Dossier d’œuvre architecture IA31006505 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel et paysager des papeteries de Haute-Garonne
Anciens ateliers de la société Lacroix (Riz-Lacroix) - Mazères-Sud
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Conseil départemental de la Haute-Garonne
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Haute-Garonne - Bagnères-de-Luchon
  • Hydrographies Salat
  • Commune Mazères-sur-Salat
  • Cadastre 2024 AE 239, 240, 242, 300 à 303, 308 à 311

Les anciens ateliers de la société Lacroix font partie de la friche industrielle située au sud de la commune de Mazères-sur-Salat. Ce village a concentré une importante activité papetière entre le XIXe et le XXe siècle. Celle-ci s'est notamment spécialisée dans la production de papier à cigarettes sous l'impulsion de l'industriel angoumoisin Léonide Lacroix. Au rythme du développement de la société L. Lacroix fils, de nombreux bâtiments sont construits afin de répondre aux besoins de la production, parmi lesquels plusieurs ateliers.

Certains édifices sont conçus dès l'origine pour un usage industriel, entre 1914 et 1930, tandis que d'autres sont affectés à cette fonction au fil du temps. C'est notamment le cas des bâtiments situés sur les actuelles parcelles AE 308 à 311, à l'est de la rue des Papetiers. Les édifices implantés sur les parcelles AE 309 à 311 abritent une salle de triage des chiffons ainsi que les machines à papier n° 7 et n° 8 et les équipements nécessaires à leur fonctionnement, installés respectivement en 1914 et 1925. Les corps de bâtiments situés sur la parcelle AE 308 correspondent à l'ancienne charpenterie, construite en 1931. Cet atelier était destiné à la fabrication des caisses en bois utilisées pour l'expédition des produits de la société. L'entreprise cherchait alors à assurer en interne la réalisation du plus grand nombre possible de fournitures nécessaires à son activité, afin de réduire ses coûts de production et de maîtriser la qualité des équipements employés. Aujourd'hui, ces bâtiments sont occupés par différents propriétaires privés, parmi lesquels figurent notamment un artisan ferronnier et l'entreprise Dynelec Sud-Ouest (Dynso).

À l'ouest de la rue des Papetiers se trouve un second ensemble d'ateliers de grande ampleur. Il est composé de trois édifices principaux. Les deux plus anciens sont construits entre 1913 et 1914, tandis que le troisième est édifié en 1934, dans le cadre de la campagne de modernisation et de reconstruction de l'entrée de l'usine. Les bâtiments de 1913-1914 comprenaient un atelier de mécanique et une forge. Deux autres constructions attenantes abritaient notamment la soufflerie de la fonderie, des hangars et un garage. De cet ensemble subsistent aujourd'hui l'ancien atelier de mécanique et la forge, tandis que les autres bâtiments ont disparu. Une photographie de l'atelier de mécanique, datée d'environ 1913, est conservée aux Archives départementales de la Haute-Garonne (AD 31, 134 J 388). Elle fut publiée dans le rapport de l'Exposition universelle et internationale de Gand de 1913, qui consacre plusieurs pages à la société L. Lacroix fils (Exposition universelle et internationale de Gand 1913, Groupe XIV. – Classe 91. Le tabac et les industries qui s’y rattachent, Paris, Comité Française des Expositions à l’Étranger, s.d. [après 1913], p.57 : https://cnum.cnam.fr/pgi/fpage.php?8XAE798/57/100/88/11/67). Les mécaniciens y assuraient l'entretien, la réparation et l'adaptation des machines utilisées dans les différents ateliers de production.

Le troisième bâtiment, construit en 1934, regroupait sur trois niveaux la salle des bobineuses, un magasin à papier ainsi que le bureau technique des ingénieurs.

À partir des années 1950, la société connaît un déclin progressif lié à plusieurs crises économiques et à l'évolution du marché du papier à cigarettes. Cette situation entraîne une réduction de l'activité industrielle, accompagnée de licenciements successifs. L'usine de Mazères-Sud cesse définitivement sa production en 2002. L'abandon du site entraîne alors la destruction de plusieurs bâtiments. Les ateliers encore en élévation conservent toutefois les traces de ces édifices disparus. Ainsi, les façades est des bâtiments situés à proximité du Salat présentent encore, en négatif, les marques laissées par d'anciennes toitures en sheds aujourd'hui démolies.

À la suite de la fermeture de l'usine, la société cède une partie de son patrimoine immobilier à la commune pour un euro symbolique. Depuis lors, plusieurs bâtiments ont été vendus ou loués à des particuliers et à des entreprises, favorisant la reconversion progressive de cette ancienne friche industrielle. Aujourd'hui, la majorité des ateliers appartient à des propriétaires privés. Seule la parcelle AE 311 demeure propriété communale et accueille désormais le boulodrome couvert de la commune.

  • Période(s)
    • Principale : 20e siècle

Les anciens ateliers de la société Lacroix sont situés de part et d'autre de la rue des Papetiers, sur la commune de Mazères-sur-Salat.

