• patrimoine industriel
  • dossier ponctuel
  • enquête thématique départementale, habitat et production sur la Communauté de communes du Carmausin-Ségala
ancienne cité-jardin du Breuil
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Carmausin-Ségala - Albi
  • Commune Albi
  • Lieu-dit le Breuil
  • Adresse avenue du Breuil , rue des Frères Cahuzac , rue du Garric , avenue Alex-Cahuzac , rue de la Nougarède , rue Paul-Péret , impasse Paul-Péret
  • Cadastre 2016 AZ 21 à 68, 72 à 81, 158 à 161, 483, 485, 487, 489, 491, 493, 495, 497, 552, 596, 9 à 16, BD 88 à 115, 118 à 130
  • Dénominations
    cité jardin
  • Appellations
    du Breuil
  • Destinations
    maisons
  • Autres parties constituantes
    jardin, lavoir

La cité-jardin a été aménagée par la Société des mines d'Albi au début des années 1920 pour loger les ouvriers de la Centrale de Pélissier, voisine, ou ceux des puits d'extraction de Cagnac-les-Mines, à quelques kilomètres de là.

Les avant-projets sont datés de novembre 1923 et les plans définitifs de l'année suivante (archives de la Société Néolia devenue Société 3F Occitanie). La même année, la SMA s'est attachée à faire l'acquisition des terrains aux divers propriétaires et elle dispose alors d'un vaste ensemble de parcelles contiguës (plan du 14 nov. 1923) où il n'existe que quelques maisons d'habitation ou fermes. La conception de la cité-jardin pourrait être attribuée à Léon Daures, architecte départemental et beau-frère du directeur de la SMA, Paul Péret. En effet, ce maître d'oeuvre a conçu les bureaux de l'entreprise et de l'habitat pour la SMA. Mais des plans de la cité-jardin signés de sa main ne sont pas connus. Quelques plans de maisons ouvrières à quatre logements, proches de celles du Breuil, sont conservés dans son fonds d'archives (ADT, 143 J 74). L'entreprise qui a réalisé les travaux est celle de Campenon, Bernard et Cie, ingénieurs constructeurs. Installés 22 rue de l'Arcade à Paris et disposant aussi d'une succursale à Albi (entreprise fondée à Albi). Ils ont travaillé à d'autres projets de construction pour la SMA, en collaboration avec Léon Daures.

Le projet d'origine prévoyait que la cité-jardin s'étende sur 40 hectares et compte cent maisons de quatre logements chacune (délibération du CM d'Albi du 10 juin 1924). Seules 28 maisons seront finalement construites, soit environ un quart du programme initial seulement. L'essentiel de ce qui a été construit date de 1924, année qui voit la construction des 25 maisons prévues pour la première tranche de travaux.

Trois maisons supplémentaires sont venues compléter le programme en 1938 (1 ETP 2/465, plan n° 7123). Elles ont été construites par l'entrepreneur albigeois Benjamin Durand (7 rue Séré de Rivières).

L'extension à l'est, autour de la rue Paul-Péret, s'est faite tardivement, s'inspirant du projet d'origine. Un plan d'ensemble de la cité (fond de plan daté de 1927) montre différents projets d'implantation de cette rue réalisés en retombes datées de 1939 (AMC, 1 ETP 2 115, projet de lotissement de 1939, plan n° 5053). Pourtant, la construction de ces maisons d'employés est un projet de la SMA daté de mars 1946. La réalisation en incombe par la suite aux Houillères du bassin d'Aquitaine, à la suite de la nationalisation (plan n° 7860 du 28 mars 1946 et Projet d'extension en perspective, du 25 mars 1947).

Implantation et organisation générale de la cité-jardin

La cité-jardin est implantée rive droite, à l’ouest de la route d’Albi à Carmaux (ancienne RN 88, actuelle avenue Albert-Thomas), et à l'est et la voie ferrée, non loin de la Centrale à charbon de Pélissier. Le plan d'ensemble d'origine qui prévoyait une centaine de maisons, se structure le long de l'avenue principale du Breuil d'orientation nord et sud et de deux voies parallèles de part et d'autre, actuelles rues des frères Cahuzac et du Garric. Le projet montre que l'avenue Alex-Cahuzac (à l'origine l'avenue de Mazicou), qui coupe l'avenue du Breuil en formant un vaste rond-point, aurait dû servir d'axe de développement à l'est pour une autre partie de la cité où quatre voies parallèles à cette avenue devaient être tracées. Toute cette partie ne sera finalement jamais aménagée ; seule les maisons de la rue Paul-Péret sont construites.

