D'après l'inscription relevée sur cette cloche, celle-ci a été fondue en 1613 pour l'église Saint-Barthélemy de Cahors. Alors que cet édifice ne possède plus aujourd'hui que deux cloches du 19e siècle, la découverte - inédite à ce jour, d'une cloche ayant composé la sonnerie de cette église urbaine à la fin de l'Ancien Régime est en soi plutôt exceptionnelle. Elle démontre que nombre de cloches qui ont été descendues des clochers sous la Révolution n'ont pas toutes été promises à la destruction et à la fonte mais que des communautés villageoises ont pu alors en récupérer pour leur propre usage. Il en est ainsi pour La Rosière d'où émane une pétition à destination de l'administration communale de Cahors le 18 prairial an V (6 juin 1797), tendant à ce que leur soit accordé une cloche pour servir de timbre à une horloge. Demande qui semble bien avoir été satisfaite au vu de la cloche ici étudiée !
Quant au fondeur, on peut établir qu'il s'agit de Jean Collinet par comparaison stylistique avec les sept cloches dont il est l'auteur dans le Lot pour le 1er quart du 17e siècle. Le décor, et tout particulièrement la représentation de la Vierge noire du Puy, est caractéristique des productions de ce fondeur.
Chercheur pour le Département du Lot de 2017 à 2025. Conservateur des antiquités et objets d'art du Lot depuis 2019.