• enquête thématique régionale
  • enquête thématique départementale, habitat et production sur la Communauté de communes du Carmausin-Ségala
jardin d'agrément du château de la Verrerie, actuellement jardin public du domaine de la Verrerie
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Carmausin-Ségala - Carmaux-1 Le Ségala
  • Hydrographies ruisseau de la Verrerie ou du Merdialou
  • Commune Blaye-les-Mines
  • Lieu-dit la Verrerie
  • Cadastre 2022 B 168 à 175 ; 1645, 2360, 2362, 1759, 1761, 1763, 1762, 1764, 2363, 2364, 3828, 3834

Le château élevé par Gabriel de Solages autour du milieu du 18e siècle disposait d'un jardin régulier dont l'organisation est connue par un plan dressé autour de 1769. Les tracés figurés correspondent avec ce que la vue cavalière de la seconde moitié du 18e siècle représente aussi. Les jardins s'étendaient à l'est du château, dominés par la terrasse. Les trois espaces principaux étaient cloisonnés par de hauts murs. L'espace central, qui se déployait devant la terrasse et dans l'axe de l'entrée du château, était orné de deux carrés de pelouse, entourés d'orangers en pots. Au sud-est, en lien avec les dépendances du château, le potager était divisé en quartiers. On note la présence de deux tonnelles aux angles sud sur la vue cavalière. Au nord, le troisième espace que l'on devine plus privatif que les deux autres, devait être réservé à l'usage de la famille de Solages. Une allée plantée faisait le lien entre le jardin et l'extérieur.

Une orangerie pour la famille de Solages est mentionnée sur le site au moins à partir de 1813 ; elle se trouvait d'abord au sud-ouest de la verrerie, associée aux écuries de la mine. Mathias Chassignet, directeur de la verrerie, en parle en ces terme au vicomte dans un courrier daté du 15 avril 1813 donnant plusieurs informations sur l'entretien du jardin à cette période : " Nous venons d’achever la conduite des eaux de la fontaine à la nouvelle latrine, nous faisons dans ce moment le pavé auprès de langes ( ?) (l’angle ? ) ; depuis que la machine à feu est rétablie, l’eau n’a pas manqué à la fontaine ; vos orangers se sont très bien portés dans la nouvelle orangerie cet hiver, ils sont tous très vigoureux ainsi que les autres plantes ; votre jardinier a considérablement planté ce printemps, la pépinière est faite dans le champ à côté du grand pré, sans doute qu’il aura semé les graines que mon fils a apporté avec lui de la Savoie et qu’il a remis à votre jardinier à son arrivée" (AMC, 1ETP 13, Cahiers de M. Chassignet).

Le grand cèdre du Liban conservé sur le site, en dehors de l'emprise du jardin régulier, laisse supposer que des espaces plus naturels avaient aussi été aménagés autour du jardin régulier, au début du 19e siècle, date probable de la plantation du grand cèdre (autour de 1800-1820).

Un parc de style paysager a été aménagé à la suite de la reconstruction du château, à la fin des années 1830 ou au cours de la décennie suivante. Des carnets de dessins d'Achille de Solages, datables de ces mêmes années, témoignent d'un état antérieur à l'aménagement de l'étang sur le cours du ruisseau de la Verrerie (collection particulière). Lors de la succession de Blanche de Bertier de Sauvigny, veuve d'Hippolyte de Solages en septembre 1838, il est bien précisé qu'elle lègue le "château, parc, jardin et terres de la Verrerie" à son fils Achille (ADT, 1 Mi 55, carton 33, doc. 8).

Les travaux d'aménagement des dépendances, à l'ouest du château, en partie sur l'emprise de la verrerie (orangerie à la place des fours verriers, écuries, sellerie, remises, étables et autres implantées en limite de parcelle sur un plan en V), autour de 1865, par Achille de Solages et son épouse Alix de Bertier de Sauvigny, témoignent aussi de changements importants apportés au domaine dans le troisième quart du 19e siècle.

Les photographies de Paul de Solages, fils d'Achille, datées de 1875, témoignent de l'existence d'un jardin paysager déjà épanoui. Des photographies familiales du tout début du 20e siècle permettent de se faire une idée de la façon dont la famille de Solages profitait du jardin : chasse, déplacements à cheval ou en carriole, canotage sur le lac, repos à l'extérieur, patinage sur l'étang, etc.

Un plan de 1942 (AMC, dossier H 7) montre le domaine de la Verrerie constitué d'un seul tenant et sur un peu plus d'une centaine d'hectares. Sur le point le plus haut, la ferme de l'Imbertarié, rebâtie par la famille de Solages, disposait d'une tour d'observation permettant d'appréhender le domaine du regard.

Aujourd'hui, le jardin est diminué, le collège et le lycée Michel Aucouturier ayant été construits dans toute la partie sud dans les années 1960 et 1980. Propriété de la Communauté de communes du Carmausin-Ségala, le jardin est ouvert au public.

Le grand cèdre du Liban est répertorié comme arbre remarquable par l'Association Arbres et Paysages du Tarn.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 18e siècle
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Principale : 1er quart 20e siècle

Le tracé du jardin paysager peut être appréhendé grâce au plan d'ensemble du domaine de la Verrerie dressé tardivement, en 1942, et grâce à une série de photographies prises par le fils d'Achille de Solages, Paul de Solages (1838-1907), à la fin des années 1870 et au début de la décennie suivante (collection particulière de la famille de Solages).