Les voies larges et rectilignes qui traversent la cité-jardin participent de la conception d'origine. Elles sont bordées de trottoirs de chaque côté et elles étaient initialement recouvertes de pierre et de mâchefer concassé en provenance de la centrale à charbon ou de macadam pour l'avenue du Breuil seulement.

Le modèle accorde une large place aux jardins, clôturés par des petits poteaux de béton armé, et recouvrant plusieurs centaines de mètres carrés chacun. Les carrefours forment dès l'origine des ronds-points le long desquels des murets de brique marquent la limite des jardins.

Organisation de l'habitat

Les maisons, qui abritent chacune quatre logements, présentent l'originalité d'être alignées en cœur d'îlot, les jardins se trouvant ainsi sur la rue. Elles sont reliées entre elles par les dépendances associées, formant ainsi une continuité bâtie parallèle aux voies. C'est donc le modèle du "carré Mulhousien" (une maison à quatre logements) qui a été retenu, modèle datant des années 1850 et souvent retenu encore au début du 20e siècle.

Trois plans-types de maisons alternent. Le modèle A, de plain-pied, est le plus petit, avec deux pièces : la salle commune, lieu de vie de la famille, et une seule chambre. La souillarde, ou petite cuisine, constitue une annexe de la cour communiquant avec la salle commune. Les deux autres plans-types sont à étage. Le modèle B est à façade sur pignon et le C présente le mur gouttereau côté rue et deux demi-croupes sur le toit à longs pans. Ces deux modèles sont des trois pièces, une salle commune en rez-de-chaussée, qui intègre la souillarde, et deux chambres à l'étage. Toutes disposent d'annexes organisées autour d'une petite cour, elle même recouverte de mâchefer : WC, cave, soute à charbon, écurie, clapier, poulailler et appentis ou souillarde, selon le modèle. Les plans n'intégraient pas de salle de bain.

Le modèle A est le plus utilisé avec 13 maisons construites pour la campagne de 1924. Ces dernières alternent une fois sur deux avec une maison de type B puis de type C, avec pour chaque type 6 maisons. Les trois maisons ajoutée en 1938 reprennent les modèles établis 14 ans plus tôt. Il s'agit de deux maisons de type A qui alternent avec une maison de type B (AMC, 1 ETP 2 465, plan 7123).

Les maisons d'employés de la rue Paul-Péret établies en retrait de la rue sont des maisons jumelles de plain-pied ou à étage. Couvertes par des toits à longs ou à croupes. Les entrées sont protégées par de petits porches en bois recouverts de tuiles plates, comme la toiture.

Les matériaux de construction

Pour la première campagne de construction le devis prévoyait les matériaux suivants. Pour les murs extérieurs, le béton de mâchefer banché, stabilisé avec de la chaux tandis que les cloisons intérieures devaient être en agglomérés de mâchefer de 11 cm au rez-de-chaussée et en brique creuse de 6 cm à l'étage. Les murs des dépendances devaient aussi être en bloc de mâchefer (de 22 cm d'épaisseur). Les linteaux devaient être en béton de gravier et les appuis en béton de ciment moulé. Dans la salle commune et la souillarde, les sols devaient être en carreaux de terre cuite tandis que les chambres devaient disposer de planchers. Les couvertures devaient être en tuile mécanique. Les escaliers intérieurs des modèles B et C devaient être en chêne et en sapin. Des contrevents ferment les fenêtres.

Les maisons de la seconde campagne de travaux, 1938, devaient être en maçonnerie de moellons bruts, sur des fondations de béton de gravier et les cloisonnements intérieurs en bloc de béton et de chaux (AMC, 1 EPT 2 276, bordereau de prix des travaux de 1938 établi par la SMA).

Le prix de revient pour un logement a été estimé à 18 600 F pour le type A, 22900 F pour le B et 23200 F pour le C (1 ETP 2/276, Lettre du directeur Paul Péret à Campenon et Bernard du 24 avril 1924).

Eau, gaz et électricité

Dès l'origine, l'eau potable, l'électricité et le gaz ont été ceux de la ville, tandis que la SMA avait mis à disposition de l'eau non potable en provenance des réservoirs des usines de Pélissier (AMC, 1 ETP 2 276, lettre du directeur de la SMA au maire d'Albi datée du 19 mars 1924).

