Dossier d’œuvre objet IM11003856 | Réalisé par
  • recensement des peintures murales
peinture monumentale de Saint Martin des Puits, Eglise paroissiale Saint-Martin
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation

Les peintures ont été découvertes en 1965. Il existe au moins 4 couches de peintures qui peuvent se superposer à certains endroits. La plus récente pourrait dater de la mise en place du retable en 1764 et s'étendrait sur l'ensemble du choeur avec un motif de semis de fleurs. Sur le mur méridional, des vestiges de personnages traités dans un style très linéaire, pourraient dater des 13e ou 14e siècles.

Enfin un décor datable de la fin du 12e siècle ou du début du 13e, seul visible actuellement, est sur le mur du choeur.

Malgré les nombreuses études et investissements financés pour une meilleure connaissance et conservation de cette chapelle et de son décor exceptionnel on déplore actuellement un abandon total de cet édifice.

  • Période(s)
    • Principale : limite 12e siècle 13e siècle , (incertitude)
  • Dates
    • 1200

Un seul pigment rouge est présent et a été utilisé pur (rouge) ou en mélange (rose). L’ocre jaune a été utilisé comme couleur de sol ou pour les auréoles. Il est différent de l’ocre jaune utilisé pour l’autel, ce dernier ayant été vraisemblablement repeint. Les pigments mis en évidence sont caractéristiques des pigments habituellement utilisés au cours du Moyen Age. Le jaune est un ocre jaune, le rouge est un ocre rouge, le blanc de la calcite (ex. : blanc de Meudon), le noir du noir de carbone. La couleur rose est constituée d’un mélange d’ocre rouge et de calcite. La couleur verte est attribuée à la présence de terre verte. Le noir est constitué de noir de carbone (cf. Rapport CICRP).

  • Catégories
    peinture murale
  • Matériaux
    • enduit, chaux et sable peinture à la chaux
  • Iconographies
    • Annonciation : servante
    • Nabuchodonosor, idole, martyre 3 Hébreux
    • Enfant Jésus, femmes bain
  • Précision représentations

    Mur est : Composition en trois registres superposés divisés en tableaux.

    Au registre inférieur, très endommagé, est peinte une fausse tenture imitant les riches étoffes orientales ornées de figures animales qui s’inscrivent dans des rectangles (lions, griffons affrontés) ou des médaillons entrelacés (oiseaux), organisés par série de quatre.

    Le second registre est presque perdu, seuls vestiges non identifiés sont un oiseau perché sur l'épaule d'un personnage. Le deuxième registre (médian) s’organise de part et d’autre de la baie axiale. Ce registre extrêment lacunaire, situé au nord de la baie, n’a conservé que les vestiges d’une colonne et d’un personnage dont le visage était encore en place en 2009 avant qu’il ne soit vandalisé (buché).

    L’ébrasement de la baie axiale, à cheval sur les deux derniers registres, est orné d’une frise de rinceaux ocre-rouges et noirs sur fond blanc ; un large bandeau vert à rinceaux rouge-foncés cernés de filets blancs et souligné par un autre bandeau bicolore (rouge et jaune) encadre l’ouverture.

    Les scènes les plus importantes et les mieux conservées, sont au registre supérieur :

    C'est d'abord, à gauche, une Annonciation à trois personnages. L'ange Gabriel vient de la gauche, dans un grand mouvement qu'amplifie le gonflement du bas de sa tunique. Il tend la main droite vers la Vierge et ponctue son message en pointant l'index et le médius. Marie, désignée par son nom écrit en lettres capitales (mar...) étend la main droite en un geste de surprise ou d'acquiescement, cependant qu'elle paraît retenir son manteau de la main gauche. Une servante, grimpée sur l'échelle qui conduit à la maison, observe la scène avec curiosité.

