L'entreprise et l'usine sont créées en 1972 par Georges Bourdil, industriel textile, fabricant établi à Lagarde (IA09010034), soucieux de disposer d'un approvisionnement fiable pour son activité. G. Bourdil loue ensuite l'usine à Escolier et Buchs, associés dans le fonctionnement d'une autre filature à Lavelanet (IA09010019) à travers la SARL Lavelanétienne de retordage. La famille Bourdil demeure propriétaire. Après deux années d'inactivité et un agrandissement, les bâtiments sont repris par la société Lejour, fournisseur textile originaire d'Halluin dans le Nord, spécialisé dans la vente de déchets effilochés de la filière peignée pour la bonneterie. M. Lejour demeure gérant jusqu'en 2013. Au fil du temps, l'entreprise diversifie ses activités (transports ferroviaire et aérien, maison, ameublement). Le bâtiment est agrandi vers 1989-1990, puis environ dix ans plus tard.
Au début des années 2000, l'entreprise fournit aussi du travail à façon aux autres filatures du territoire, comme la filature de Mirepoix (IA09010048) et la filature Soubrié-Lassalle de Lavelanet (IA09010021). Elle produit alors du fil pour l'ameublement et la bonneterie.
Une première fois placée en redressement judiciaire en 2004, la Filature de Dreuilhe bénéficie d'un plan de continuation et de rééchelonnement des dettes sur dix ans. La faillite d'un des principaux clients en 2012 ayant fragilisé l'entreprise, l'usine bénéficie du soutien des institutions (Ariège Expansion, fonds de conversion du pays d'Olmes), permettant la relance de l'activité au printemps 2013 et la reprise par Bruno Vialle, gendre de M. Lejour, lequel se retire. En 2014, l'artiste Joëlle Sommier réalise sur un mur extérieur une fresque retraçant l'histoire du textile en pays d'Olmes.
La même année, l'entreprise sollicite un financement participatif pour le développement de nouveaux produits en chanvre laine. L'argent collecté est néanmoins rendu aux donateurs en raison d'une situation compliquée : confrontée à un échec dans le paiement de ses dettes, l'entreprise est liquidée en janvier 2015, à l'issue du plan de continuation de dix ans établi après la liquidation précédente. Rachetée par quatre investisseurs belges (société Superdye) qui maintiennent B. Vialle en place, l'usine continue de fonctionner avec la quasi-totalité des postes sauvés et prend le nom de « Superyarn ». La production comprend majoritairement du fil gros cardé, à partir de laines néo-zélandaises, tunisiennes et françaises dans une moindre mesure, majoritairement non teintes, pour des produits pur laine, laine nylon ou polyamide (tapis, moquette, ameublement). Les principaux clients se trouvent dans les secteurs aéronautique et ferroviaire, commerce, hôtellerie, BTP et alimentation. En 2019, la filature fonctionne avec deux lignes de cardes datant de 1972 et 1980.
La filature emploie environ 15 employés au début de son activité, 37 employés en 1985, 35 en 2003, 30 en 2013, 28 en 2015.
Données orales recueillies auprès de Georges Bourdil et Bruno Vialle.