Dossier d’œuvre architecture IA81000403 | Réalisé par
Chabbert Roland
Chabbert Roland

Chercheur partenaire de 2002 à 2008

Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008

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  • dossier ponctuel
  • enquête thématique départementale, habitat et production sur la Communauté de communes du Carmausin-Ségala
groupe scolaire de Fontgrande ; école primaire Jean Ferrat
Œuvre étudiée
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Carmausin-Ségala
  • Commune Saint-Benoît-de-Carmaux
  • Lieu-dit Fontgrande
  • Adresse esplanade des Ecoles
  • Cadastre 2016 AK 19, 20, 131
  • Dénominations
    groupe scolaire, école primaire
  • Appellations
    Jean Ferrat
  • Autres parties constituantes
    logement, préau, coupole

Des plans généraux de la cité de Fontgrande, datés de 1924, figurent le groupe scolaire tel qu'il sera finalement élevé à partir de 1928, laissant supposer que la genèse du projet s'est faite 4 ans avant le début des travaux. Un autre projet non daté se structurait suivant la partition école des filles / école des garçons de part et d'autre de l'avenue centrale ; chacun aurait dû être établi sur un plan en L et aurait pu accueillir 225 enfants (AMC, Vi 4/42, plan 1138 D 2).

L'édifice a été élevé à partir de 1928 et est entré en fonction en octobre 1930. En effet, devant l'afflux de population, la société des Mines envisage la construction d'une école dont les communes voisines ne peuvent assumer la charge. Elle souhaitait un bâtiment moderne et fonctionnel dont la construction devait être rapide. Pour réaliser ce projet, elle fait naturellement appel à la société strasbourgeoise Zublin, un des ses fournisseurs attitrés, spécialisé dans la mise en oeuvre du béton armé et disposant d'un bureau à Toulouse. C'est donc avec ce matériau que le groupe scolaire est construit. On ignore le nom de l'architecte de l'édifice, même si celui de Georges Bovet est régulièrement cité dans les correspondances où il est présenté comme l'architecte de l'entreprise Zublin (SMC 2/838). Mais le Bureau des études de la Société des Mines de Carmaux a aussi travaillé à la conception de l'édifice, ce dont témoignent les courriers échangés entre le directeur Charles Pérès et le responsable de l'entreprise Zublin, par exemple,à propos du préau quand il écrit : "nous vous envoyons le plan du préau tel que nous le désirons" (lettre du 6 février 1929, SMC 2 / 838). Les entreprises en charge du gros-oeuvre sont basées dans le nord ou l'est de la France, mais les documents comptables attestent l'intervention d'entreprises régionales de renom comme Gesta pour le vitrage, Subes pour la ferronnerie, Mauméjean pour les mosaïques. L'horloge qui occupe le centre du fronton provient de la maison Leroy à Paris. Charles Pérès avait envisagé, au début de l'année 1931, de placer des bustes d'hommes célèbres dans les couloirs qui donnent accès aux salles de classes (qu'il appelle galeries). Un courrier au fondeur parisien Barbedienne liste une vingtaine d'historiens, scientifiques ou écrivains (SMC 2 509, courrier du 13 février 1931).

Le ministre de l'Education Nationale, Anatole de Monzie, présidera son inauguration en 1933. Le directeur de la SMC a estimé le cout de la construction à environ 5 500 000 F, en 1937. Cette même année, le groupe scolaire accueillait 523 élèves, pour 14 maîtres ou maîtresses appartenant au corps enseignant de l'inspection primaire du département du Tarn. On notera qu'en cette fin des années 1930, une salle de classe était réservée aux enfants polonais et une institutrice polonaise était affectée auprès d'eux (note de Ch. Pérès, 1937).

