• enquête thématique départementale, inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale
demeure : corps principal de la Maison Daura
Œuvre étudiée
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lot - Causse et Vallées
  • Commune Saint-Cirq-Lapopie
  • Cadastre 1841 F3 1033, 1034  ; 2019 B 928

L'édifice est parfois appelé "ancien hospice" ou "ancien hôpital", sans qu'aucun document d'archivés n'ait jamais confirmé l'identification. Pour J. Fourgous (1960, p. 149), la rue de la Fourdonne confrontait le "cimetière des pauvres" et semble-t-il avec l'hôpital, qu'il n'identifiait pas à la maison Daura puisqu'il la situait rue de la Pélissaria. V. Rousset (1990, 1995) le place en revanche rue de la Fourdonne : il est vrai que l'on se trouve là entre les deux rues, et qu'il est hasardeux, dans l'état actuel de notre connaissance des archives de Saint-Cirq-Lapopie, de vouloir faire correspondre trop précisément les mentions textuelles et la réalité topographique du bourg.

La demeure n'apparaît dans la bibliographie qu'au moment des travaux de restauration entrepris par Pierre Daura à partir, semble-t-il, de 1936 (B.S.E.L.). La date de leur achèvement n'est pas connue précisément, mais elle est antérieure à 1959, année de la prise de vue aérienne qui la montre dans son aspect actuel.

Les seuls repères chronologiques fournis par l'édifice lui-même résident dans les deux fenêtres de l'élévation nord, dont les moulurations très simplifiées pourraient appartenir au premier quart du 14e siècle. Il est néanmoins possible que des poutres du plafond du rez-de-chaussée soient d'origine et puissent faire l'objet d'une datation par dendrochronologie.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 14e siècle , (incertitude)

Nous empruntons à Valérie Rousset (1990, 1995), à qui l'on doit la seule analyse archéologique disponible, une large part de la description qui suit.

L'édifice est construit majoritairement en moellons de calcaire, même en façade où la pierre de taille qui paraît dominer inclut de nombreuses assises en moellons équarris.

Il se trouve au carrefour de deux rues : est-ouest, la rue de la Fourdonne qui devient de la Pélissaria, et nord-sud, la rue qui descend de l'église et se prolonge par une impasse. Il bénéficiait de ce fait d'un peu de dégagement et donc d'une meilleure visibilité, tout comme la grande demeure voisine (parc. 2019 B 925, 926 : IA46101877), dont ne subsiste plus que des vestiges. Plus que leur emprise (90 m2 pour la Maison Daura), c'est leur volume et les grandes fenêtres de leur étage qui les distinguent des maisons environnantes. Et nous verrons que le bâtiment que nous décrivons n'était qu'une partie d'un ensemble plus vaste.

Le plan barlong du bâtiment a dû être adapté au nord au tracé de la rue, qui a imposé une façade biaise, déformation partiellement rachetée à l'étage par un surplomb à l'angle nord-ouest.

Le rez-de-chaussée ouvre sur la rue de la Pélissaria par une grande arcade à claveaux traversants et donc dépourvue d'embrasure. Dans l'élévation latérale, près de l'angle nord-est chanfreiné sur la moitié de la hauteur du premier niveau, la fenêtre actuelle est une copie de celles de l'étage là où les photographies anciennes montrent un piédroit et ce qui semble bien être le fantôme d'un demi-arc : une fenêtre donnant en rez-de-chaussée sur l'espace public est peu probable à cette époque et il faudrait plutôt imaginer une porte au seuil surélevé. Ce premier niveau est en partie excavé dans la roche et entièrement enterré du côté sud ; V. Rousset y a noté la présence d'un puits. Au centre de ce vaste espace, un pilier carré aux angles abattus en chanfrein soutient la poutre maîtresse qui porte le plafond ; une porte couverte d'un arc brisé et chanfreinée ouvre vers l'ouest. La fonction de ce rez-de-chaussée est difficile à déterminer : boutique, ou bien remise ou cellier lié à la demeure ?

L'étage se signale sur la rue de la Pélissaria par un cordon d'appui mouluré, qui fait retour sur l'élévation latérale est, et par deux fenêtres simples à réseau disposées près des angles. L'absence de toute autre fenêtre dans cette façade étroite s'explique par la présence, à l'intérieur, d'une grande cheminée dont le conduit se devine depuis l'extérieur à un pan de maçonnerie en pierre de taille montant jusqu'au toit. Le carrefour des rues a cependant été mis à profit pour placer dans l'élévation latérale une grande fenêtre liée sur l'angle à la fenêtre simple voisine par les cordons d'appui et d'imposte : son réseau de pierre disparu a été reconstitué, sans grand risque d'erreur, excepté sans doute la colonnette mise à la place d'un trumeau. Les autres fenêtres de cette élévation sont dues soit à la restauration des années 1930 (baie géminée du premier étage et triplet de baies géminées du second, toutes à arcs en brique avec des chapiteaux de provenance inconnue en remploi ou des copies modernes), soit à la division de l'étage en deux niveaux au 15e siècle (la petite fenêtre rectangulaire chanfreinée à appui saillant). Sa faible hauteur et la médiocrité de ses pièces de charpente confirment en effet que le plafond actuel appartient à une phase de réaménagement du bâtiment. En 1960, J. Thiéry et R. Prat (p. 195) y remarquaient dans une poutre une série de mortaises gardant la trace d'une cloison disparue, qui ne pouvait donc pas appartenir à l'état d'origine.

