Dossier d’œuvre architecture IA46101922 | Réalisé par
  • enquête thématique départementale, inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale
village
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lot - Causse et Vallées
  • Commune Saint Géry-Vers
  • Lieu-dit Vers
  • Cadastre 1841 D1, E2  ; 2019 D
  • Précisions commune fusionnée après inventaire  ; autrefois sur commune de Vers

Les sites sont nombreux où l'église paroissiale, plus ancienne, est éloignée du castrum (J. Lartigaut, 1990). A Vers, l'église Saint-Cyprien, donnée à la cathédrale de Cahors en 945 (E. Albe, 2005, p. 323 ; voir aussi M. Aussel, 1989), se trouvait à 3 km. Elle a disparu pendant la guerre de Cent ans ou peu après (E. Albe, 2005, p. 327) alors qu'une nouvelle église était bâtie dans le bourg, elle-même ayant été entièrement reconstruite dans les années 1870 à peu près au même emplacement. Le souvenir s'en est maintenu avec le hameau de Saint-Cyprien, entre Vers et Saint-Géry. Elle avait pour annexe l'église Notre-Dame ou Saint-Etienne de Velles (E. Albe, 2005, p. 325, 326), à 1 km en aval du bourg, qui conserve encore des parties de la fin du 12e siècle.

Dans la mouvance des comtes de Toulouse puis des rois de France, Vers est devenu le siège d'une baylie dont le ressort fait partie des revenus assignés au roi d'Angleterre en 1287, avec les justices haute et basse de la "villa" de Vers (L. d'Alauzier, 1967). Les seigneurs directs n'apparaissent pas avant les années 1250, avec peut-être en premier lieu une dame de Vers mariée à un Vassal coseigneur de Vers, et décédée avant 1276 (J.-B. de Courcelles, 1825, p. 14), qui pourrait être la Raymonde de Vers dont l'héritage est donné par son fils Guillaume de Vers à un Cardaillac en 1278 (E. Albe, 2005, p. 327). Un G. de Vers est qualifié de chevalier en 1293 (E. Albe, 2005, p. 327) et en 1315 un Bertrand de Vers est coseigneur de Vers aux côtés d'un Bertrand de Vassal et d'un Aimeric de Velles (J.-B. de Courcelles, 1825, p. 14 ; E. Albe, 2005, p. 328). Le roi de France est resté seigneur éminent puisqu'il donne la seigneurie avec cent livres de rente sa vie durant à Hugues de Cardaillac, seigneur de Bioule, en 1347, puis la justice de Vers à Ratier de Belfort en 1369 (E. Albe, 2005, p. 327). La transaction passée avec les coseigneurs en 1315 nous apprends qu'entre temps la justice a été exercée au nom du roi par les consuls, dont c'est la seule mention connue avant 1476, date à laquelle ils accensent la boucherie (J. Lartigaut, 1978).

Si nous ne sommes que très peu renseignés sur la communauté, les archives fournissent en revanche quelques indications sur les édifices : le fossé de la "villa" en 1331, et le mur près du Lot en 1373, une maison confrontant avec la tour de noble Raymond de Vassal en 1371, une autre au barry en 1365, les deux moulins, tout proches du bourg, de Guillaume de Salvanhic et Bertrand de Vassal en 1315, et peut-être une (autre ?) tour ayant appartenu à Pierre de Vers en 1373, et la "porte del castel" (E. Albe, 2005, p. 329, 331).

Pendant la guerre de Cent ans, Vers, qui n'est qu'à 15 km de Cahors, fait partie de ces places dont la maîtrise est importante pour la sécurité de la ville. En 1370, le bourg souffre des incursions des Anglais, mais résiste grâce à la garnison du château "très fortifié", "situé au bord de la rivière et entouré d'un grand fossé rempli d'eau" ; en 1374, les consuls de Cahors choisissent cependant de le démolir, avec ceux de Cours et de Galessie, pour qu'ils ne puissent servir de bases aux opérations des compagnies (G. Lacoste, 1885). En 1447, on peine à retrouver d'anciens habitants de Velles, de Vers et de Saint-Cyprien qui sont restés longtemps inhabités (J. Lartigaut, 1978).

  • Période(s)
    • Principale : 13e siècle, 14e siècle , (incertitude)
    • Principale : limite 15e siècle 16e siècle

Le château a été construit au confluent du Lot et du Vers, dont la vallée remonte sur 15 km jusqu'au Causse de Gramat. Le bourg n'a pu s'étendre que sur une étroite langue de terre et le pied du pech qui domine le site.

Le percement rectiligne réalisé au 19e siècle pour la traversée du village l'a si profondément dénaturé qu'il est aujourd'hui difficile d'y reconnaître l'emplacement du château et l'organisation du bourg subordonné, et il faut encore tenir compte de la modification du lit du Lot.

En s'aidant du plan cadastral de 1841, on distingue néanmoins la forme ovoïde correspondant à l'emprise du château, bordée à l'ouest par le Vers. Subsistent, dans sa moitié sud, les escarpements de la terrasse rocheuse qui le portait. Rien de véritablement significatif ne subsiste des constructions qui le constituaient, mais il faut signaler le chapiteau du 13e siècle mis au jour dans l'une des maisons qui l'ont remplacé.

Le bourg, à l'est, paraît s'être formé autour d'un grand îlot central à peu près rectangulaire qu'ont entouré quelques rangs de maisons, avant de s'étendre vers le nord, le long du chemin menant à Saint-Géry.