On peut ainsi identifier au moins quatre grandes parties qui ont structuré le jardin. La "grande pelouse", en pente au pied du château, était à l'origine parcourue par des allées qui invitaient à la promenade. Elle est encore aujourd'hui bordée de quelques essences remarquables comme le séquoia ou le magnolia grandi flora. Ce vaste espace met en évidence l'étang artificiel que l'on pouvait apprécier depuis le château et qui servait aussi de miroir d'eau à la demeure familiale. L'étang est aménagé sur un ancien puits de mine et se trouve sur le ruisseau de la Verrerie. L'île est accessible par une passerelle métallique avec tablier en bois. Elle porte la marque du fabricant : les ateliers métalliques Saint-Eloi à Toulouse. Sur le plan de 1942, les cheminements se poursuivaient sur l'île et en faisaient le tour. On y trouve encore une riche variété d'essences : cyprès chauve, charme, chêne, tilleul, pin, hêtre pourpre, frêne, aulne glutineux, peuplier blanc. Au sud de l'étang, la "grande prairie", qui offrait un caractère bucolique, s'étend tout en longueur de part et d'autre du ruisseau de la Verrerie. Bordée d'arbres, elle ménage un point de vue sur le grand cèdre du Liban. Enfin, le "Bois du parc", d'une superficie d'environ 9 hectares en 1942 est établi sur une éminence. Il offrait une atmosphère sombre et fraîche. Il est encore aujourd'hui traversé d'allées sinueuses que l'on voit sur le plan de 1942. A l'origine, elles se croisaient et on y trouvait deux mares (seule la plus au nord subsiste) et des arbres isolés. L'étendue du bois laisse entendre qu'on le traversait plutôt à cheval. Sa partie orientale a été tronquée par l'établissement du lycée à la fin du 20e siècle.

Les carnets à dessins d'Achille et les photographies de son fils Paul permettent de connaître l'existence de petites fabriques de jardin qui agrémentaient les grands espaces précédemment décrits et qui constituaient des buts de promenade et de repos dans le jardin. Un "chalet" associé à un petit pont de bois se trouvait le long du ruisseau de la Verrerie, dans la grande prairie (emplacement attesté par un plan du 20e siècle). Un "ermitage" de jardin se trouvait en limite du bois du parc. Un kiosque rustique, pouvait peut-être être localisé en partie haute du Bois du parc, dominant le vallon. Une glacière, édicule à vocation utilitaire, existait aussi à l'ouest du grand cèdre du Liban, aménagée dans un talus. La cuve souterraine de stockage de la glace est conservée.

On peut se demander si l'idée qui a présidé à cet aménagement du jardin de l'industriel Achille de Solages n'est pas celle du retour à la nature, avec une volonté de rendre à cette zone perturbée par les industries de la mine et de la verrerie une sorte d'intégrité première. Ce goût pour une nature retrouvée était incarné par les fabriques construites en matériaux non pérennes, qui conféraient un caractère spécifique à chacune des parties. On notera enfin que le grand cèdre du Liban, se trouve ainsi à l'articulation des quatre grandes entités du jardin. La référence esthétique qui a prévalu était plus proche du paysage que du jardin.

La route qui passait immédiatement au nord du château a été déplacée suivant son tracé actuel en 1918 (AMC, 53 J 230).

  • Plans
    jardin irrégulier
  • Élévations extérieures
    jardin en pente
  • Jardins
    arbre isolé, bois de jardin
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    orangerie, pont de jardin, jardin d'agrément
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Documents d'archives

  • Archives départementales du Tarn. Archives de Solages microfilmées. 1 Mi 55 carton 33 bobine 108, n° 8. Succession de Blanche de Bertier, veuve d'Hippolyte de Solages, habitante de Toulouse, en date du 17 septembre 1838, devant Biscons, notaire de Monestiès.

    Archives départementales du Tarn : 1 Mi 55 carton 33 bobine 108, n° 8.

Documents figurés

  • Collection particulière. Albums photographiques familiaux réalisés par Paul de Solages dans les années 1870-1880.

    Collection particulière
  • Collection particulière. Carnets à dessins d'Achille de Solages, carnet du jardin de la Verrerie, vers 1830-1840.

    collection particulière
  • Archives municipales de Carmaux. 1 Z 57, Album photographique de la famille de Solages, 1911.

    Archives municipales de Carmaux : 1 Z 57
  • Archives municipales de Carmaux. Fonds de la Société des Houillères du Bassin d'Aquitaine, H 7 06. Plan du ruisseau de la Verrerie alimentant l'étang, daté de mars 1935.

    Archives municipales de Carmaux : Fonds de la Société des Houillères du Bassin d'Aquitaine, H 7 06
  • Archives municipales de Carmaux. Fonds des Houillères du Bassin d'Aquitaine, H 7 09. Domaine de la Verrerie, plan au 1/2000, par T. Fratnik, Carmaux 28 septembre 1942.

    Archives municipales de Carmaux. : H 7 09
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2023