Le projet primitif avait installé une toiture en béton armé en terrasse, percées de pavés de verre colorés et ponctuée de coupoles rondes, dont la commande avait été passée à l'entreprise parisienne Divorne, spécialisée dans ce qui est appelé le "béton armé translucide". Mais la porosité du matériau et les infiltrations d'eau régulières à partir de 1946 entraînèrent la mise en place d'une charpente métallique avec toit à deux pentes recouvert de tuiles. C'est l'architecte départemental Henry Avizou qui conçut cette modification réalisée par l'entreprise albigeoise Limouzy, dans les années 1950. À la même époque, une convention de transfert rend la commune de Saint-Benoit-de-Carmaux propriétaire de l'école.

L'école est construite au point culminant du hameau de Fontgrande. Elle occupe une surface bâtie de 1760 m² et s'étale sur près de 110 m de long en façade. Elle est bordée au sud par l'avenue des Écoles et les clôtures de la cour de récréation ferment l'espace au nord. L'organisation générale des bâtiments se fait sur un plan en T. Les bâtiments côté avenue sont constitués d'un corps central flanqué de deux longues ailes latérales qui abritent les salles de classe légèrement en retrait. Le vaste préau est implanté perpendiculairement, à l'arrière.

Le corps central contient le hall d'entrée, une salle d'attente cloisonnée en bois et vitrée ainsi que les deux bureaux de la direction établis sur les côtés. Le hall dessert le logement du concierge, des espaces réservés à l'administration et des sanitaires. À l'arrière de ce corps central s'ouvre une petite cour formant puits de jour au centre de laquelle prend place le conduit de cheminée de la chaudière. Au nord de la cour se trouvent les locaux de la bibliothèque ainsi que des salles réservées aux enseignants pourvues de vestiaires et de sanitaires. Les aménagements sanitaires sont nombreux et plutôt spacieux dénotant un souci de confort et d'hygiène, ce que confirme leur revêtement de leurs murs en céramique blanche.

Du côté de la rue, l'accès au corps de bâtiment central se fait par un porche couvert par le balcon de l'appartement de la direction. De part et d'autre, les pavillons couverts, plus modestes, étaient réservés à l'accès des élèves : filles d'un côté, garçons de l'autre, comme l'indiquent les tables de mosaïques commandées à la maison Mauméjean. Les ailes latérales sont organisées sur un rythme de 4 travées largement percées de baies ternaires.

Le rez-de-chaussée est surélevé et implanté dans une déclivité du terrain qui permet aux salles du soubassement d'être largement éclairées. Un fossé, ménagé à l'extérieur dégage les élévations et contribue à l'éclairement et à la circulation de l'air. Un éclairement naturel complémentaire était fourni par des pavés de verre installés au sol des couloirs du rez-de-chaussée.

Les deux ailes latérales correspondaient à la partition filles / garçons. Elles adoptent la même organisation au niveau de soubassement et au rez-de-chaussée surélevé : un vaste couloir central distribuent les salles de classe réparties de part et d'autre. Leur éclairage zénithal est assuré par des verrières de béton armé et de verre coloré. À l'intersection de ce vaste couloir longitudinal et de celui qui est traversant et qui conduit à la cour sur l'arrière du bâtiment, les verrières adoptent la forme de coupoles. À l'origine, il existait six salles de classe à chaque niveau de l'aile et deux salles réservées aux vestiaires et aux lavabos, dans la partie la plus proche du corps central. Ces lavabos en ciment granito avec des robinets en laiton ont été déplacés dans les couloirs traversants, libérant ainsi de la place pour des salles de classe supplémentaires.

Les vastes salles de classe, chacune d'environ 60 m2, ouvrent sur l'extérieur par des fenêtres à guillotines et côté couloir elles prennent jour par des vitreries fixes en partie haute. Des portes à double battants, vitrées en partie haute, leur donne accès. Les salles des anciens lavabos et vestiaires sont ouvertes par trois portes de même nature, donnant chacune accès, à l'origine, à une rangée de lavabos pour une circulation efficace des élèves. Certaines salles de classe conservent du mobilier d'origine : tableaux à panneaux coulissants, estrades et horloges, mobilier de rangement, etc.

L'édifice est construit en béton armé par le système des poteaux poutres et remplissage de briques silico-calcaires. Le soubassement est constitué de grandes arcades de béton banché, dont la hauteur des banches s'observe encore. Tous les éléments de modénature sont en béton moulé.

