• inventaire préliminaire
église paroissiale Saint-Pierre
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays Midi-Quercy
  • Commune Montricoux
  • Cadastre 1810 D 617  ; 2005 D 0310

L'église paroissiale Saint-Pierre est adossée à la tour templière. Selon Florent Hautefeuille, aucune trace ne permet de savoir si l'emplacement actuel de l'église correspond à l'implantation de l'édifice d'origine. Elle est citée pour la première fois dans un faux diplôme de Pépin le Bref daté de 767 (Lacoste 1883-1886, p. 232), qui recense les possessions de l'abbaye bénédictine de Saint-Antonin-Noble-Val. Cet acte a été en réalité forgé au 13e siècle. Plus sûrement, l'église Saint-Pierre était la possession de cette abbaye en 1181, date à laquelle les religieux de ce monastère la donnèrent au maître de la maison du Temple de Jérusalem de Montricoux, avec deux autres églises ainsi qu'une partie des biens et dîmes afférentes, sous la condition que les Templiers reverseraient la moitié de la dîme aux bénédictins (Moulenq 1880, p. 241). Le pape Lucius III confirma par une bulle l'ensemble des biens du monastère (AD Tarn-et-Garonne, G 876). Les religieux avaient toutefois négocié dès 1175 un échange avec les chevaliers de l'ordre du Temple au sujet de la dîme de diverses églises dont Montricoux (AD Tarn-et-Garonne, G 873). Ces deux accords donnèrent lieu à un procès entre les deux parties en 1192, qui fut conclu en faveur des bénédictins (AD Tarn-et-Garonne, G 873). Un jugement identique concernant le même différent fut rendu en 1247 (AD Tarn-et-Garonne, G 874). En 1275, les Templiers ont rendu hommage aux moines pour ces biens contre un marbot d'or (AD Tarn-et-Garonne, G 874). Une quittance similaire est également conservée pour l'année 1291 (AD Tarn-et-Garonne, G 874) et pour l'année 1329 (AD Tarn-et-Garonne, G 875). Entretemps, les biens des Templiers avaient échu aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. En 1332, Arnaud Duèze, vicomte de Carmaing, neveu du pape Jean XXII, échangea avec l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem les seigneuries de Peyriac et Douzens (Aude) contre celle de Montricoux. Les religieux se réservèrent toutefois tous leurs droits sur l'église et le temporel qui en dépendait. La famille Duèze de Carmaing posséda la seigneurie de Montricoux jusqu'à la seconde moitié du 16e siècle. La clé de voûte du choeur est sculptée des armoiries de la famille Duèze de Carmaing mais le sculpteur n'a pas figuré les huit besants en orle autour du lion habituel. La clé de voûte de la chapelle haute nord présente des armes mi-parti : à dextre, un lion surmonte un fascé ; à senestre, une croix de Toulouse prend place au-dessus de trois pals. Il s'agit des armoiries d'Arnaud Duèze, vicomte de Carmaing, même s'il manque les huit besants en orle autour du lion et que le sculpteur a figuré un fascé au lieu des deux fasces habituelles. Elles sont associées à celles de son épouse Marguerite de L'Isle-Jourdain, qui portait par son père une croix de Toulouse et par sa mère les armes des comtes de Foix. La présence de ces armes permet de dater la construction de cette chapelle non au 15e siècle comme c'était le cas mais entre 1332, date d'acquisition de la seigneurie de Montricoux par Arnaud Duèze et le milieu du 14e siècle, date probable du décès de ce dernier. Cette chapelle haute était donc une chapelle seigneuriale, qui communiquait via une galerie avec la tour templière adossée à l'église et non une tribune à l'usage des commandeurs de Montricoux comme supposé jusqu'à présent.

L'église, édifiée au 13e siècle, a été reprise en partie au 15e siècle (choeur). Le chantier de construction de l'église se finalise avec l'érection du clocher en 1559 par Arnaud Gournon, architecte. La flèche refaite en 1905, par Maurou, architecte à Montauban, dont le projet de réfection est approuvé par le Conseil municipal lors des délibérations du 11 septembre 1904. Le cimetière attenant a été désaffecté en 1954 et démantelé en 1970.

