Le 11 août 1863, Antoine Soubrier, filateur de Lavelanet, transmet à la Préfecture de l'Ariège une demande d'autorisation concernant l'établissement d'une filature en bordure du Touyre. Cette usine doit se trouver à 150 mètres en aval du moulin à farine de Jacques Borrel (IA09010137), et à 600 mètres en amont du moulin à farine de Pierre Rivière, situé près du bourg (secteur Fount de Sicre). Le projet doit s'établir sur ce qui correspond aujourd'hui aux parcelles cadastrales A1469-1470. Cette usine doit, selon les mots de Soubrier même, « [faire] faire des progrès à l'industrie » autant que « créer des ressources pour pourvoir aux besoins de sa pauvre et nombreuse famille ». Le rapport de l'ingénieur accorde au propriétaire le droit d'établir son usine, sous réserve d'adapter les installations hydrauliques de manière à éviter les inondations. A plusieurs reprises, entre 1865 et 1871, A. Soubrier est sommé de se conformer à ces demandes, ce qu'il retarde, jusqu'à entraîner la mise au chômage de l'usine. Alexandre Soubrié, puis Hippolyte Roubineau, fabricant de draps de Lavelanet, puis Henri Dô, originaire du Tarn, sont les propriétaires successifs de l'usine. En 1920 Henri Dô demande l'autorisation de déplacer un barrage et de construire un pont canal pour sa filature du Carrial, pour augmenter sa force motrice. Il demande l'établissement d'un nouveau barrage, la suppression du barrage actuel, la traversée de la rivière par une passerelle, supportant le nouveau canal d'amenée et la surélévation de la chute d'eau. Autorisation lui est donnée en 1921. A la même époque, la filature est reconstruite puis agrandie, avant de subir un incendie en 1940. En 1943 meurt Emma Cavaillez épouse Dô. Henri Dô disparaît l'année suivante, le 21 novembre 1944. Leur survivent cinq enfants, dont Urbain, contremaître de filature né à Mazamet, par ailleurs gérant de l'usiné de la Mécanique à Lagarde (IA09010134) entre 1927 et la fin des années 1930. Urbain Dô reprend l'usine, et fonde avec un associé belge, Gaston Lamothe (ou Lamote), une société Dô et Lamothe, créée au 1er mai 1946 et au capital social d'un million de francs. Ses trois frères (Henri fils, Charles, Emile) se désengagent dès 1949, suivis de la soeur, Blanche, en 1951. La SARL est prorogée en 1952. Urbain Dô cède aussi une partie de ses droits, tenus de ses parents le 18 juin 1954. Le 4 décembre 1958, la SARL est immatriculée au registre du commerce ; son capital comprend 200 parts divisées à égalité entre les deux gérants, Dô et Lamothe. Il est probable que la filature comprenne également un tissage dans les années 1950. En 1973, Gaston Lamote apparaît comme unique gérant de la SARL Lamote et Cie. La SOFINABAIL donne en location du matériel (1 continu à filer polonais) aux Ets Lamote, pour 5 ans. Jusqu'en 1982, la filature de laine cardée Ets Lamote et Cie continue de fonctionner. Au 1er juin 1982, l'usine est reprise par la SARL Texfil, dirigée par Jean Roquebernou (transition avec matériel en location-gérance). L'usine cesse de fonctionner à une date indéfinie.
L'entreprise emploie 18 personnes à la fin des années 1950, 10 en 1983.