La filature est fondée en 1937 ; l'enregistrement de cette SARL (« Filature Soubrié et Lassalle ») est effectué sur le registre du commerce le 31 mai 1937, à l'instigation d'Honoré Auguste Marius Soubrié, filateur né en 1897 à Lavelanet, et du tisserand Henri Lassalle, né en 1909 dans l'Aude. Le capital de départ est chiffré à 90 000 francs, apporté en majorité par Soubrié (80 parts, contre 10 provenant d'H. Lassalle). Le capital de la société est successivement augmenté à partir de bénéfices mis en réserve, au gré de l'expansion de l'activité, en 1947, puis en 1949, date à laquelle André Roudière s'associe aux deux fondateurs qui demeurent les seuls gérants. En 1950, le capital est passé à 5,3 millions d'anciens francs. En 1956, André Roudière cède la majeure partie de ses actions aux trois autres associés que sont Henri Lassalle et Léonard et Jean Soubrié (né en 1930), fils d'Honoré. Honoré Soubrié et Henri Lassalle sont confirmés à la gérance, mais le premier décède l'année suivante. S'ensuit une ré immatriculation de la société au registre du commerce : Jean Soubrié dirige le conseil d'administration, et Marie-Louise Lassalle veuve Soubrié (née en 1904) devient directrice générale adjointe poste qu'elle conserve jusqu'en 1974 et co-gérante aux côtés d'Henri Lassalle. Les parts de la société sont détenues par 4 personnes : Jean Soubrié, Léonard Soubrié, Marie-Louise Lassalle veuve Soubrié et Henri Lassalle. Au 1er décembre 1960, l'entreprise devient une société anonyme, au CA dirigé par H. Lassalle, et son capital, détenu en majorité par les Soubrié, est porté à 26,55 millions d'anciens francs, soit 265 500 nouveaux francs. Le 11 mai 1963, le capital social de la société atteint son maximum (557 550 francs). Démissionnaire de la présidence du CA, Henri Lassalle cède sa place à Jean Soubrié le 25 septembre 1969 ; Ginette Lasserre (épouse de Jean Soubrié) et Gustave Lassalle sont désignés administrateurs, siégeant avec Marie-Louise veuve Soubrié. Jean Soubrié, qui résidait dans la maison située à droite de la voie d'accès à l'usine, tandis que la maison de ses parents est à gauche, continue d'assurer la direction de l'entreprise par la suite. En 1985, la société De Cathalo entre au capital de la société, de façon majoritaire. Cette société, basée à Castres, est dirigée par Michel Brunel qui assure en parallèle la présidence de la Fédération des industries textiles du Sud. L'arrivée de Cathalo au capital a été motivée par le souhait de cette dernière d'assurer son approvisionnement en fils cardés. Cette nouveauté doit aussi permettre d'assurer le bon fonctionnement régulier de la filature Soubrié-Lassalle. En 1986, le rapport du CA reconnaît la mauvaise passe traversée par le secteur lainier, soumis à une mode en faveur des mailles et autres fibres. A cette date, il est précisé que Roland Savary, industriel de Lavelanet et ancien associé d'André Roudière, remplace Ginette Soubrié au conseil d'administration. Au 31 décembre 1985, le capital est détenu à 70% par le groupe De Cathalo. Le rapport du CA du 17 juin 1988 reconnaît un contexte plus favorable (hausse du chiffre d'affaires), mais un résultat en baisse en raison de lourds investissements. L'activité de la filature est alors intégralement destinée à la société De Cathalo. Cette dernière, d'abord filiale du groupe Roudière, puis du groupe Chargeurs, quand celui-ci reprend les unités du groupe Roudière, détient désormais 90% du capital. Jean Soubrié demeure PDG. Au cours des années 1990, l'effectif se stabilise autour de 37 ouvriers et 3 cadres (Georges Durante à la direction, Michel et Dominique Soubrié à la production). Le rapport de l'assureur daté de 1992 précise l'activité de l'entreprise à cette date : filature de laine cardée sans matériau synthétique ajouté, matière première importée via Castres depuis l'Australie, l'Afrique du Sud et l'Amérique du Sud, angora de Chine, Europe centrale et Chili, mohair des Etats-Unis et Afrique du Sud. Le chiffre d'affaires atteint les 10 millions de francs. L'activité décline fortement à partir de la fin de la décennie. Chargeurs se désengage de Cathalo en 2004. En 2005, le dirigeant Jean-Michel Soubrié évoque une situation « catastrophique » et des perspectives d'évolution « très pessimistes ». Cette évolution conduit à l'abandon de la démarche qualité. L'usine ferme rapidement ensuite, et le bâtiment est mis en vente, demeurant depuis à l'état de friche. Les plans et vues aériennes de la fin des années 1940 ne semblent pas montrer d'usine à l'emplacement de l'entreprise actuelle. Or l'activité a démarré en 1937 (statuts), et d'après le rapport des assurances de 1992, l'usine a été édifiée sur ce site à partir de 1936. En revanche, dès la photo de 1952 un bâtiment industriel apparaît bien (date attestée sur les matrices cadastrales). Le corps principal de l'entreprise existe déjà en 1952. On lui adjoint un corps perpendiculaire avant 1962. Ce deuxième corps est élargi vers l'est entre 1972 et 1976. En 1986 l'entreprise fait l'objet d'un nouvel agrandissement.
A la fin des années 1950, l'entreprise emploie 46 personnes (AD09, 705W114). 32 personnes sont employées en 1968 (AD09, 446W162). Ils sont 32 en 1983, 39 en 1988, 37 au début des années 1990, 26 en 2000, 11 en 2003.