  • Dénominations
    filature, tissage
  • Précision dénomination
    filature et tissage de laine
  • Appellations
    dite usine Bergère
  • Parties constituantes étudiées

La société Bergère existe depuis les années 1930. Elle est fondée à Montferrier, et fait fonctionner deux sites de production à Montferrier (IA09004149) et à Lavelanet, avenue de Foix (présent site).

L'entreprise Textilia est quant à elle fondée en tant que SARL le 21 juin 1948, pour 60 ans à compter du 1er janvier 1948. On sait qu'au départ elle fonctionne avec 1 ourdissoir et 2 métiers seulement, route de Raissac à Lavelanet (aujourd'hui 24 rue du Maréchal Joffre). Les deux détenteurs de parts sont initialement André Salles (248 parts) et Henri Palmade (762 parts), pour un total de 1 000 parts de 10 NF chacune. Le capital est porté à 15 000 F en septembre 1950. La société des Ets Textilia est constituée des apports suivants : un terrain propriété d'André Salles (route de Raissac), et des fonds monétaires de MM. Salles et Palmade. Pierre et Aurélien Bergère rachètent leurs parts aux deux associés Salles et Palmade en septembre 1953 (André Salles ses 248 parts à A. Bergère en 1953, H. Palmade toutes ses parts à P. Bergère en deux temps entre 1954 et 1955). Les Bergère investissent ensuite les locaux du 2 avenue de Foix, déjà propriété familiale, pour y établir une filature cardée. Ils font aussi fonctionner une unité de filature à Montferrier (IA09004149). Ils passent progressivement du renvideur au continu à filer (d'abord un, puis deux, et ensuite un bobinoir). Le capital augmente à plusieurs reprises entre 1956 et 1962, et en 1957, cinq nouveaux actionnaires entrent symboliquement au capital (une action chacune) aux côtés des frères Bergère (Reine Bergère ép. Cazals, Charles Eutrope, Augustin Lagarde, Jean-Baptiste Gadal et Raymond Saint-Pierre). Pierre Bergère est PDG, Aurélien Bergère directeur général adjoint. La SARL devient société anonyme le 15 février 1958. L'activité évolue (réalisation de fils pour tissages cardés plus fins, nouveaux articles comme retors classique et fantaisie, flammés boutonnés, etc.), et on procède à l'achat de 3 retordeuses à haute production. « Bergère Textilia » est actif dans les domaines de la filature et du retordage de fil fantaisie, mais aussi le tissage à façon. La crise que traverse la filière depuis 1959, notamment les usines de tissage cardé, a un impact direct sur la filature. Les facteurs de la crise sont divers : perte des marchés dans les colonies africaines, concurrence italienne croissante, arrivée des fibres synthétiques robustes et élastiques (Tergal, Crylor), matériel local vieillissant… En outre, la mode favorise désormais les tissus légers dans l'habillement et l'armée (du moins l'été), et fragilise la filière des tissus cardés emblématiques du territoire, recherchés l'hiver car plus épais mais plus grossiers et moins flatteurs. En 1962, l'entreprise engage donc la construction de nouveaux ateliers rue Jacquard, destinés à accueillir une activité de filature de fibre de laine peignée. En 1963, elle achète un terrain d'1,5 hectare pour construire deux villas destinées aux cadres rue Jacquard, et procéder à la construction de cette unité de filature de laine peignée (IA09005111). Le choix d'aller dans le peigné répond donc aux nouveaux besoins des fabricants en tissus légers, et à une nécessaire diversification, à même de remédier à la baisse de la demande et au reflux saisonnier de production du cardé entre novembre et février (pour les produits d'été, donc). Roudière a déjà franchi le pas en utilisant en 1962 10 tonnes de peigné laine et peigné laine/tergal venant de Roubaix. Une étude de marché commandée par la Chambre syndicale patronale à Marcel Nancy (de Paris) fait état de l'aspect bénéfique de la création d'une filature peignée à Lavelanet (arrêt de l'émigration, suppression du chômage partiel et hausse des salaires). Elle met aussi en évidence les débouchés (ateliers de bonneterie de Toulouse et du Roussillon) et la mode favorable. On prévoit alors un chiffre d'affaires augmenté de 250% en 3 ans. La production doit alimenter les tissages Textilia, mais aussi les autres industriels de Lavelanet : une étude de marché prévoit que les principaux clients soient André Roudière (pour 27%), Dumons (17%) et la SAB (40%). La création de la filature de peigné répond en effet au souhait de certains industriels de se diversifier et de faire dans le qualitatif (André Roudière, qui alors achète sa matière peignée en Alsace et dans le Nord ; et la SAB, pour les carrosseries Peugeot et Citroën). L'entreprise obtient une prime d'équipement pour la reconversion dans ce sens en juin 1963, de la part du Ministère des Finances. Les conditions spécifiques au versement sont : la création de 21 emplois avant fin 1963, et de 9 autres avant mi-1965. L'usine de la rue Jacquard fonctionne vraisemblablement à plein régime dès 1964. Reprise par le groupe Roudière, la filature de peigné sort ensuite du giron familial des Bergère. La filature Bergère fonctionne d'abord à façon (c'est encore le cas dans les années 1950), puis fabrique et vend en son nom propre sa production. Sur le site de l'avenue Léon Blum, la filature Bergère poursuit son activité sous le nom Berfil SARL, tandis que les activités de tissage Bergère frères perdurent jusque dans les années 1980.

