• enquête thématique départementale, habitat et production sur le PNR du Haut-Languedoc
  • patrimoine industriel
filature de laine cardée
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc - Mazamet
  • Commune Payrin-Augmontel
  • Lieu-dit Moulin-Gau
  • Cadastre 2022 B 618 à 625
  • Dénominations
    filature
  • Précision dénomination
    filature de laine cardée

Les bâtiments dédiés à la filature résultent de campagnes de reconstruction et de construction peu avant 1900. En effet, l'incendie de la filature à étage construite au sud du canal, survenu en 1895, est l'occasion de moderniser cette partie de l'usine. Sur l'emprise de l'ancien bâtiment, dont on conserve des pans de murs en pierre et dont la hauteur est abaissée, vient désormais prendre place un atelier en rez-de-chaussée couvert par des sheds. Ce nouvel atelier abrite 9 grandes cardes (8 en 1930).

Dans le même temps, et dans un espace contigu, un autre atelier de filature vient le compléter, au sud-ouest où la construction peut s'étendre sans contrainte. A ses débuts, il abritait 6 grands métiers automatiques à filer self-actings, totalisant 3600 broches, dont la production journalière avoisinait les 500 kg, ainsi qu'une retordeuse, 2 bobinoirs et 1 dévidoir. En 1930, il compte 4 renvideurs (500 broches), 3 renvideurs (450 broches), 1 retordeuse (200 broches), 2 bobinoirs (40 broches), le tout fonctionnant grâce à 3 moteurs électriques Oerlikon (145 HP). Actuellement sont encore visibles les fosses des grandes cardes, dont 2 sont conservées, de même qu'une retordeuse de la Société Alsacienne de construction mécaniques à 6 têtes (portant la date de 1963), 1 fileuse du constructeur Savio Winding à 32 têtes, 1 fileuse du constructeur lyonnais Verdol à 44 têtes et 1 fileuse également Verdol à 24 têtes.

L'aménagement de cette filature à la toute fin du 19e siècle peut être attribué à Armand Puech, directeur technique de l'usine et à son architecte, Jules Pheulpin. Il rend compte de leurs recherches incessantes pour moderniser l'usine, recherches nourries par les déplacements répétés d'A. Puech dans des usines récemment construites mais aussi dans les Expositions universelles européennes où il prenait connaissance des dernières innovations, aussi bien en matière d'architecture que d'équipement technique.

Les vestiges de l'ancienne filature sont bien visibles actuellement, compte tenu du mauvais état du bâtiment qui révèle les maçonneries de moellons bruts et les anciennes ouvertures aux encadrements de pierre de grès local, sur les murs ouest et est. La superficie de l'atelier est de 25 x 14 m, soit 350 m2, couverts de 7 travées de sheds étroits.

Le grand atelier ajouté au sud-ouest est quatre fois plus grand (42 x 36 m). Il communique avec le précédent par une très large ouverture rendue possible par l'utilisation d'une poutre métallique, soutenue par des colonnes en fonte intermédiaires jumelées. Ce nouvel atelier recouvre en réalité deux grands corps de bâtiment accolés, pourvus d'une charpente à fermes métalliques, communiquant largement entre eux grâce à une série de 11 poteaux intermédiaires, réduits au minimum. La forme de la toiture constitue un compromis entre une haute charpente à deux pentes et le shed, puisque les versants nord des toits sont ajourés sur deux registres, à la façon d'un double shed. Ce dispositif original permettait d'offrir une superficie de travail dégagée de 1500 m2 baignée de lumière. Le gros oeuvre est en moellon de pierre locale (?) et les plafonds sont brique. En 1900, ces 2 larges sheds étaient d'une incontestable modernité avec leurs grandes fermes métalliques autorisant une portée de 18 m, peut-être un prototype ou un unicum dans le bassin mazamétain, voire en Languedoc.

  • Murs
    • gneiss moellon sans chaîne en pierre de taille
  • Toits
    tuile mécanique
  • Couvertures
    • shed
  • Énergies
    • énergie électrique produite sur place
  • État de conservation
    mauvais état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    charpente métallique

La charpente métallique du grand atelier constitue une réponse originale et probablement unique aux recherches qui ont cours dans les usines au tournant des 19e et 20e siècles pour élever de grands bâtiments largement éclairés. C'est un exemple exceptionnel à l'échelle du mazamétain, voire du Languedoc.

Bibliographie

  • La Revue générale illustrée, revue internationale hebdomadaire des lettres, des sciences et des arts, du commerce et de l’industrie, « La fabrique de draps Alba-La-Source et Puech », mars 1900, p. 40-43.

  • Cazals (Rémy). Les Révolutions industrielle à Mazamet 1750-1900. La Découverte-Maspéro / Privat, Paris / Toulouse, 1983.

    p. 250-252.
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025