L’église actuelle est construite de 1873 à 1876 selon les plans de l’architecte Henri Révoil pour pallier l'exiguïté de l’ancienne chapelle. Elle est consacrée, sous grande affluence, par monseigneur Besson le 12 octobre 1876.
La proposition d’un agrandissement est initiée dès 1842 par l’abbé Cadel Guillaume Auguste, curé de Marguerittes, nommé chevalier de la légion d’honneur le 12 août 1865 contre l’avis de l’évêque de Nîmes. Ce projet entraîne des discussions controversées au sein du conseil municipal à partir de 1848. Les adeptes d’un agrandissement de la chapelle s’opposent ainsi aux défenseurs de la construction d’une nouvelle église. Un premier projet d’agrandissement et de réparation de la chapelle est soumis par l’architecte Feuchère en 1851. Cette étude est validée mais non réalisée en raison de l’emprise trop importante qu'aurait l'édifice sur la place publique.
Malgré les oppositions d’une partie des habitants, traduites dans une pétition en 1867, le conseil municipal opte pour une construction ex nihilo. Les plans, proposés par l’architecte Révoil en 1866 sont approuvés par le préfet en 1872. Le montant initial de l’adjudication, hors sculptures et vitraux, s’élève à 78 195 francs. Le financement des travaux doit être assuré par la vente de l’ancien hôtel de ville, par une imposition extraordinaire de 1860 à 1876 et une aide du gouvernement. Le préfet s’oppose à l'aliénation d'une partie des bois communaux pour compléter le financement et la vente de l'ancienne chapelle ne sera finalement réalisée qu'en 1884. Le montant final du chantier s’élève à 167 889 francs.
Le préfet met fin en 1868 aux nombreuses discussions qui se tiennent sur le choix du terrain depuis 1853. L’emplacement retenu se situe au sud de la commune face à l’ancien hôtel de ville (parcelle 52 du cadastre actuel). Les propriétés bâties sur cet emplacement sont expropriées pour cause d’utilité publique. La construction est confiée à l’entrepreneur Jean Pascal, les ouvrages de sculpture à messieurs Brémond et Michel. En avril 1873, les travaux de fondation débutent mais sont retardés par la présence de nappes d’eau en sous-sol. La première pierre, consacrée par monseigneur Plantier, est posée le 20 juillet 1873.
Henri Révoil Aix-en-Provence, 1822-Mourès, 1900.
Cet ancien élève de l’École des Beaux-Arts de Paris hérite des goûts de son père qui collectionne les objets du Moyen-Âge (839 pièces achetées par l’État en 1828 et remise en musée du Louvre). Il prend la suite de Charles Questel en 1854 en tant qu'architecte attaché à la commission des Monuments Historiques. À ce titre il poursuit la restauration de l'amphithéâtre de Nîmes, de la Tour Magne et du temple de Diane.
Nommé architecte diocésain en 1852 à Montpellier, Aix et Fréjus et en 1870 à Nîmes, il réalise et restaure de nombreux édifices religieux dans les Bouches-du-Rhône, le Var, l'Hérault ainsi que dans le Gard. Il est également à l'origine de plusieurs édifices publics tels que l'Hôtel de Ville de Saint-Gilles ou les écoles de Fourques et Manduel. Il développe un instrument lui permettant de dessiner précisément des éléments d'architecture éloignés. Le téléiconographe est breveté en 1869. Henri Morel-Révoil (1855-1933) est son gendre.
Un monument en sa mémoire est érigé en 1906 dans le jardin de la fontaine à Nîmes (IM30000416).
Publication : L'architecture romane du midi de la France de 1863 à 1874. Recueil de 200 planches lithographiés de l'architecture romane.
Réalisations :
- flèche de l'église de Bernis (1855),
- église de Garons et agrandissement de l'église de Moulézan (1856),
- mairie de Redessan (1857),
- église de Générac (1860),
- église de Manduel (1862),
- église de Milhaud (1865),
- église de Saint-Genies-de-Malgoires (1866),
- église de Marguerittes (1876),
- église de Lédenon (1885) : projet abandonné.
- sacristie de l'église de Redessan (1885).