Dans son état actuel, le premier étage ne compte qu'une unique grande pièce de 90 m2. Dans l'élévation orientale, on distingue bien la reprise de maçonnerie le long des tableaux de la fenêtre géminée créée dans les années 1930, et la reconstruction en tuf de l'arc de l'embrasure de la grande fenêtre nord-est. Entre les deux, l'évier placé dans une grande niche couverte en plein-cintre et munie de rainures d'étagères peut appartenir à l'état d'origine. L'élévation nord est entièrement occupée par les deux fenêtres simples qui encadrent une grande cheminée restaurée par les Daura à partir de la console et de la tablette qui subsistaient à droite. Une disposition analogue se retrouve au sud, avec deux portes encadrant une grande cheminée, reconstituée, refaite ou ajoutée dans les années 1950, mais qui pourrait cependant faire partie du programme initial (V. Rousset, 1995, p. 464, 465). L'élévation ouest présente une grande niche couverte d'un arc brisé surbaissé, placée haut et dont la fonction nous échappe, deux portes situées dans la moitié nord et ouvrant vers la salle, et une porte dans la moitié sud ouvrant vers le corps de bâtiment voisin. L'arc en brique de celle-ci paraît passablement repris et son appartenance au premier état demanderait à être vérifiée. En revanche, les deux premières, couvertes en arc brisé, à embrasures à arc segmentaire et munies d'un trou barrier, appartiennent certainement à l'état initial. La plus large, disposée au milieu de l'élévation, est restée jusqu'à aujourd'hui la porte d'entrée dans la salle de l'étage, l'escalier actuel occupant donc approximativement la place de l'escalier médiéval à volées droites sans doute disposé dans une cour, selon le schéma le plus habituel des grandes demeures de cette époque. La petite porte de l'angle nord-ouest, au seuil surélevé, pouvait donner sur une galerie, contenant une cuisine ou des latrines, ou desservant un autre corps de bâtiment. Les vestiges d'un escalier intra-mural et de deux piliers à imposte ont peut-être appartenu à ces corps de bâtiment disparus.

Nombre d'incertitudes subsistent, qui pourraient être au moins en partie levées par une nouvelle étude. Sans énumérer tous les points qui mériteraient d'être examinés, nous nous contenterons de signaler les particularités que présentent les deux fenêtres simples de la façade nord. Les arcs de leurs embrasures suivent en effet exactement le tracé des archivoltes. Leurs réseaux de pierre sont dépourvus de feuillures à l'intrados pour recevoir du verre, mais un châssis maintenant un vitrage ou un papier huilé était peut-être plaqué sur leur face interne. L'arc de l'embrasure empêchant le mouvement d'un volet, toute la partie supérieure de la fenêtre ne pouvait être occultée : seule partie basse était fermée par un volet dont une barre, escamotable dans un trou ménagé dans l'épaisseur du mur, permettait le blocage.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon
  • Toits
    tuile plate
  • Étages
    étage de soubassement, 1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • État de conservation
    restauré
  • Techniques
    • sculpture
  • Précision représentations

    Chapiteaux à décor de feuilles et fruits ronds.

  • Statut de la propriété
    propriété de la région
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1973/05/24
  • Précisions sur la protection

    Façades et toitures (cad. B 928) : inscription par arrêté du 24 mai 1973

  • Référence MH

Bibliographie

  • Thiéry (J.), Prat (R.), Notes sur les habitations de Saint-Cirq-la-Popie, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. LXXXI, 1960.

    p. 195-196.
  • Rousset (Valérie), Architecture domestique du 13e au 16e siècle à Saint-Cirq Lapopie, mémoire de Maîtrise d’Histoire de l’Art et d’Archéologie sous la direction de M. Yves Bruand, Université de Toulouse - Le Mirail, 1990.

    p. 42-46 ,50, vol. Illustration, fig. 33-50.
  • Séraphin (Gilles), Inventaire de l'architecture civile médiévale du Lot. Saint-Cirq-Lapopie : La maison dite "d'André Breton", Conseil départemental du Lot, 2019, 10 p. + plans.

Périodiques

  • A Saint-Cirq-La-Popie : En promenade avec la Société des Etudes, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. LVII, 1936, p. 572.

  • Rousset (Valérie), "Architecture civile médiévale à Saint-Cirq-Lapopie", Paris, dans Congrès Archéologique de France. Quercy, (147e session,1989), Société Française d'Archéologie, 1993, p. 457-466.

    p. 464-465
  • Rousset (Valérie), "Architecture civile médiévale à Saint-Cirq-Lapopie", Paris, dans Congrès Archéologique de France. Quercy, (147e session,1989), Société Française d'Archéologie, 1993, p. 457-466.

    p. 460
Date(s) d'enquête : 2008; Date(s) de rédaction : 2019