Le château élevé par Gabriel de Solages autour du milieu du 18e siècle disposait d'un jardin régulier dont l'organisation est connue par un plan dressé autour de 1769. Les tracés figurés correspondent avec ce que la vue cavalière de la seconde moitié du 18e siècle représente aussi. Les jardins s'étendaient à l'est du château, dominés par la terrasse. Les trois espaces principaux étaient cloisonnés par de hauts murs. L'espace central, qui se déployait devant la terrasse et dans l'axe de l'entrée du château, était orné de deux carrés de pelouse, entourés d'orangers en pots. Au sud-est, en lien avec les dépendances du château, le potager était divisé en quartiers. On note la présence de deux tonnelles aux angles sud sur la vue cavalière. Au nord, le troisième espace que l'on devine plus privatif que les deux autres, devait être réservé à l'usage de la famille de Solages. Une allée plantée faisait le lien entre le jardin et l'extérieur.
Une orangerie pour la famille de Solages est mentionnée sur le site au moins à partir de 1813 ; elle se trouvait d'abord au sud-ouest de la verrerie, associée aux écuries de la mine. Mathias Chassignet, directeur de la verrerie, en parle en ces terme au vicomte dans un courrier daté du 15 avril 1813 donnant plusieurs informations sur l'entretien du jardin à cette période : " Nous venons d’achever la conduite des eaux de la fontaine à la nouvelle latrine, nous faisons dans ce moment le pavé auprès de langes ( ?) (l’angle ? ) ; depuis que la machine à feu est rétablie, l’eau n’a pas manqué à la fontaine ; vos orangers se sont très bien portés dans la nouvelle orangerie cet hiver, ils sont tous très vigoureux ainsi que les autres plantes ; votre jardinier a considérablement planté ce printemps, la pépinière est faite dans le champ à côté du grand pré, sans doute qu’il aura semé les graines que mon fils a apporté avec lui de la Savoie et qu’il a remis à votre jardinier à son arrivée" (AMC, 1ETP 13, Cahiers de M. Chassignet).
Le grand cèdre du Liban conservé sur le site, en dehors de l'emprise du jardin régulier, laisse supposer que des espaces plus naturels avaient aussi été aménagés autour du jardin régulier, au début du 19e siècle, date probable de la plantation du grand cèdre (autour de 1800-1820).
Un parc de style paysager a été aménagé à la suite de la reconstruction du château, à la fin des années 1830 ou au cours de la décennie suivante. Des carnets de dessins d'Achille de Solages, datables de ces mêmes années, témoignent d'un état antérieur à l'aménagement de l'étang sur le cours du ruisseau de la Verrerie (collection particulière). Lors de la succession de Blanche de Bertier de Sauvigny, veuve d'Hippolyte de Solages en septembre 1838, il est bien précisé qu'elle lègue le "château, parc, jardin et terres de la Verrerie" à son fils Achille (ADT, 1 Mi 55, carton 33, doc. 8).
Les travaux d'aménagement des dépendances, à l'ouest du château, en partie sur l'emprise de la verrerie (orangerie à la place des fours verriers, écuries, sellerie, remises, étables et autres implantées en limite de parcelle sur un plan en V), autour de 1865, par Achille de Solages et son épouse Alix de Bertier de Sauvigny, témoignent aussi de changements importants apportés au domaine dans le troisième quart du 19e siècle.
Les photographies de Paul de Solages, fils d'Achille, datées de 1875, témoignent de l'existence d'un jardin paysager déjà épanoui. Des photographies familiales du tout début du 20e siècle permettent de se faire une idée de la façon dont la famille de Solages profitait du jardin : chasse, déplacements à cheval ou en carriole, canotage sur le lac, repos à l'extérieur, patinage sur l'étang, etc.
Un plan de 1942 (AMC, dossier H 7) montre le domaine de la Verrerie constitué d'un seul tenant et sur un peu plus d'une centaine d'hectares. Sur le point le plus haut, la ferme de l'Imbertarié, rebâtie par la famille de Solages, disposait d'une tour d'observation permettant d'appréhender le domaine du regard.
Aujourd'hui, le jardin est diminué, le collège et le lycée Michel Aucouturier ayant été construits dans toute la partie sud dans les années 1960 et 1980. Propriété de la Communauté de communes du Carmausin-Ségala, le jardin est ouvert au public.
Le grand cèdre du Liban est répertorié comme arbre remarquable par l'Association Arbres et Paysages du Tarn.