Les plafonds peints de l'abbaye de Lagrasse sont datables de la première moitié du 13e siècle. Ils ont été mis en place sous l'abbatiat d’Auger de Cogenx (1279-1309) lorsque fut aménagé le vestibule de la chapelle que l'abbé fit construire à l'étage de son palais. D'après Jean-Louis Rebière (2014, op. cit. p. 77-92), le vestibule fut mis en oeuvre dans une construction préexistante.
transversaux dissimulant les jointures des planches ont été mis en place pour éviter le fluage de la charge composée d’un
mortier de terre et de chaux. Des planchettes de bois, de même taille et épaisseur que les baguettes transversales masquant
les jointures des ais, ont été glissées sous les solives, parallèlement à elles. Elles constituent de faux couvre-joints.
La largeur des planches correspond approximativement à l’espacement des solives. Le quadrillage des baguettes
de rives et des traverses peintes définit une maille carrée presque parfaite. Les bois des solives et des ais ont été laissés,
semble-t-il, apparents ou traités en ton bois.
reposant côté est sur une poutre muraillière portée par trois corbeaux de pierre (épannelés en culots) fichés dans le pignon
préroman. Le solivage s’appuie côté ouest sur une retraite du mur gothique mis en oeuvre pour créer les vestibules. La
portée des bois résineux est de quatre mètres, qui définit la largeur des vestibules bas et haut de la chapelle abbatiale. Les
non équivoques de rouge, c’est-à-dire que l’émail de gueules aurait été fortement présent dans le champ des armes de l’abbé. La figure 16 du détail d’un écu aux couleurs partiellement conservées le montre. Or, les armes de l’abbé Auger de Cogenx avaient été peintes sur son missel, conservé à la British Library (ms Add. 17006) en de petits écus, sur de nombreux feuillets. Ses armes y sont un écartelé aux 2 et 3 d’une couleur mal définie que l’on y a voulu voir de pourpre, les quartiers 1 et 4 semblant réservés. On ne peut suggérer que cette dernière partition attendait l’apposition de feuilles d’or, car ce métal a été largement employé ailleurs sur ce codex. Cette absence de couleur sur les quartiers 1 et 4 symbolise donc l’argent. La mise à jour de pigments rouge sur les écus du plafond autorise ainsi à avancer qu’en réalité les armes de Auger étaient : écartelé en sautoir, d’argent et de gueules, à la bordure denticulée de douze pièces de l’un en l’autre. La découverte relatée par M. Rebière permet d’attribuer à l’abbé Auger l’initiative de constructions plus importantes encore à l’abbaye de Lagrasse que les travaux antérieurs ne l’avaient envisagé, notamment dans les très solides études du premier volume des Cahiers de Lagrasse « Auger de Cogenx (1279-1309) », Sète (Nouvelles presses du Languedoc), 2010, 270 pages. ‒ Jean-Louis Rebière, « Le plafond peint de l’abbaye de Lagrasse », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. LXXIV (2014), p. 77-89.
Chercheur partenaire de 2002 à 2008
Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008