Dossier d’œuvre architecture IA11000086 | Réalisé par
Chabbert Roland (Contributeur)
Chabbert Roland

Chercheur partenaire de 2002 à 2008

Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008

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  • dossier ponctuel
Cour dite Louis XIV
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Aude
  • Commune Narbonne
  • Lieu-dit Fontfroide

Les travaux de construction de la cour dite Louis XIV sont datables de la seconde moitié du 18e siècle. Ils sont très probablement conduits à la demande de l'abbé Emmanuel-Henri-Timoléon de Cossé-Brissac, abbé commendataire de 1717 à 1754 pour fermer la cour de façon régulière, englobent des bâtiments plus anciens, construits pour certains d'entre eux depuis le Moyen Age dont la démolition sera nécessaire. Les déblais des ruines, dispersés dans la cour ont relevé le niveau du sol de plusieurs dizaines de centimètres. Ainsi, à l'extrémité sud, une salle de plan rectangulaire, longue de 2 travées et voûtée d'ogives médiévales subsiste. Il s'agit très probablement d'un logis qui voisinait avec l'infirmerie (Rebière, Oculus, 2015, p. 8). Les vestiges de l'infirmerie médiévale sont d'ailleurs encore conservés dans le prolongement de l'aile du prieur, au-dessus du ruisseau de Fontfroide.

C'est dans le premier quart du 18e siècle que furent percées les portes dans les maçonneries de l'aile des convers. Un inventaire réalisé le 23 avril 1727, au moment de l'arrivée du nouveau prieur Dom Verdier (AD Aude, H 610), décrit l'escalier qui a été construit derrière l'ancienne porterie ; ce qui sous entend que le nouvel accès avait été aménagé. Aucun document d'archive ne permet de connaître le détail de la construction de l'aile du prieur mais tout porte à croire qu'elle intervient quelques années avant 1782, date à laquelle on procède aux fondations de la nouvelle cuisine, dans le prolongement du réfectoire. Les travaux sont confiés à maître Rocagel, entrepreneur de bâtiments qui perçoit 1566 livres pour "la construction de l'aile neuve du dortoir" dès l'année suivante (AD Aude H 616). Une rupture de maçonnerie et un changement du niveau de toiture confirment que la nouvelle campagne de travaux et le couloir qui relie la cour au cimetière des moines matérialise la jonction des ailes septentrionales et orientales du cloître.

L'aile nord de la cour, qui conserve sans nul doute, de nombreux vestiges de l'ancienne abbaye est reconstruite en dernier, pour achever l'alignement de la cour classique. Elle prend appui sur des salles voûtées, très certainement médiévales dont la profondeur est rallongée pour se conformer à l'alignement de l'élévation. Une fois établie, elle masque les constructions disparates qui la constituaient. L'extrémité nord-est de cette partie de la cour n'est qu'un mur écran qui cache une partie ruinée à une époque inconnue ou jamais construite. Quelques clichés du début du 20e siècle (Fontfroide 1908-1914) attestent de l'inachèvement des élévations à cet endroit. Leur achèvement est par conséquent une restitution récente décidée lors de la restauration de l'abbaye.

La cour occupée par des bâtiments adventices qui abritaient les ateliers des frères convers : menuiserie, bourrellerie, boulangerie… a été dégagée par Gustave Fayet qui donna à l'espace sa physionomie actuelle avec un grand bassin rectangulaire, aujourd'hui transformé en parterre fleuri. Il fit placer une statue d'évêque dans une niche de l'aile nord, installer deux reliefs sculptés, le premier sur le fronton de l'aile du prieur, le second au-dessus de la porte de la cuisine (Apports Fayet).

L'aile dite du Prieur

L'aile orientale de la cour dite Louis XIV est occupée par le logement du prieur. Ce long bâtiment de plan rectangulaire haut d'un étage présente un avant-corps central flanqué de 2 ailes en léger retrait. Couronnée d'un fronton triangulaire, la partie centrale de l'élévation, construite en pierre de taille de moyen appareil, compte 3 travées. Au rez-de-chaussée 3 portes-fenêtres cintrées ouvrent sur la cour. Chacune est couverte d'un arc en anse de panier qui repose sur un imposte en relief prolongé par un bandeau horizontal qui court tout le long de l'élévation. L'arc de la porte centrale est souligné à la clé d'un claveau plus important ; celui de la porte centrale est orné d'un décor en relief en forme de feuille d'acanthe. A l'étage 3 fenêtres sont superposées aux baies du rez-de-chaussée. Cintrées et ornées d'un décor en relief sur le claveau central, elles s'appuient sur une corniche saillante qui sépare l'étage et le rez-de-chaussée. L'ensemble est couronné par un fronton triangulaire souligné par une cordon de plan rectangulaire au centre duquel prend place un oculus, aujourd'hui comblé par un médaillon sculpté.

