Mur est : Composition en trois registres superposés divisés en tableaux.
Au registre inférieur, très endommagé, est peinte une fausse tenture imitant les riches étoffes orientales ornées de figures animales qui s’inscrivent dans des rectangles (lions, griffons affrontés) ou des médaillons entrelacés (oiseaux), organisés par série de quatre.
Le second registre est presque perdu, seuls vestiges non identifiés sont un oiseau perché sur l'épaule d'un personnage. Le deuxième registre (médian) s’organise de part et d’autre de la baie axiale. Ce registre extrêment lacunaire, situé au nord de la baie, n’a conservé que les vestiges d’une colonne et d’un personnage dont le visage était encore en place en 2009 avant qu’il ne soit vandalisé (buché).
L’ébrasement de la baie axiale, à cheval sur les deux derniers registres, est orné d’une frise de rinceaux ocre-rouges et noirs sur fond blanc ; un large bandeau vert à rinceaux rouge-foncés cernés de filets blancs et souligné par un autre bandeau bicolore (rouge et jaune) encadre l’ouverture.
Les scènes les plus importantes et les mieux conservées, sont au registre supérieur :
C'est d'abord, à gauche, une Annonciation à trois personnages. L'ange Gabriel vient de la gauche, dans un grand mouvement qu'amplifie le gonflement du bas de sa tunique. Il tend la main droite vers la Vierge et ponctue son message en pointant l'index et le médius. Marie, désignée par son nom écrit en lettres capitales (mar...) étend la main droite en un geste de surprise ou d'acquiescement, cependant qu'elle paraît retenir son manteau de la main gauche. Une servante, grimpée sur l'échelle qui conduit à la maison, observe la scène avec curiosité.
Sur la scène suivante, représentée au-dessus et à droite de la fenêtre, on aperçoit trois jeunes gens vêtus de tuniques courtes, arrêtées à la hauteur du genou. Le premier, à gauche, porte un long manteau apparemment bordé de fourrure blanche intérieurement. Les visages des adolescents, de forme ronde, comme ceux de la Vierge et de l'Ange de l'Annonciation, se détachent sur des rectangles d'ocre jaune, encadrés d'ocre rouge. Il s'agit d'un nimbe de forme particulière, couramment utilisé sur les mosaïques chrétiennes de Rome pour des personnages vivants. Peut-être son emploi se justifie-t-il ici du fait que les saints représentés appartiennent à l'Ancien Testament ? En effet les trois personnages peuvent être identifiés par les lettres en capitales tracées au-dessus d'eux : à droite, a(b)denago ; à gauche, m(i)sac. Voici donc les trois jeunes Hébreux précipités dans la fournaise pour avoir refusé d'adorer une statue d'or dressée sur une colonne par Nabuchodonosor. L'ensemble de la scène se lit donc de la manière suivante. Les trois Hébreux sont debout sur un monticule fait de spirales bleues ( les flammes du four ?) regardant le personnage désigné sous le nom de lida — inconnu de la Bible —. Celui-ci montre du doigt aux jeunes Hébreux l'idole d'or représentée par une forme humaine de couleur ocre jaune, vêtue d'un curieux costume, que terminent des sortes de lanières rectangulaires : le costume même dont on affublait parfois les démons. Ainsi est affirmée par ce détail vestimentaire la croyance médiévale à l'existence réelle des faux dieux, identifiés aux démons. A l'extrême gauche, un grand cavalier, vêtu d'une cotte de mailles et coiffé d'un heaume conique, apparemment dépourvu de nasal et de couvre-nuque, porte un bouclier allongé et une lance. Il est désigné du nom de mil(es), et sans doute s'agit-il d'un soldat envoyé pour exécuter les ordres de Nabuchodonosor. Il est accompagné par deux soldats en cottes de mailles.
Dans son article Christian Davy relève que la prise en compte d'un vestige n'apparaissant pas sur les relevés de 1967 et les photographies de 1983 permet de rectifier l’identification iconographique qui fait consensus depuis Marcel Durliat (cf. article lié). En effet, à côté du bandeau d’encadrement rouge placé le long de l’angle sud-est, la courbe et contrecourbe du dos d’un personnage est reconnaissable, mais le détail révélateur se trouve être situé dans la partie supérieure du fragment. Là, une couronne fermée jaune est lisible et par conséquent donne la position du roi Nabuchodonosor. Désormais, il faut voir une scène unique au lieu des deux précédemment identifiées. L’image est construite sur une division tripartite selon une organisation fréquente observée dans les scènes de martyre : le puissant qui ordonne, un ou plusieurs bourreaux qui à la fois transmettent l’ordre et rendent compte de l’accomplissement de celui-ci et l’action proprement du martyr.
Mur nord (vestige) :
Seul un fragment est encore en place sur lequel on devine un pied de profil et la partie supérieure de la fausse tenture qui garnit les soubassements.
Mur sud (quelques fragments) :
Le décor est très lacunaire et n’a conservé que quelques fragments épars. Au registre supérieur, du côté est de la fenêtre, un personnage désigne une forme devant lui (autre personnage ?), avec à droite des boules de feu ? Sur la portion ouest de l’élévation une scène est reconnaissable : le Bain de l’Enfant au nimbe cruciforme, il est représenté dans une vasque entouré des sages-femmes. Deux anges thuriféraires survolent la scène.
Les différents registres horizontaux sont séparés par des bandes colorées.
La face est de l’arc outrepassé a conservé de rares vestiges de motifs ornementaux.