    Sur la scène suivante, représentée au-dessus et à droite de la fenêtre, on aperçoit trois jeunes gens vêtus de tuniques courtes, arrêtées à la hauteur du genou. Le premier, à gauche, porte un long manteau apparemment bordé de fourrure blanche intérieurement. Les visages des adolescents, de forme ronde, comme ceux de la Vierge et de l'Ange de l'Annonciation, se détachent sur des rectangles d'ocre jaune, encadrés d'ocre rouge. Il s'agit d'un nimbe de forme particulière, couramment utilisé sur les mosaïques chrétiennes de Rome pour des personnages vivants. Peut-être son emploi se justifie-t-il ici du fait que les saints représentés appartiennent à l'Ancien Testament ? En effet les trois personnages peuvent être identifiés par les lettres en capitales tracées au-dessus d'eux : à droite, a(b)denago ; à gauche, m(i)sac. Voici donc les trois jeunes Hébreux précipités dans la fournaise pour avoir refusé d'adorer une statue d'or dressée sur une colonne par Nabuchodonosor. L'ensemble de la scène se lit donc de la manière suivante. Les trois Hébreux sont debout sur un monticule fait de spirales bleues ( les flammes du four ?) regardant le personnage désigné sous le nom de lida — inconnu de la Bible —. Celui-ci montre du doigt aux jeunes Hébreux l'idole d'or représentée par une forme humaine de couleur ocre jaune, vêtue d'un curieux costume, que terminent des sortes de lanières rectangulaires : le costume même dont on affublait parfois les démons. Ainsi est affirmée par ce détail vestimentaire la croyance médiévale à l'existence réelle des faux dieux, identifiés aux démons. A l'extrême gauche, un grand cavalier, vêtu d'une cotte de mailles et coiffé d'un heaume conique, apparemment dépourvu de nasal et de couvre-nuque, porte un bouclier allongé et une lance. Il est désigné du nom de mil(es), et sans doute s'agit-il d'un soldat envoyé pour exécuter les ordres de Nabuchodonosor. Il est accompagné par deux soldats en cottes de mailles.

    Dans son article Christian Davy relève que la prise en compte d'un vestige n'apparaissant pas sur les relevés de 1967 et les photographies de 1983 permet de rectifier l’identification iconographique qui fait consensus depuis Marcel Durliat (cf. article lié). En effet, à côté du bandeau d’encadrement rouge placé le long de l’angle sud-est, la courbe et contrecourbe du dos d’un personnage est reconnaissable, mais le détail révélateur se trouve être situé dans la partie supérieure du fragment. Là, une couronne fermée jaune est lisible et par conséquent donne la position du roi Nabuchodonosor. Désormais, il faut voir une scène unique au lieu des deux précédemment identifiées. L’image est construite sur une division tripartite selon une organisation fréquente observée dans les scènes de martyre : le puissant qui ordonne, un ou plusieurs bourreaux qui à la fois transmettent l’ordre et rendent compte de l’accomplissement de celui-ci et l’action proprement du martyr.

    Mur nord (vestige) :

    Seul un fragment est encore en place sur lequel on devine un pied de profil et la partie supérieure de la fausse tenture qui garnit les soubassements.

    Mur sud (quelques fragments) :

    Le décor est très lacunaire et n’a conservé que quelques fragments épars. Au registre supérieur, du côté est de la fenêtre, un personnage désigne une forme devant lui (autre personnage ?), avec à droite des boules de feu ? Sur la portion ouest de l’élévation une scène est reconnaissable : le Bain de l’Enfant au nimbe cruciforme, il est représenté dans une vasque entouré des sages-femmes. Deux anges thuriféraires survolent la scène.

    Les différents registres horizontaux sont séparés par des bandes colorées.

    La face est de l’arc outrepassé a conservé de rares vestiges de motifs ornementaux.

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant l'iconographie, peinte
  • Précision inscriptions

    Hauteur des lettres entre 3 et 4.5 cm. Lettres peintes en clair.

    Annonciation : MAR[IA] R[...]

    Scène des trois hébreux dans la fournaise : à droite du casque d'un soldat : MIL[ES] et sous l'extrémité de la lance : DAM(?)AC pour DA[NIELE]M [IN L]ACU ? [SIDRA]C [MI]SA[C]. Au dessus de la tête du troisième personnage de droite : A[B]DENAGO pour Abdenago. RNEX/AB(?) V[.]O[...].