À l'ouest de cette voie, trois corps de bâtiments contigus forment un premier ensemble. L'édifice le plus méridional s'élève sur deux niveaux. Sa maçonnerie en moellons est recouverte d'un enduit. La façade est est percée, au rez-de-chaussée, d'un portail de garage et, à l'étage, de trois baies rectangulaires. Le toit à deux pans semble être couvert d'éverite. Les façades nord et ouest sont aveugles. Ce bâtiment a fait l'objet de transformations. À l'origine, il se composait de deux édifices distincts, de plus petites dimensions et élevés sur un seul niveau, qui communiquaient entre eux ainsi qu'avec l'atelier de mécanique.

Ce dernier correspond à un corps de bâtiment à un niveau couvert d'un toit à deux pans en tuiles. La façade est est organisée en quinze travées, chacune percée d'une ouverture : onze grandes fenêtres rectangulaires, trois portes et un portail. Chaque porte est surmontée d'une imposte vitrée rectangulaire, à l'exception de celle située au nord, dont l'imposte est aujourd'hui obturée.

Au nord se trouve un troisième bâtiment qui abritait notamment les bureaux techniques, la salle des bobineuses et un magasin à papier. Il s'élève sur trois niveaux : un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage. Les élévations sont revêtues d'un crépi au niveau du rez-de-chaussée et d'un enduit au premier étage. Le bâtiment est couvert d'un toit à deux pans en tuiles. Sa façade est est percée, au niveau du soubassement, de cinq soupiraux, de quatre portes et d'un portail. Le rez-de-chaussée surélevé est éclairé par dix-huit fenêtres rectangulaires de largeurs variables. Les ouvertures situées dans l'axe du portail sont de dimensions plus réduites. L'étage est percé de dix-neuf fenêtres disposées dans l'alignement de celles du niveau inférieur. La façade nord présente sept ouvertures : trois au rez-de-chaussée, trois à l'étage et une dernière aménagée dans le fronton. Au rez-de-chaussée, l'une des baies correspond à un quai de chargement tandis que les autres prennent la forme de grandes fenêtres rectangulaires.

À l'est de la rue des Papetiers, les ateliers sont constitués de huit corps de bâtiments formant un ensemble architectural homogène. Tous reposent sur un soubassement en pierre apparente et sont élevés sur un seul niveau. Les maçonneries sont enduites. Certaines toitures comportent un pan vitré destiné à assurer un éclairage zénithal des ateliers. Les encadrements des ouvertures sont réalisés en brique enduite. Un oculus est aménagé dans la partie supérieure de la façade de chacun des bâtiments, à l'exception du quatrième édifice en partant du sud.

Ce dernier résulte d'une extension réalisée postérieurement pour agrandir l'ancienne charpenterie Lacroix, atelier destiné à la fabrication des caisses en bois utilisées pour l'expédition des cahiers de papier à cigarettes. Cet ensemble correspond au premier bâtiment situé au sud de la rue des Papetiers. Il est aujourd'hui occupé par la société Dynelec. Il se compose de quatre corps de bâtiments couverts de toits à deux pans. Le premier est percé d'une porte à deux vantaux surmontée d'une imposte vitrée en plein cintre, tandis que les trois autres présentent chacun une grande baie en plein cintre. Sur la façade est du premier bâtiment, une porte à deux vantaux est surmontée d'une imposte aujourd'hui obturée. Un oculus y est également ménagé. Les encadrements des ouvertures, laissés apparents, révèlent l'emploi conjoint de la brique et de la pierre calcaire. Le même appareil est utilisé pour les chaînes d'angle des façades sud et est. Le quatrième bâtiment est également percé d'un important portail.

Les trois édifices les plus septentrionaux correspondent à l'ancienne salle des machines. Ils sont couverts de toitures à deux pans en tuiles et en bac acier. La façade ouest est percée d'un portail métallique, d'une porte puis de deux fenêtres encadrant une seconde porte. Les baies présentent les mêmes caractéristiques que celles observées sur les autres ateliers. En revanche, plusieurs portes ont été remaniées et ont perdu leurs impostes vitrées ; seuls les arcs en plein cintre en brique témoignent encore de leur disposition d'origine.

La façade est de cet ensemble conserve les traces d'un bâtiment aujourd'hui détruit. Les arrachements de maçonnerie permettent de lire en négatif l'emplacement des anciennes ouvertures, désormais murées : trois au rez-de-chaussée et six à l'étage. Une large ouverture correspond aujourd'hui à l'accès du boulodrome couvert de la commune. Enfin, la façade nord du dernier bâtiment est percée de cinq baies aux encadrements de brique et de pierre calcaire. Une partie de l'édifice est accolée à une maison d'habitation située à proximité immédiate de l'ancienne cheminée d'usine.

  • Murs
    • brique moellon enduit
  • Toits
    tuile, acier en couverture
  • Statut de la propriété
    propriété privée
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Conservatoire nationale des arts et métiers, CNAM-BIB 8 Xae 798. Exposition universelle et internationale de Gand, 1913. Groupe XIV, classe 91, Le tabac et les industries qui s'y rattachent / [rapport de] M. Raoul Combes ; République française, Ministère du commerce et de l'industrie.

    Conservatoire nationale des arts et métiers : CNAM-BIB 8 Xae 798
  • AD 31, 134 J 142. Police d’assurance des usines Lacroix, 1943.

    AD Haute-Garonne : 134 J 142

Documents figurés

  • AD 31, 134 J 388-4. Atelier mécanique, vue intérieure, [1913].

    AD Haute-Garonne : 134 J 388-4
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Conseil départemental de la Haute-Garonne
(c) Inventaire général Région Occitanie