De chaque côté du pavillon central, deux ailes longues de 3 travées chacune, constituent l'aile orientale de la cour, édifiée au droit du ruisseau. Le plan des pièces, qui se rétrécit vers le nord démontre que cette aile fut conçue pour régulariser l'espace. A l'extrémité sud, une salle de plan rectangulaire, longue de 2 travées et voûtée d'ogives médiévales subsiste. Eclairée par une baie géminée percée dans l'élévation sud, elle communique sur le mur opposé avec l'aile nouvellement construite par deux baies cintrées. On remarque l'emplacement d'un placard dans l'élévation orientale alors que deux ouvertures sont percées dans le mur ouest de la pièce. Elles ouvrent sur un passage voûté qui conduit à l'ancien cimetière des moines.

Vers le sud, les salles reconstruites dans le prolongement du logis médiéval sont elles aussi voûtées d'ogives au rez-de-chaussée. Les voussures ne retombent plus sur des culots sculptés mais viennent mourir en biseau dans les maçonneries. On a visiblement intégré dans cette construction un bâtiment préexistant. Les pièces qui suivent s'amenuisent prouvant bien que l'aile du prieur sert à régulariser cette partie de l'abbaye.

L'aile sud

Les bâtiments construits sur aile séparent la cour du cloître. Etablies sur deux niveaux, les élévations, en pierre de taille sont ordonnancées. Sur les 9 ouvertures qui percent le rez-de-chaussée deux sont des portes. La première, au nord-ouest, est cintrée et communique avec le passage voûté qui conduisait les convers jusqu'à l'église. La seconde permet l'accès à la salle à manger des enfants. A ce niveau, une rupture dans la maçonnerie et un vestige de piédroit attestent la reconstruction de l'ensemble au 18e siècle. A l'étage, les fenêtres cintrées n'ont pas toutes la même taille et au-dessus de celles qui éclairent la bibliothèque, on remarque l'emplacement des poutres qui soutiennent les voûtes de la pièce. Plus loin, au-dessus du parloir, les ouvertures sont plus grandes, semblables à celles du rez-de-chaussée. Vers l'est, les fenêtres retrouvent des proportions semblables aux ouvertures de l'aile du Prieur avec un appui mouluré.

L'aile ouest

Haut d'un étage, le bâtiment situé au nord de la cour présente une élévation ordonnancée en moellons de moyen appareil. 6 portes et 3 fenêtres ouvrent le rez-de-chaussée sur la cour. On y trouve des salles voûtées construites perpendiculairement à la façade dont quelques maçonneries pourraient être médiévales.

A l'étage plusieurs séries de baies indiquent diverses campagnes de travaux. Vers l'ouest 4 fenêtres surbaissées correspondent aux appartements privés aménagés par Gustave Fayet, vers l'est 9 fenêtres plus petites correspondent à la partie ruinée du bâtiment dont la restitution est récente. Cette partie sert à uniformiser la cour classique et à masquer les bâtiments qui sont derrière, du côté du ruisseau.

L'aile nord

Haut d'un étage, le bâtiment situé au nord de la cour présente une élévation ordonnancée en moellons de moyen appareil. 6 portes et 3 fenêtres ouvrent le rez-de-chaussée sur la cour. On y trouve, au rez-de-chaussée, des salles voûtées construites perpendiculairement à la façade dont quelques maçonneries pourraient être médiévales. Vers l'est, une rupture dans les maçonneries et la toiture montre que le chantier n'a pas été uniforme. Elle signale surtout la restitution récente de l'élévation et constitue un écran qui masque les reconstructions des élévations supérieures du moulin réalisées par Gustave Fayet.

