Dossier d’œuvre architecture IA09010112 | Réalisé par
  • patrimoine industriel
filature de laine Soubrié puis Dô et Lamothe, puis Lamothe
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Pays des Pyrénées cathares

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ariège
  • Commune Montferrier
  • Lieu-dit Le Carrial
  • Cadastre 1864 C 1946, 1947, 1948  ; 2020 A 1467, 3530, 3531
  • Dénominations
    filature
  • Précision dénomination
    filature de laine
  • Appellations
    dite filature Soubrié puis Dô et Lamothe, puis Lamothe

Le 11 août 1863, Antoine Soubrier, filateur de Lavelanet, transmet à la Préfecture de l'Ariège une demande d'autorisation concernant l'établissement d'une filature en bordure du Touyre. Cette usine doit se trouver à 150 mètres en aval du moulin à farine de Jacques Borrel (IA09010137), et à 600 mètres en amont du moulin à farine de Pierre Rivière, situé près du bourg (secteur Fount de Sicre). Le projet doit s'établir sur ce qui correspond aujourd'hui aux parcelles cadastrales A1469-1470. Cette usine doit, selon les mots de Soubrier même, « [faire] faire des progrès à l'industrie » autant que « créer des ressources pour pourvoir aux besoins de sa pauvre et nombreuse famille ». Le rapport de l'ingénieur accorde au propriétaire le droit d'établir son usine, sous réserve d'adapter les installations hydrauliques de manière à éviter les inondations. A plusieurs reprises, entre 1865 et 1871, A. Soubrier est sommé de se conformer à ces demandes, ce qu'il retarde, jusqu'à entraîner la mise au chômage de l'usine. Alexandre Soubrié, puis Hippolyte Roubineau, fabricant de draps de Lavelanet, puis Henri Dô, originaire du Tarn, sont les propriétaires successifs de l'usine. En 1920 Henri Dô demande l'autorisation de déplacer un barrage et de construire un pont canal pour sa filature du Carrial, pour augmenter sa force motrice. Il demande l'établissement d'un nouveau barrage, la suppression du barrage actuel, la traversée de la rivière par une passerelle, supportant le nouveau canal d'amenée et la surélévation de la chute d'eau. Autorisation lui est donnée en 1921. A la même époque, la filature est reconstruite puis agrandie, avant de subir un incendie en 1940. En 1943 meurt Emma Cavaillez épouse Dô. Henri Dô disparaît l'année suivante, le 21 novembre 1944. Leur survivent cinq enfants, dont Urbain, contremaître de filature né à Mazamet, par ailleurs gérant de l'usiné de la Mécanique à Lagarde (IA09010134) entre 1927 et la fin des années 1930. Urbain Dô reprend l'usine, et fonde avec un associé belge, Gaston Lamothe (ou Lamote), une société Dô et Lamothe, créée au 1er mai 1946 et au capital social d'un million de francs. Ses trois frères (Henri fils, Charles, Emile) se désengagent dès 1949, suivis de la soeur, Blanche, en 1951. La SARL est prorogée en 1952. Urbain Dô cède aussi une partie de ses droits, tenus de ses parents le 18 juin 1954. Le 4 décembre 1958, la SARL est immatriculée au registre du commerce ; son capital comprend 200 parts divisées à égalité entre les deux gérants, Dô et Lamothe. Il est probable que la filature comprenne également un tissage dans les années 1950. En 1973, Gaston Lamote apparaît comme unique gérant de la SARL Lamote et Cie. La SOFINABAIL donne en location du matériel (1 continu à filer polonais) aux Ets Lamote, pour 5 ans. Jusqu'en 1982, la filature de laine cardée Ets Lamote et Cie continue de fonctionner. Au 1er juin 1982, l'usine est reprise par la SARL Texfil, dirigée par Jean Roquebernou (transition avec matériel en location-gérance). L'usine cesse de fonctionner à une date indéfinie.

L'entreprise emploie 18 personnes à la fin des années 1950, 10 en 1983.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle
    • Secondaire : 4e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1863, date portée
    • 1921, daté par source
    • 1940, daté par source
    • 1946, daté par source
    • 1958, daté par source
    • 1982, daté par source

Le site industriel comprend trois parties distinctes principales.