  • Couvertures
    • toit à longs pans

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G
  • NOTB_S Archives de la Société Néolia, projets aquarellés et en couleur signés de Campenon, Bernard et Cie, novembre 1923 et plans signés des mêmes datés de 1924.
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVD81_SSERVANT
  • VALID accessible au grand public ; non validée
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Archives départementales du Tarn / Archives municipales de Carmaux. Fonds de la Société des mines d'Albi. Cités ouvrières. 1ETP 2 /276.

    Deux photographies en noir et blanc de la cité du Breuil, 26 octobre 1925, photographe G. Aillaud, Albi.

    Dossier A demandes d'autorisations (1924-1939)

    Extrait du registre des délibérations du conseil municipal d’Albi, séance 29 mai 1924.

    Bulletin municipal de la ville d’Albi, 10 juin 1924, n° 138.

    Plan cadastral du Breuil montrant en rose les terrains acquis par la Société des mines d'Albi au 14 novembre 1923. Idem à la date du 12 janvier 1924.

    Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, Plan d'ensemble de la cité et voirie (programme 1924) daté du 5 décembre.

    Lettre de Jarrige, directeur de l'exploitation au maire d'Albi datée du 19 mars 1924.

    Dossier B habitations (1924-1927)

    Lettre du directeur de la Société des mines d'Albi, Paul Péret, à l'entreprise Campenon et Bernard pour la construction de la première tranche de travaux de construction de la cité ouvrière du Breuil, 24 avril 1924, soit 25 maisons à quatre logements.

    Campenon, Bernard et Cie, entreprise générale de tous travaux, agence d'Albi, le 16 juin 1924, notice descriptive du projet d'habitation à quatre logements de 2 et 3 pièces pour la cité du Breuil.

    Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, Projet de prolongement de l'avenue principale, plan n° 4581, fait à Pélissier le 22 janvier 1926.

    Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, projet de maison type A avec coopérative, plan daté du 24 décembre 1927.

    Dossier C assainissement (1924-1931)

    Cité ouvrière du Breuil, adduction d'eau potable et non potable, plan d'ensemble, 13 septembre 1933, plan n° 5054.

    Programme de construction du Breuil en 1938

    Lettre de Benjamin Durand, entrepreneur 7 rue Séré de Rivières Albi, au directeur de la SMA, datée du 26 mars 1938 confirmant son accord pour la construction de 3 maisons à la cité du Breuil.

    Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, plan d'ensemble au 1/2500e, projet de construction de 3 maisons en 1938, daté du 9 février 1938, plan n°4818.

    Bordereau des prix des travaux établis par la SMA pour la cité ouvrière du Breuil, construction de trois maisons avec dépendances : 12 logements programme 1938, et voirie, clôtures, eau assainissement, programme 1938, 30 mars 1938.

    Projet d'extension de 1946-1947

    Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, projet d'extension, plan d'ensemble n° 7860 daté du 28 mars 1946.

    Houillères d'Aquitaine, Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, projet d'extension, perspective, 25 mars 1947.

    Archives municipales de Carmaux : 1ETP 2 276
  • Archives départementales du Tarn / Archives municipales de Carmaux. Fonds de la Société des Mines d'Albi, Domaine, Constructions et aménagements, 1 ETP 2 115, Cité-jardin du Breuil à Albi (1924-1939).

    Mines d'Albi, lotissement du Breuil, projet de lotissement 1939, fond de plan daté du 25 février 1927, plan n° 5053 (avec retombes montrant différents projets d'implantation de la rue et des maisons).

    Archives municipales de Carmaux : 1 ETP 2 115
  • Archives départementales du Tarn / Archives municipales de Carmaux. Fonds de la Société des mines d'Albi. ETP 2 465. Deuxième série de plans.

    n° 7123. Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, programme 1938. Raccordement de la rue de la Nogarède, plan et profil en long. daté du 9 juin 1938 et visé par le Bureau des études.

    n° 7860. Mines d'Albi, cité ouvrière du Breuil, projet d'extension, plan d'ensemble daté du 28 mars 1946, et visé par le Bureau des études.

    Archives municipales de Carmaux : 1 ETP 2/465
  • Archives départementales du Tarn. Archives privées, Fonds de l'architecte Léon Daures, 143 J 70 à 74. Logement pour le personnel de la Société des mines d'Albi, 1920-1921.

    Archives départementales du Tarn : 143 J 70 à 74

Bibliographie

  • Le Breuil, à la découverte du passé minier, ville d'Albi, 35 p., sans date.

Date(s) d'enquête : 1997; Date(s) de rédaction : 1997, 2017, 2025