    Bain de l'Enfant : AC/A/R.

  • État de conservation
    • manque
    • mauvaises conditions de conservation
  • Précision état de conservation

    Les peintures ont été découvertes en 1965. Quatre couches de peintures se superposaient a certains endroits. Une fois le couvrement en plâtre enlevé, Robert Baudouin procède à des sondages en 1967, année où quatre relevés à l’aquarelle sont exécutés par Odette Crapet-Delmas, sous la direction d’André Regnault.

    Le service des monuments historiques sauve le monument de la disparition grâce à des transferts de financement d’opérations peu avant 1974, année où Robert Baudouin réalise la campagne de restauration sous la maîtrise d’œuvre de l’ACMH Michel Hermite.

    En 2001, l’atelier de restauration d'Assalit fut retenu pour entreprendre des sondages complémentaires et la consolidation des peintures romanes : dépoussiérage à la brosse douce, sondages en recherche de décollement du support, consolidation d'enduit par injection si nécessaire, nettoyage ponctuel et fixation légère (protection) de la couche picturale (cf. Etude Sophie Mercier p.28).

    En 2009, un vandale buche et détruit le visage d’un personnage du registre inférieur en essayant de le détacher du mur pour le dérober. Dans le même temps, des problèmes de stabilité obligent le service des monuments historiques à mettre en place de 2009 à 2013 une série d’études dans laquelle est incluse celle des peintures murales. Une ceinture de béton a alors été coulée dans le sol pour éviter le glissement de l’édifice sur la pente abrupte donnant sur la rivière l’Orbieu (cf C. Davy, p. 271).

    En 2014 une étude des matériaux constitutifs des peintures murales est faite par le CICRP (cf.dossier). Un film organique transparent est identifié localement (acétate de polyvinyl) qui a sans doute été appliqué lors de la restauration des années 1966-1967 par l'entreprise Baudouin.

    Cette étude complète l'étude technique et le diagnostic faits en 2011 par l'entreprise Sinopia. Des sondages complémentaires ont été réalisés pour compléter l’étude stratigraphique réalisée en 2003 par l’Atelier d'Assalit, dans le but de vérifier la présence éventuelle de vestiges de décor encore cachés et appartenant à l’ensemble de la fin du 12e siècle, actuellement visible dans le chœur. Cette nouvelle campagne a permis de procéder à l’établissement d’une chronologie d’exécution des différentes périodes décoratives.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Enquête d'Aimée Neury, Peintures murales de l'Aude, 1966, 4 p.

    CDPR Région Occitanie - site de Toulouse

Bibliographie

  • FAVREAU Robert, MICHAUD Jean, MORA Bernadette. Corpus des inscriptions de la France médiévale : Aude, Hérault, Centre national de la recherche scientifique, Paris, 1974.

    p. 91-93.
  • Piano Natacha, Locus Ecclesiae : passion du Christ et renouveaux ecclésiastiques dans la peinture murale des Pyrénées françaises : les styles picturaux (XIIe s.), Thèse de doctorat Histoire de l'art sous la direction de Serena Romano et Eric Palazzo, Poitiers, 2010.

    CDPR Région Occitanie - site de Toulouse
    p. 330 - 334.

Périodiques

  • Christian Davy, « Perceptions objectives et subjectives de l’intégrité de la peinture murale : les cas de Saint-Martin-des-Puits et de Saint-Sernin de Toulouse », Patrimoines du Sud [En ligne], 18 | 2023, mis en ligne le 01 septembre 2023, consulté le 20 février 2026. URL : http://journals.openedition.org/pds/13303 ; DOI : https://doi.org/10.4000/pds.13303

    Web
Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021, 2026
(c) Inventaire général Région Occitanie
Édifice
Eglise paroissiale Saint-Martin

Eglise paroissiale Saint-Martin

Commune : Saint-Martin-des-Puits
Adresse : rue de l'Eglise