Le faubourg mentionné en 1365 est peut-être celui de Labarre, dont le nom évoque un péage qui était peut-être perçu sur le pont permettant de franchir le Vers, dont l'existence n'est cependant pas attestée au Moyen Age. La grande demeure de la fin du 13e siècle ou du début du 14e, qui pourrait être le repaire de Cambou (G. Séraphin, 2014), en a été à l'origine.

Sur la dizaine de maisons médiévales repérées, surtout à l'état de vestiges, les sept qui appartiennent aux 13e-14e siècles montrent que le bourg avait alors un développement proche de celui que nous lui connaissons aujourd'hui. Les maçonneries sont en moellons de calcaire soigneusement équarris et assisés, avec un arc en brique pour une porte. Plusieurs maisons conservent des portes à l'étage, qui étaient desservies par des escaliers extérieurs. Une autre avait en façade, sur deux étages, un pan de bois disparu mais dont témoignent deux têtes de murs appareillées.

Eléments repérés des 13e-14e siècles :

Parc. 2019 D 112, chapiteau déposé ; faubourg de Labarre, maison (parc. 2019 D 182), maçonnerie de moellons équarris et arc brisé d'une porte ; maison (parc. 2019 D 183), chaîne d'angle.

Eléments de datation incertaine :

Rue du Mas de Lucet, maison (parc. 2019 D 744), tête de mur appareillée en encorbellement d'un pan de bois disparu ; maison (parc. 2016 D 135), élévation ouest, porte chanfreinée à arc brisé (remonté ?).

Eléments repérés des 15e-16e siècles :

Parc. 2019 D 112, porte à linteau orné d'une accolade ; maison (parc. 2019 D 126), élévation est, porte à piédroits en quart-de-rond et linteau à accolade.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • brique
  • Statut de la propriété
    propriété publique
    propriété privée

Bibliographie

  • Garrigou Grandchamp (Pierre), Scellès (Maurice) dir., Demeures du Moyen Âge dans le Lot, Saint-Saturnin, Editions de la Flandonnière, 2023.

    catalogue, p. 372-373
  • Albe (Edmond), Monographies des paroisses de la région Vers-Lot-Célé, transcription de Paulette Aupoix et François Petitjean, Cahors, Archives diocésaines, 1998.

    p. 323-331
  • Courcelles (Jean-Baptiste de), Histoire généalogique et héraldique des pairs de France..., t. V, Paris, 1825.

    art. de Vassal, p. 14-15, 29-30
  • Lacoste (Guillaume), Histoire générale de la province de Quercy, Cahors, Girma, 1885, 1ère édition 1783 (réédition : Marseille, Laffite Reprints, 1982), tome II.

    p. 374
  • Lacoste (Guillaume), Histoire générale de la province de Quercy, Cahors, Girma, 1885, 1ère édition 1783 (réédition : Marseille, Laffite Reprints, 1982), tome III.

    p. 165, 215, 216, 235, 250
  • Lartigaut (Jean), Les campagnes du Quercy après la guerre de Cent Ans (vers 1440 - vers 1500), Toulouse, Publications de l'Université de Toulouse-le-Mirail, série A, t. 39, 1978.

    p. 101, 209, 565
  • Séraphin (Gilles), Donjons & châteaux du Moyen Âge dans le Lot, Portet-sur-Garonne, Editions midi-pyrénéennes, 2014.

    p. 371-372
  • Bru N. (dir.), Séraphin G., Scellès M., Czerniak V., Decottignies S., Amigues G., Blaya N., Les églises du Moyen Âge dans le Lot, Milan, Silvana Editoriale Spa, 2011.

    p. 307
  • Albe (Edmond), Monographies des paroisses du Lot, manuscrit, Archives diocésaines de Cahors.

Périodiques

  • Alauzier (Louis d'), "Une assignation de revenus en Quercy et Périgord faite en 1287 au roi d'Angleterre", dans Bulletin Philologique et historique (jusqu'à 1610), année 1964, Paris, C.T.H.S.,1967.

    p. 533, 545-546, 553
  • Alauzier (Louis d'), "Le dénombrement de 1504 en Quercy pour le ban et l'arrière-ban", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, tome CV, 1984, 3e fascicule.

    p. 219
  • Albe (Edmond), "La Maison d’Hébrardet maisons apparentées ou alliées", dans Bulletin de la Société des Études du Lot, t. XXX, 1905.

    p. 228, 232-233
  • Albe (Edmond), "Titres et documents concernant le Limousin et le Quercy", dans Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, t. XXXII, 1910.

    p. 430
  • Aussel (Max), "Le testament d'Ingelbert, archidiacre de l'Eglise de Cahors (Xe siècle)", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CX, 1989.

    p. 297 et n°15
  • Aussel (Max), "Un "compagnon" de Costeraste passe aux aveux 1349", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CXIV, 1993.

    p. 97
  • Lartigaut (Jean), "Eglises paroissiales et castra en Quercy : une première approche", dans Annales du Midi, t. 102, n° 189-190, 1990, p. 63-72.

    p. 64
  • Obereiner (Jean-Luc), "La bibliothèque cathare de Vers et le château cathare de Béars en 1254", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CXX, 1999.

    p. 15-19
Date(s) d'enquête : 2007; Date(s) de rédaction : 2019