Les anciens ateliers de la société Lacroix font partie de la friche industrielle située au sud de la commune de Mazères-sur-Salat. Ce village a concentré une importante activité papetière entre le XIXe et le XXe siècle. Celle-ci s'est notamment spécialisée dans la production de papier à cigarettes sous l'impulsion de l'industriel angoumoisin Léonide Lacroix. Au rythme du développement de la société L. Lacroix fils, de nombreux bâtiments sont construits afin de répondre aux besoins de la production, parmi lesquels plusieurs ateliers.
Certains édifices sont conçus dès l'origine pour un usage industriel, entre 1914 et 1930, tandis que d'autres sont affectés à cette fonction au fil du temps. C'est notamment le cas des bâtiments situés sur les actuelles parcelles AE 308 à 311, à l'est de la rue des Papetiers. Les édifices implantés sur les parcelles AE 309 à 311 abritent une salle de triage des chiffons ainsi que les machines à papier n° 7 et n° 8 et les équipements nécessaires à leur fonctionnement, installés respectivement en 1914 et 1925. Les corps de bâtiments situés sur la parcelle AE 308 correspondent à l'ancienne charpenterie, construite en 1931. Cet atelier était destiné à la fabrication des caisses en bois utilisées pour l'expédition des produits de la société. L'entreprise cherchait alors à assurer en interne la réalisation du plus grand nombre possible de fournitures nécessaires à son activité, afin de réduire ses coûts de production et de maîtriser la qualité des équipements employés. Aujourd'hui, ces bâtiments sont occupés par différents propriétaires privés, parmi lesquels figurent notamment un artisan ferronnier et l'entreprise Dynelec Sud-Ouest (Dynso).
À l'ouest de la rue des Papetiers se trouve un second ensemble d'ateliers de grande ampleur. Il est composé de trois édifices principaux. Les deux plus anciens sont construits entre 1913 et 1914, tandis que le troisième est édifié en 1934, dans le cadre de la campagne de modernisation et de reconstruction de l'entrée de l'usine. Les bâtiments de 1913-1914 comprenaient un atelier de mécanique et une forge. Deux autres constructions attenantes abritaient notamment la soufflerie de la fonderie, des hangars et un garage. De cet ensemble subsistent aujourd'hui l'ancien atelier de mécanique et la forge, tandis que les autres bâtiments ont disparu. Une photographie de l'atelier de mécanique, datée d'environ 1913, est conservée aux Archives départementales de la Haute-Garonne (AD 31, 134 J 388). Elle fut publiée dans le rapport de l'Exposition universelle et internationale de Gand de 1913, qui consacre plusieurs pages à la société L. Lacroix fils (Exposition universelle et internationale de Gand 1913, Groupe XIV. – Classe 91. Le tabac et les industries qui s’y rattachent, Paris, Comité Française des Expositions à l’Étranger, s.d. [après 1913], p.57 : https://cnum.cnam.fr/pgi/fpage.php?8XAE798/57/100/88/11/67). Les mécaniciens y assuraient l'entretien, la réparation et l'adaptation des machines utilisées dans les différents ateliers de production.
Le troisième bâtiment, construit en 1934, regroupait sur trois niveaux la salle des bobineuses, un magasin à papier ainsi que le bureau technique des ingénieurs.
À partir des années 1950, la société connaît un déclin progressif lié à plusieurs crises économiques et à l'évolution du marché du papier à cigarettes. Cette situation entraîne une réduction de l'activité industrielle, accompagnée de licenciements successifs. L'usine de Mazères-Sud cesse définitivement sa production en 2002. L'abandon du site entraîne alors la destruction de plusieurs bâtiments. Les ateliers encore en élévation conservent toutefois les traces de ces édifices disparus. Ainsi, les façades est des bâtiments situés à proximité du Salat présentent encore, en négatif, les marques laissées par d'anciennes toitures en sheds aujourd'hui démolies.
À la suite de la fermeture de l'usine, la société cède une partie de son patrimoine immobilier à la commune pour un euro symbolique. Depuis lors, plusieurs bâtiments ont été vendus ou loués à des particuliers et à des entreprises, favorisant la reconversion progressive de cette ancienne friche industrielle. Aujourd'hui, la majorité des ateliers appartient à des propriétaires privés. Seule la parcelle AE 311 demeure propriété communale et accueille désormais le boulodrome couvert de la commune.