La maison est implantée dans le noyau primitif du bourg médiéval et fait partie des grandes maisons (en pan-de-bois) édifiées à la fin du Moyen-Age le long de l'axe principal du bourg de Montricoux (actuelle Grande-Rue). Le type de pan-de-bois (registres de petites croix de Saint-André), le décor d'accolades des sablières, les consoles sculptées sous les appuis des croisées et la modénature des piédroits de la cheminée de l'étage militent en faveur d'une construction à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle. Le rez-de-chaussée était à l'origine supporté par des poteaux (dont des traces de mortaises subsistent) et un pilier central maçonné ; les ouvertures entre ceux-ci étaient vraisemblablement chanfreinées. La restitution du rythme des ouvertures de ce niveau laisse supposer qu'il avait à l'origine une vocation commerciale.
Sur le plan cadastral de 1810, la maison est beaucoup plus grande et se développe en profondeur sur toute la parcelle (1810 D 575) ; le propriétaire est alors Antoine Pages, tisserand. Le plan d'alignement de 1828 représente une maison avec un « avancement en pan-de-bois » qui appartient alors à M. Fargues. La maison a été réduite à la fin du 19e siècle ou au cours du 20e siècle. Aujourd'hui, seule la moitié donnant sur la Grande-Rue est conservée et communique avec la maison voisine (IA82113894). Suite à une importante campagne de travaux effectuée après 1974 (voir photographies de la façade avant travaux), les fenêtres des étages ont été refaites et le remplissage en torchis a été déposé. Le toit modifié, ne comprend plus aujourd'hui l'avant-toit prononcé d'origine. Deux solives (entre le rez-de-chaussée et l'étage) après avoir été endommagées ont été remplacées et refaites à l'identique par l'entreprise Danis, en 2023.