  • Murs
    • pierre grand appareil
    • marbre
  • Toits
    tuile
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée sans travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours en maçonnerie
  • Typologies
  • État de conservation
    restauré
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries
  • Précision représentations

    statue d'un évêque dans une niche

    Relief armorié maintenu par deux anges au centre du fronton de l'aile du prieur.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1988/09/15
    classé MH, 2001/02/21
  • Précisions sur la protection

    Ancienne sacristie, passage et cage d'escalier situés de part et d'autre de la salle capitulaire ; quatre corps de bâtiments fermant la cour dite cour Louis XIV, y compris la partie qui enjambe le lit du torrent à l'est et le moulin au nord ; éléments décoratifs (immeubles par destination) du corps de bâtiment situé entre le cloître et la cour Louis XIV, à savoir : boiseries du salon vert, stucs et boiseries du grand salon avec les peintures de Burgstaal, vitraux composés de papiers aquarellés entre deux plaques de verre fermant les baies de la salle de musique (ancien dortoir des moines) , panneaux de céramiques historiées et décoratives du grand salon et de l'office, boiseries de la bibliothèque ; portail d'entrée de l'abbaye ; cour d'honneur et décor architectural qui la ferme ; sol de la grande roseraie ; parc et terrasses étagées avec leurs statues et fabriques ; vestiges du corps de bâtiment médiéval qui enjambait le torrent à l'est du cloître ; chapelle du père Jean ; mur de clôture ; puits au sud de l'abbaye ; deux tours cylindriques ouest et nord-est ; ferme avec les deux ponts médiévaux qui la relient à l'abbaye (cad. G 320, 331, 332, 334, 336 à 338, 340) : inscription par arrêté du 15 septembre 1988 - Ensemble des parties bâties situées à l'intérieur de l'enceinte de l'abbaye, y compris le porche d'entrée, l'aire du cloître, les murs d'enceinte et les terrasses étagées, à l'exception - en ce qui concerne le corps de bâtiment situé entre le cloître et la cour dite "Louis XIV" - des éléments décoratifs intérieurs suivants : les boiseries et les toiles peintes du salon vert, les stucs et boiseries du grand salon avec les peintures de Burgstahl, les vitraux de papier aquarellés entre deux plaques de verre fermant les baies de la salle de musique (ancien dortoir des moines) , les panneaux de céramiques historiées et décoratives du parloir et de l'office, les boiseries de la bibliothèque (cad. G 336 à 338) : classement par arrêté du 21 février 2001

Documents d'archives

  • d'Andoque de Sériège (Yseult), Apport des Fayet à Fontfroide, archives de l'abbaye, document manuscrit.

    Archives de l'abbaye de Fontfroide

Bibliographie

  • Demarthe (Sylvain), « Autour des cloîtres cisterciens de Valmagne, Fontfroide et Villelongue : de l’esprit de sobriété à la richesse ornementale (seconde moitié XIIIe siècle-début XIVe siècle) », dans Claustros no mundo mediterrânico. Séculos X-XVIII, actes de l’Incontro internacional sobre Claustros … (Lisbonne, Museu Nacional de Arte Antiga, 20-22 juin 2013), Coimbra, Almedina, 2016,

    p. 287-301.
  • David (Léa), Sainte-Marie de Fontfroide, l’exemple d’un cloître cistercien en Languedoc au XIIIe siècle, publié11/10/2021.

  • Cahier de l'association du Musée d'Art-Gustave Fayet à Fontfroide, 2008, non paginé. ISBN : 978-2-84080-180-1

  • Occulus, bulletin de l'association pour l'animation culturelle de l'abbaye de Fontfroide

    Archives Abbaye de Fontfroide
  • Gardey de Soos (Anne), Mémoire de maîtrise d'Histoire de l'Art "L'abbaye N.D. de Fontfroide", étude historique et archéologique du XVIe siècle à nos jours, 1984.

  • Occulus, bulletin de l'association pour l'animation culturelle de l'abbaye de Fontfroide

    Archives Abbaye de Fontfroide
    p. 10
  • Bulletin de la Commission Archéologique de Narbonne

    tome X p. 353 et tome XIII p. 392
  • Martin (Régis), Restauration du cloître, dans Occulus n° 6, bulletin de l'association pour l'animation culturelle de l'abbaye de Fontfroide.

    Archives Abbaye de Fontfroide
    p. 11 à 18
  • Galinier (Jean-François), L'abbaye Notre-Dame de Fontfroide en Languedoc, étude sur le cloître et la salle capitulaire, mémoire de maîtrise d'histoire sous la direction de Marcel Durliat, 1975.

Date(s) d'enquête : 2020; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Abbaye de Fontfroide
Chabbert Roland
Chabbert Roland

Chercheur partenaire de 2002 à 2008

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