L'église est constituée d'une nef unique flanquée de sept chapelles. Le portail d'entrée est couvert d'un arc brisé décoré d'un tore rond qui repose sur des chapiteaux à décor végétal. Le cordon d'archivolte repose sur des culots à figure humaine. Stylistiquement, ce portail se rapproche du portail de l'abbaye de Beaulieu daté de la fin du du 13e siècle. La première chapelle latérale, au sud, peut dater de cette première période de construction. Elle est voûtée d'arêtes et ouvre sur la nef par un arc brisé. Au nord, (de la chapelle précédemment citée), deux chapelles superposées ont été percées postérieurement : la chapelle inférieure dédiée à Saint-Antoine est voûtée d'ogives, ces dernières reposent sur des culots à figures humaines. La chapelle supérieure, privative, voûtée de lierne et de tierceron, avec une clé armoriées (voir historique), communique par une galerie avec la tour templière. La partie la plus à l'ouest de la nef est voûtée d'un berceau brisé continu sur bandeau.

Le choeur à cinq pans coupés est couvert d'une voûte rayonnante, il présente une clé sur laquelle figure les armes des Caraman ou Carmaing, seigneurs de Nègrepelisse et de Bioule. L'église est jouxtée au sud par un clocher probablement construit à la même période que le choeur. Ce clocher de type toulousain multiplient les pans coupés dont les angles sont marqués de colonnettes de brique. De hautes fenêtres à arc en mitre et des jours d'écoinçon en losange percent l'élévation. Des gargouilles sculptées en forme d'animaux et êtres fantastiques assurent l'évacuation des eaux ruisselant de la flèche accostée de crochets végétaux en calcaire sur ses arêtes. Le clocher est desservi par un escalier en vis hors-oeuvre.

  • Murs
    • calcaire moellon
  • Toits
    tuile creuse
  • Plans
    plan allongé
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • voûte d'arêtes
    • voûte en berceau brisé
  • Couvertures
    • flèche en maçonnerie
    • toit à deux pans
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier hors-oeuvre : escalier en vis
  • Typologies
    église clocher-tour
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
  • Représentations
    • ornement végétal
    • tête humaine
    • armoiries
  • Précision représentations

    Les chapiteaux du portail sont sculptés de motifs feuillagés, le cordon d'archivolte repose sur des culots à figure humaine. Dans le choeur, une peinture de Marcel Lenoir représente l'Annonciation. La clé de voûte du chœur est sculptée des armoiries de la famille Duèze de Carmaing mais le sculpteur n’a pas figuré les huit besants en orle autour du lion habituel. La clé de voûte de la chapelle haute nord présente des armes mi-parti : à dextre, un lion surmonte un fascé ; à senestre, une croix de Toulouse prend place au-dessus de trois pals. Il s’agit des armoiries d’Arnaud Duèze, vicomte de Carmaing, même s’il manque les huit besants en orle autour du lion et que le sculpteur a figuré un fascé au lieu des deux fasces habituelles. Elles sont associées à celles de son épouse Marguerite de L’Isle-Jourdain, qui portait par son père une croix de Toulouse et par sa mère les armes des comtes de Foix. Une troisième clé de voûte ornée d’un écu chargé d’une fasce inscrite – on y reconnaît les lettes M et C entrelacés – superposée à un bourdon de pèlerin, qui porte sur sa pointe une coquille de saint Jacques, est présente dans la deuxième chapelle sud.

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G Bergouniou André, "Montricoux et les Templiers", 1939, Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Garonne, Tome LVII, p. 45-62.£Hautefeuille Florent, "Structures de l'habitat rural et territoires paroissiaux en Bas-Quercy et Haut-Toulousain du VIIe au XIVe siècle", thèse de doctorat, université de Toulouse II Le Mirail, juin 1998. Annexe I, volume I, p.1084-1092.£Lacoste Guillaume, Histoire générale de la Province de Quercy, Cahors, 1883-1886, t. 2.£Moulenq François, Documents historiques sur le Tarn-et-Garonne, Montauban, 1880, t. 2.£Emmanuel Moureau, Montricoux, église Saint-Pierre, https://armma.saprat.fr/monument/montricoux-eglise-saint-pierre/
  • NOTB_S Archives départementales de Tarn-et-Garonne : G 873, G 874, G 875, G 876, 3 P 2434, plan cadastral de 1810, 3 E 132 FF5, O 530. Archives municipales Montricoux délibération du 12 septembre 1954.
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVD82_MIDIQUERCY
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB visible depuis le domaine public
  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    site inscrit
  • Protections
    classé MH partiellement, 1914/12/21
  • Précisions sur la protection

    clocher et porte d'entrée : classement par arrêté du 21 décembre 1914

  • Référence MH
Image non consultable
  • tirage papier

    collection Maurice Timbre, Caussade.
  • Philippe Bachet, orgues en Midi-Pyrénées, tome 2, 1982.

Date(s) d'enquête : 2006; Date(s) de rédaction : 2006, 2022