Les bâtiments dédiés à la filature résultent de campagnes de reconstruction et de construction peu avant 1900. En effet, l'incendie de la filature à étage construite au sud du canal, survenu en 1895, est l'occasion de moderniser cette partie de l'usine. Sur l'emprise de l'ancien bâtiment, dont on conserve des pans de murs en pierre et dont la hauteur est abaissée, vient désormais prendre place un atelier en rez-de-chaussée couvert par des sheds. Ce nouvel atelier abrite 9 grandes cardes (8 en 1930).
Dans le même temps, et dans un espace contigu, un autre atelier de filature vient le compléter, au sud-ouest où la construction peut s'étendre sans contrainte. A ses débuts, il abritait 6 grands métiers automatiques à filer self-actings, totalisant 3600 broches, dont la production journalière avoisinait les 500 kg, ainsi qu'une retordeuse, 2 bobinoirs et 1 dévidoir. En 1930, il compte 4 renvideurs (500 broches), 3 renvideurs (450 broches), 1 retordeuse (200 broches), 2 bobinoirs (40 broches), le tout fonctionnant grâce à 3 moteurs électriques Oerlikon (145 HP). Actuellement sont encore visibles les fosses des grandes cardes, dont 2 sont conservées, de même qu'une retordeuse de la Société Alsacienne de construction mécaniques à 6 têtes (portant la date de 1963), 1 fileuse du constructeur Savio Winding à 32 têtes, 1 fileuse du constructeur lyonnais Verdol à 44 têtes et 1 fileuse également Verdol à 24 têtes.
L'aménagement de cette filature à la toute fin du 19e siècle peut être attribué à Armand Puech, directeur technique de l'usine et à son architecte, Jules Pheulpin. Il rend compte de leurs recherches incessantes pour moderniser l'usine, recherches nourries par les déplacements répétés d'A. Puech dans des usines récemment construites mais aussi dans les Expositions universelles européennes où il prenait connaissance des dernières innovations, aussi bien en matière d'architecture que d'équipement technique.