Le bâtiment A1-A2 correspond à l'ancienne usine. Il s'inscrit dans un plan trapézoïdal, en retrait de la route départementale, bordé sur son élévation nord par une voie privée. Il comprend un niveau principal de plain-pied, ainsi qu'un sous-sol partiel. L'élévation sud du site est longée par le Touyre. Il comprend un bâtiment en ruines à l'est (A1), et une partie encore debout à l'ouest (A2), plus récente.

La partie en ruines comprend des pans de murs, édifiés en moellons de pierre maçonnés et briques. Quelques éléments de charpente en béton armé, supportant l'ancienne toiture de sheds, subsistent également. Au sol se trouve une dalle de béton armé. Au sud, se trouve une extension mitoyenne en parpaings de béton, avec toiture en appentis, couverte de tôle. A l'est s'élève un atelier dont les murs sont en brique creuse non enduite et béton, et dont l'élévation est, donnant sur l'espace en friche, est bardé de tôle métallique. L'élévation ouest est percée d'un portail métallique. Le sous-sol comprenait, selon les données de 1959 : une turbine à eau et un alternateur, une salle des préparations et des chambres accueillant le mécanisme de transmission, un battoir, un appareil d'ensimage, un loup et le mécanisme d'aspiration de la matière. Le mur en élévation est comprend la mention peinte "FILATURE MODERNE HENRI DÔ".

De l'autre côté du chemin d'accès, au nord du site, s'élève un autre bâtiment (B), sur deux niveaux (rez-de-chaussée et étage carré), à usage de garage et habitation. Aujourd'hui fortement dégradé, l'édifice est construit en moellons, dallage ciment, colonnes en fonte, charpente sapin sur laquelle repose une toiture à deux pans couverte de tuiles mécaniques.

Le bâtiment C correspond à une maison d'habitation, associée à un dépôt. Trois niveaux, comprenant un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de combles. Les murs sont constitués d'une maçonnerie de moellons, parpaings et agglomérés ; les sols associent pierre et béton armé, la charpente est en bois et la toiture, à deux pans, couverte de tuiles mécaniques. A proximité de son élévation orientale, le bâtiment était jouxté par un dépôt de plain-pied, aujourd'hui disparu.

  • Murs
    • pierre
    • béton
    • brique creuse
  • Plans
    plan massé
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvrements
    • charpente en béton armé apparente
  • Couvertures
    • shed
    • toit à deux pans
    • appentis
  • Énergies
    • énergie hydraulique
    • produite sur place
    • turbine hydraulique
  • État de conservation
    inégal suivant les parties, vestiges, établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Archives départementales de l'Ariège : 3P729 (cadastre napoléonien),

    AD Ariège : 3P729
  • Archives départementales de l'Ariège : 3P2381 à 3P2392 (matrices cadastrales avant rénovation)

    AD Ariège : 3P2381 à 3P2392
  • Archives départementales de l'Ariège : 54W502 à 54W506 (matrices cadastrales après rénovation),

    AD Ariège : 54W502 à 54W506
  • AD Ariège, côte 7 S 435 (plan des industries du Touyre, 1895.

    AD Ariège : 7 S 435
  • Archives départementales de l'Ariège : 7S498 (plan de la filature Soubrié, 1864),

    AD Ariège : 7S498
  • Archives départementales de l'Ariège : 7S502 (plan de la filature Dô, 1920),

    AD Ariège : 7S502
  • Archives départementales de l'Ariège : 1j734 (archives de la filature Lamote),

    AD Ariège : 1j734
  • Archives départementales de l'Ariège : 705W114 (effectifs des entreprises textiles du pays d'Olmes, années 1950).

    Effectifs des entreprises textiles du pays d'Olmes, 1983-1984 (doc. R. Librero).

    AD Ariège : 705W114

Bibliographie

  • Recherches menées par l'Association des Amis du Musée du Textile et du Peigne en Corne (AMTPC)

Date(s) d'enquête : 2018; Date(s) de rédaction : 2018
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Pays des Pyrénées cathares