Des plans généraux de la cité de Fontgrande, datés de 1924, figurent le groupe scolaire tel qu'il sera finalement élevé à partir de 1928, laissant supposer que la genèse du projet s'est faite 4 ans avant le début des travaux. Un autre projet non daté se structurait suivant la partition école des filles / école des garçons de part et d'autre de l'avenue centrale ; chacun aurait dû être établi sur un plan en L et aurait pu accueillir 225 enfants (AMC, Vi 4/42, plan 1138 D 2).
L'édifice a été élevé à partir de 1928 et est entré en fonction en octobre 1930. En effet, devant l'afflux de population, la société des Mines envisage la construction d'une école dont les communes voisines ne peuvent assumer la charge. Elle souhaitait un bâtiment moderne et fonctionnel dont la construction devait être rapide. Pour réaliser ce projet, elle fait naturellement appel à la société strasbourgeoise Zublin, un des ses fournisseurs attitrés, spécialisé dans la mise en oeuvre du béton armé et disposant d'un bureau à Toulouse. C'est donc avec ce matériau que le groupe scolaire est construit. On ignore le nom de l'architecte de l'édifice, même si celui de Georges Bovet est régulièrement cité dans les correspondances où il est présenté comme l'architecte de l'entreprise Zublin (SMC 2/838). Mais le Bureau des études de la Société des Mines de Carmaux a aussi travaillé à la conception de l'édifice, ce dont témoignent les courriers échangés entre le directeur Charles Pérès et le responsable de l'entreprise Zublin, par exemple,à propos du préau quand il écrit : "nous vous envoyons le plan du préau tel que nous le désirons" (lettre du 6 février 1929, SMC 2 / 838). Les entreprises en charge du gros-oeuvre sont basées dans le nord ou l'est de la France, mais les documents comptables attestent l'intervention d'entreprises régionales de renom comme Gesta pour le vitrage, Subes pour la ferronnerie, Mauméjean pour les mosaïques. L'horloge qui occupe le centre du fronton provient de la maison Leroy à Paris. Charles Pérès avait envisagé, au début de l'année 1931, de placer des bustes d'hommes célèbres dans les couloirs qui donnent accès aux salles de classes (qu'il appelle galeries). Un courrier au fondeur parisien Barbedienne liste une vingtaine d'historiens, scientifiques ou écrivains (SMC 2 509, courrier du 13 février 1931).
Le ministre de l'Education Nationale, Anatole de Monzie, présidera son inauguration en 1933. Le directeur de la SMC a estimé le cout de la construction à environ 5 500 000 F, en 1937. Cette même année, le groupe scolaire accueillait 523 élèves, pour 14 maîtres ou maîtresses appartenant au corps enseignant de l'inspection primaire du département du Tarn. On notera qu'en cette fin des années 1930, une salle de classe était réservée aux enfants polonais et une institutrice polonaise était affectée auprès d'eux (note de Ch. Pérès, 1937).
Le projet primitif avait installé une toiture en béton armé en terrasse, percées de pavés de verre colorés et ponctuée de coupoles rondes, dont la commande avait été passée à l'entreprise parisienne Divorne, spécialisée dans ce qui est appelé le "béton armé translucide". Mais la porosité du matériau et les infiltrations d'eau régulières à partir de 1946 entraînèrent la mise en place d'une charpente métallique avec toit à deux pentes recouvert de tuiles. C'est l'architecte départemental Henry Avizou qui conçut cette modification réalisée par l'entreprise albigeoise Limouzy, dans les années 1950. À la même époque, une convention de transfert rend la commune de Saint-Benoit-de-Carmaux propriétaire de l'école.
Chercheur partenaire de 2002 à 2008
Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008