Il s'agit d'un édifice à nef unique couvert en berceau brisé. La nef est terminée par un chevet trefflé s'ouvrant sur le bras d'un transept saillant. L'édifice adopte donc un plan en forme de croix latine. La partie romane de léglise est appareillée en grès et en granit, le reste de lédifice étant principalement en schiste.
On y accède par un portail roman situé au sud précédé par un porche. Ce porche est fermé par une grille en fer de 1988, signée par un certain Massine. Une tête de chien est par ailleurs sculptée sur le verrou de la grille. Sur le mur ouest du porche, se trouvait une ancienne porte qui permettait daccéder au presbytère. Elle fut murée par la suite notamment lors de l'aménagement de la place de la Rectoria vers les années 1950. La porte d'entrée principale en granit comprend une série de trois voussures, dont la dernière est surmontée d'un décor alternant d'animaux et de boules sculptés. L'intérieur de l'église est quant à lui couvert d'un berceau en ogive.
Le chevet tel qu'il se présente actuellement, remonte à la première campagne de reconstruction au 12e siècle, avec une abside terminée en cul-de-four. Cette dernière est flanquée au sud-ouest par une absidiole. Le nord-est comprend aussi une absidiole, en partie supprimée au 18e siècle pour la construction de la sacristie. La partie sommitale de l'abside est décorée d'une frise de dents d'engrenage, tout comme l'ébrasement. Ce dernier est encadré de deux colonnes en marbre surmontées d'un chapiteau sculpté, représentant d'un côté des aigles et de l'autre des lions. Une tête humaine a été sculptée entre chaque animaux, dont les ailes cachent le reste du corps. L'abaque des chapiteaux est finement incisé, avec des volutes qui s'entremêlent. Un tore décoré d'une torsade relie les deux colonnes et suit le voûtement en plein cintre de l'ébrasement. Ce décor rappelle ceux de l'église Sainte-Marie de Corneilla-de-Conflent et du prieuré de Serrabone.
Cest lors de la seconde campagne d'aménagement de l'église entre le 17e et le 18e siècle que le clocher-tour fut construit sur le côté est. Détérioré au 20e siècle et effondré en 1909, il a été remplacé par un second clocher-tour sur le côté ouest de l'église.
L'ancien cimetière était situé devant l'entrée de l'église. Des restes d'ossements ont été mis au jour vers 1989, sous les maisons construites autour de l'église. Parmi le mobilier remarquable se trouve une statue en bois de la Vierge à l'Enfant du 12e siècle dans l'abside méridionale, auparavant placée au-dessus du porche d'entrée de l'église. Cinq retables ornent l'intérieur de l'église ; il s'agit du retable du maître-autel de 1664 avec la statue de la Vierge à l'Enfant au centre datée du 19e siècle, du retable du Rosaire du 18e siècle avec les armoiries du village liées à la formule latine « spira per spira », faisant allusion au souffle sur Espira de la colombe du Saint-Esprit, ainsi que du retable de Saint-Jean-Baptiste et du Christ du 18e siècle. Les dix panneaux sculptés datent également du 17e et du 18e siècle. L'église a conservé un remarquable monument, composé de quatre toiles peintes illustrant des scènes liées à la Passion du Christ, conçues avec des décors de type théâtral.
chargée d'inventaire au CCRP de Perpignan