À l'arrière, le grand préau long de 45 m et large de 27 m, est réalisé avec un voile de béton armé supporté par 6 grandes arches surbaissées et des arcs diaphragmes en béton pour soutenir la toiture débordante. Cette dernière avait été conçue pour faire fonction de solarium et de terrain de jeux. Elle était cantonnée d'une balustrade pleine en béton à remplissage de brique aujourd'hui disparue. On y accède par un escalier également en béton situé à l'extrémité du préau et contre le corps principal. La cour de récréation occupe les vastes espaces libres de part et d'autre du préau. Elle est en partie plantée de vieux robiniers faux-acacias. Sur l'arrière, elle est en surplomb de la rue qui longe l'établissement. Un mur de soutènement surmonté d'un grillage isole les élèves de la voie publique.

Au sous-sol étaient établies quatre chaudières à gaz pour le chauffage central à circulation d'eau chaude (le gaz provenait de la cokerie appartenant à la Compagnie Générale Industrielle), les caves et dépendances pour le directeur et le concierge. Le sous-sol communique avec l'extérieur par un tunnel passant sous le préau et par lequel passent les conduites d'eau de gaz et d'électricité. Selon Charles Pérès, "il permettait aussi d'introduire des approvisionnements et matériaux divers, et aussi l'évacuation des ordures ménagères" (note de Ch. Pérès, 1937).

On trouve également devant l'école et dans le village de Saint-Benoit-de-Carmaux des pots pour arbustes en ciment ornés de mosaïques colorées qui agrémentaient à l'origine les vastes couloirs centraux.

La Société des mines de Carmaux a inscrit ses initiales en façade, dans les ferronneries des portes principales.

  • Murs
    • béton béton armé
    • brique
  • Toits
    ciment en couverture, tuile
  • Étages
    étage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    inscrit MH, 2016/12/06
  • Précisions sur la protection

    En totalité, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté, les parties bâties et non bâties du groupe scolaire (cad. AH 18, 19, 20, 131) : inscription par arrêté du 6 décembre 2016.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Note datée du 22 décembre 1937 du directeur de la Société des Mines, Charles Pérès, au préfet du Département du Tarn, concernant les récentes réalisations de la SMC dans le domaine social, en particulier le hameau de Fontgrande avec le groupe scolaire, l'hôpital, le parc du Pré-grand, le parc du Candou et le terrain de sport, copie d'un original non localisé envoyé au CAUE du Tarn en 2016.

    inconnu
  • Archives départementales du Tarn/Archives municipales de Carmaux. Fonds de la Société des Mines de Carmaux. SMC 2 509, fournisseur Barbedienne, fondeur.

    Archives municipales de Carmaux : SMC 2 509
    courrier de Ch. Pérès à G. Leblanc-Barbedienne daté du 13 février 1931.
  • Archives départementale sud Tarn / Archives municipales de Carmaux. Fonds de la Société des Mines de Carmaux, SMC 2 / 838, fournisseur S.A. des anciens établissements Ed. Zublin et Cie.

    Archives municipales de Carmaux : SMC 2 / 838

Documents multimédia

  • Musée mine départemental, Cagnac-les-Mines. Fonds photographique Aimé Malphettes.

    Musée mine départemental, Cagnac-les-Mines
    clichés n° 2009.06.01.1184 ; 2009.06.01.1185 ; 2009.06.01.1186 ; 2009.06.01.1188 ; 2009.06.01.1191 ; 2009.06.01.1193 ; 2009.06.01.1196 ; 2009.06.01.1199 ; 2009.06.01.1236 ; 2009.06.01.1237 ; 2009.06.01.1238 ; 2009.06.01.1239 ; 2009.06.01.1242 ; 2009.06.01.1243
Date(s) d'enquête : 2016; Date(s) de rédaction : 2020, 2024
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Conseil départemental du Tarn
(c) CAUE du Tarn
Chabbert Roland
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