L'entreprise compte 16 employés en 1953, 35 en 1954, 40 en 1955, 42 en 1956, 46 en 1957, 53 en 1959, 45 en 1960, 38 en 1962, 21 en 1963. La filature Berfil emploie 12 personnes en 1984. Le tissage Bergère frères emploie 34 personnes en 1984.

  • Période(s)
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle
    • Secondaire : 2e moitié 20e siècle
  • Dates
    • 1948, date portée
    • 1953, daté par source
    • 1958, daté par source
    • 1963, daté par source

Bâtiment principal de forme trapézoïdale, bordé en élévation sud-ouest par la rue du Maréchal Foch, et comprenant quatre travées de sheds de plain-pied dont les pignons suivent un axe nord-ouest sud-est. Au nord, se trouve une extension, formant un atelier avec toiture à deux pans dont le pignon donne en élévation nord-est sur la rue Victor Hugo. Les murs extérieurs sont en béton non enduit.

L'élévation sud-ouest donnant sur la rue Foch comprend deux portails métalliques et plusieurs fenêtres vitrées et grillagées. L'élévation nord-ouest donne sur des parcelles privées non construites. Le pignon donnant sur la rue Victor Hugo (élévation nord-est) comprend un portail métallique, et un encadrement de béton en relief semble traduire la présence d'une ancienne porte murée. Le haut du pignon arbore les lettres FRERES, surmontées de l'emplacement encore visible de lettres supprimées BERGERE. En élévation sud-est, cette partie est mitoyenne d'une maison d'habitation, et donne sur une cour privée au nord-ouest, où le mur extérieur est bordé d'une cheminée en brique à base carrée avec couronnement formé d'une rangée de briques formant un bandeau denticulé.

Les couvertures sont en tuile mécanique.

  • Toits
    tuile mécanique, verre en couverture
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Couvertures
    • shed
  • État de conservation
    inégal suivant les parties
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Archives départementales de l'Ariège : série 54W359 à 375 (matrices cadastrales après rénovation).

    AD Ariège : série 54W359 à 375
  • Archives départementales de l'Ariège : 705W113 (statuts et correspondance entreprise Textilia 1958-1963).

    AD Ariège : 705W113
  • Effectifs des entreprises textiles du pays d'Omes, 1983-1984 (doc. R. Librero).

    AD Ariège
  • Données orales : René Labadie

Bibliographie

  • Recherches menées par l'Association des Amis du Musée du Textile et du Peigne en Corne (AMTPC)

Date(s) d'enquête : 2018; Date(s) de rédaction : 2018
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Pays des Pyrénées cathares
Articulation des dossiers