Les sites sont nombreux où l'église paroissiale, plus ancienne, est éloignée du castrum (J. Lartigaut, 1990). A Vers, l'église Saint-Cyprien, donnée à la cathédrale de Cahors en 945 (E. Albe, 2005, p. 323 ; voir aussi M. Aussel, 1989), se trouvait à 3 km. Elle a disparu pendant la guerre de Cent ans ou peu après (E. Albe, 2005, p. 327) alors qu'une nouvelle église était bâtie dans le bourg, elle-même ayant été entièrement reconstruite dans les années 1870 à peu près au même emplacement. Le souvenir s'en est maintenu avec le hameau de Saint-Cyprien, entre Vers et Saint-Géry. Elle avait pour annexe l'église Notre-Dame ou Saint-Etienne de Velles (E. Albe, 2005, p. 325, 326), à 1 km en aval du bourg, qui conserve encore des parties de la fin du 12e siècle.
Dans la mouvance des comtes de Toulouse puis des rois de France, Vers est devenu le siège d'une baylie dont le ressort fait partie des revenus assignés au roi d'Angleterre en 1287, avec les justices haute et basse de la "villa" de Vers (L. d'Alauzier, 1967). Les seigneurs directs n'apparaissent pas avant les années 1250, avec peut-être en premier lieu une dame de Vers mariée à un Vassal coseigneur de Vers, et décédée avant 1276 (J.-B. de Courcelles, 1825, p. 14), qui pourrait être la Raymonde de Vers dont l'héritage est donné par son fils Guillaume de Vers à un Cardaillac en 1278 (E. Albe, 2005, p. 327). Un G. de Vers est qualifié de chevalier en 1293 (E. Albe, 2005, p. 327) et en 1315 un Bertrand de Vers est coseigneur de Vers aux côtés d'un Bertrand de Vassal et d'un Aimeric de Velles (J.-B. de Courcelles, 1825, p. 14 ; E. Albe, 2005, p. 328). Le roi de France est resté seigneur éminent puisqu'il donne la seigneurie avec cent livres de rente sa vie durant à Hugues de Cardaillac, seigneur de Bioule, en 1347, puis la justice de Vers à Ratier de Belfort en 1369 (E. Albe, 2005, p. 327). La transaction passée avec les coseigneurs en 1315 nous apprends qu'entre temps la justice a été exercée au nom du roi par les consuls, dont c'est la seule mention connue avant 1476, date à laquelle ils accensent la boucherie (J. Lartigaut, 1978).
Si nous ne sommes que très peu renseignés sur la communauté, les archives fournissent en revanche quelques indications sur les édifices : le fossé de la "villa" en 1331, et le mur près du Lot en 1373, une maison confrontant avec la tour de noble Raymond de Vassal en 1371, une autre au barry en 1365, les deux moulins, tout proches du bourg, de Guillaume de Salvanhic et Bertrand de Vassal en 1315, et peut-être une (autre ?) tour ayant appartenu à Pierre de Vers en 1373, et la "porte del castel" (E. Albe, 2005, p. 329, 331).
Pendant la guerre de Cent ans, Vers, qui n'est qu'à 15 km de Cahors, fait partie de ces places dont la maîtrise est importante pour la sécurité de la ville. En 1370, le bourg souffre des incursions des Anglais, mais résiste grâce à la garnison du château "très fortifié", "situé au bord de la rivière et entouré d'un grand fossé rempli d'eau" ; en 1374, les consuls de Cahors choisissent cependant de le démolir, avec ceux de Cours et de Galessie, pour qu'ils ne puissent servir de bases aux opérations des compagnies (G. Lacoste, 1885). En 1447, on peine à retrouver d'anciens habitants de Velles, de Vers et de Saint-Cyprien qui sont restés longtemps inhabités (J. Lartigaut, 1978).