En 1912 et 1914, Richard Burgsthal est chargé par Gustave Fayet qui a transformé l’ancien dortoir des moines en salle de musique d’en réaliser le décor. Avant de parer les baies de vitraux colorés, il réalise deux peintures murales pour recouvrir les lunettes supérieures opposées aux extrémités de la grande salle.
Fayet note dans ses carnets, le 6 mai 1912 que le ferronnier Trouilhet vient prendre les mesures pour les cornières des fenêtres double escalier, et que pour la salle de musique, il attendre les dessins de Burgsthal.
Deux ans plus tard, le 15 janvier 1914, il précise encore dans ses carnets qu'il faut mesurer la fresque, faire enduire le mur de plâtre, teinter d'un peu d'ocre jaune et préparer un échafaudage pour mars. Le 29 janvier suivant, il indique s'interroger avec Burgsthal sur la façon de faire l'encadrement des portes de la fresque. Pierres apparentes ou recouvertes ?
Ces peintures sont les seules créations monumentales de Burgsthal, exécutées à l’huile directement sur le mur, quoiqu’il les nomme, à tort, « fresques ».
Bien qu’elle reste inachevée, la représentation du navire du Vaisseau fantôme, inspirée de l’opéra de Richard Wagner, créé en 1843, exprime clairement l’idée, pour Burgsthal, que la musique même profane touche au mystère et au divin : sans se référer à une religion clairement désignée : l’opéra de Wagner rassemble les thèmes de la malédiction éternelle, de l’amour et du sacrifice rédempteur. Burgsthal transforme donc cette salle en véritable temple de la musique, où l’art profane rejoint l’art sacré.
Face au Vaisseau fantôme, inachevé, l'artiste peint la Musique sacrée peinture d’inspiration byzantine, caractéristique par ses aplats dorés, son absence de perspective, et une composition décorative délibérée.
L’œuvre a fait l'objet d'une restauration en 2013 par Béatrice Soulé Roig.
Chercheur partenaire de 2002 à 2008
Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008