Jacques Morel (vers 1390-1459), était orfèvre à Montpellier. Ce chef-d'oeuvre d'orfèvrerie, pièce maîtresse du trésor de l'église abbatiale de Quarante aménagé en 1975 par le service des Monuments historiques sous la direction de Pierre-Marie Auzas et Georges Costa, témoigne de l'importance du culte de saint Jean-Baptiste à Quarante. L'église consacrée en 1053 est ornée d'un autel dédié au saint et, au XIIIe siècle, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possèdent des biens sur ce terroir. En 1404, est attestée une confrérie en l'honneur de la décollation de saint Jean-Baptiste. La rareté des reliques de ce saint, dont le corps a été brûlé sur ordre de Julien l'Apostat au IVe siècle, en rend sa possession encore plus précieuse, ce que traduit la qualité exceptionnelle du reliquaire.
La datation de 1441 qu'indique le poinçon ou lettre-date de la ville de Montpellier corrobore l'hypothèse de la commande du reliquaire par Raimond III de Fabrègues, abbé de Quarante entre 1413 et 1459. Le poinçon du maître orfèvre, les initiales IM, permet d'attribuer cette oeuvre à l'argentier montpelliérain Jacques Morel (1390-1459), élu garde de l'orfèvrerie en 1436. C'est l'unique pièce d'orfèvrerie de cet artiste à être parvenue jusqu'à nous.