• enquête thématique départementale, inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale
village : castrum
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lot - Saint-Céré
  • Commune Saint-Laurent-les-Tours
  • Lieu-dit le Château
  • Cadastre 1831 C1  ; 2021 C

Le château a pris, au 17e siècle, son nom moderne de Saint-Laurent-les-Tours, en empruntant le vocable de la paroisse dans laquelle il se trouvait, celui de Saint-Séré sous lequel il était connu au moins depuis le 10e siècle passant à la ville qui en dépendait étroitement dans la paroisse voisine de Sainte-Spérie.

Le lieu de Saint-Céré (selon la graphie officielle actuelle) est mentionné pour la première fois par la « Vita » de saint Géraud, comte et fondateur de l'abbaye d'Aurillac (855-909), rédigée vers 925, où il est qualifié de « petite forteresse », « oppidulum Sancti Sereni ». Au milieu du 12e siècle, de nombreux membres d'une famille « de Saint-Céré » apparaissent dans les cartulaires de Beaulieu et de Carennac, et les chevaliers de Saint-Céré sont bien connus pour la fin du siècle, une dizaine de coseigneurs se partageant alors le castrum (G. Séraphin, 2014). La suzeraineté en aurait été donnée par le comte d'Auvergne au vicomte de Turenne sans doute peu avant 1178 (C. Justel, 1645, p. 35-36 ; F. Pressouyre, 1979, p. 236) : c'est à ce titre que Raymond II reçoit cette année-là la plainte d'Hugues de Saint-Céré pour le meurtre de son frère, et ordonne un duel judiciaire à l'issue duquel il confisque à son profit, en raison de sa seigneurie, tous les biens qu'Aymeric de Saint-Céré possédait dans le « castel » (C. Justel, p. 37, Preuves, p. 35-36).

Dans les documents postérieurs, Turenne et Saint-Céré sont désignés comme les deux « castra » majeurs de la vicomté. Les vicomtes entrent dans la mouvance du roi de France au début du 13e siècle, mais la suzeraineté directe est à Simon de Montfort en 1212, au comte de Toulouse en 1214, au roi de France en 1253 (C. Justel, 1645, Preuves, p. 55) puis au duc-roi d'Angleterre en 1263 (C. Justel, 1645, Preuves, p. 62) avant de revenir définitivement au roi de France.

Le vicomte a toutes justices dans le château et dans la ville, dont les limites respectives sont précisées par la charte des libertés et coutumes octroyée en 1292 (V. Fourastié, 1902, p. 172-175) qui s'applique néanmoins à l'ensemble de leur territoire. Il existait auparavant, de fait sinon de droit, un conseil composé de chevaliers et de prudhommes représentant les habitants non-nobles, que Raymond VI de Turenne refuse de reconnaître : la nouvelle charte place le castrum et la ville sous le contrôle étroit du vicomte, de son bayle ou du capitaine du château.£Des familles de chevaliers qui résidaient dans le castrum se sont sans doute installées assez tôt dans le bourg de Sainte-Spérie, et en tout cas avant 1292 (V. Fourastié, 1902, p. 160). De leurs maisons qui se trouvaient peut-être dans l'enceinte du château, nous ne savons rien, mais nous avons mention de la « maison noble » que les Narbonès possédaient au 15e siècle « au puy », la basse-cour principalement occupée par des maisons de paysans et qui n'était protégée que par la « mureta » ; elle qualifiée de « maison vielhe » et délaissée en 1504 (J. Lartigaut, 1985, p. 176, 182). La déchéance du castrum est consommée quand le château est saccagé en 1586, lors des guerres de Religion.

Bâtiments repérés : parcelle 2005 C 174, porte haute chanfreinée remontée et pan de maçonnerie du Moyen Age (?) ; parcelle C 179, porte chanfreinée et jour à gorge et accolade, 15e siècle (?).

  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle
    • Principale : 13e siècle
    • Principale : 14e siècle
    • Principale : 15e siècle

Le château occupe le sommet d'un pech qui domine de plus de 150 m la ville de Saint-Céré et la vallée de la Bave, à l'endroit où celle-ci s'élargit avant que la rivière ne se joigne à la Dordogne, à 1 km de là. Les limites communales sont celles des paroisses : Sainte-Spérie au sud, sans doute détachée (avant 1292 ?) de celle de Saint-Laurent, dont l'église se trouve en contrebas à 400 m au nord du château.

Il ne subsiste aujourd'hui que quelques ruines de la dizaine de bâtiments représentés par le plan cadastral de 1831 sur la bordure ouest du château, un petit quartier dont on ne sait s'il existait au Moyen Age. On en comptait en revanche une quarantaine sur la bordure orientale, où une dizaine restent encore, dont deux maisons « de chevalier », l'une datable du 15e siècle, l'autre de la fin du 12e siècle ou de la première moitié du 13e siècle, qui permettent d'y reconnaître le quartier de la basse-cour, établi sur la pente du pech entre l'enceinte du château et la « mureta », l'enceinte extérieure du castrum.

  • Murs
    • calcaire
  • Statut de la propriété
    propriété publique
    propriété privée

Bibliographie

  • Garrigou Grandchamp (Pierre), Scellès (Maurice) dir., Demeures du Moyen Âge dans le Lot, Saint-Saturnin, Editions de la Flandonnière, 2023.

    catalogue p. 362-364
  • Delpon (Jacques-Antoine), Statistique du département du Lot, Paris-Cahors, 1831, tome I.

    p. 448-451
  • Lacoste (Guillaume), Histoire générale de la province de Quercy, Cahors, Girma, 1883, 1ère édition 1783 (réédition : Marseille, Laffite Reprints, 1982), tome I.

    p. 345-346
  • Lacoste (Guillaume), Histoire générale de la province de Quercy, Cahors, Girma, 1885, 1ère édition 1783 (réédition : Marseille, Laffite Reprints, 1982), tome II.

    p. 82-83, 359, 384
  • Séraphin (Gilles), Donjons & châteaux du Moyen Âge dans le Lot, Portet-sur-Garonne, Editions midi-pyrénéennes, 2014.

    p; 343-345
  • Justel (Christofle), Histoire généalogique de la Maison de Turenne, Paris, 1645, Preuves.

    p. 35-36, 53, 55, 62, 70, 71, 80

Périodiques

  • Fourastié (V.), "Privilèges, franchises et libertés de la ville de Sainte-Spérie, de tout le château et de la châtellenie de Saint-Céré", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. XXVII, 1902, p. 23-37, 65-88, 156-175, t. XXVIII, 1903, p. 10-19, t. XXIX, 1904, p. 38-45.

  • Lartigaut (Jean), "Séance foraine de Saint-Céré (8 septembre)", Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CVI, 1985, p. 171.

  • Lartigaut (Jean), "Un censier d'Eustache de Narbonès (1471)", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CVI, 1985, p. 174-176.

  • Pataki (Tibor), "Hommages rendus au vicomte de Turenne (XIIe-XVIe siècles)", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CVIII, 1987.

    p. 43-45
  • Pataki (Tibor), "Hommages rendus au vicomte de Turennes (1163-1304)", dans Bulletin de la Société des Études du Lot, t. CIX, 1988.

    p. 109, 113, 122-123, 125
  • Pressouyre (Ferdinand), "Les anciennes circonscriptions de poids et mesures dans le Quercy et ses confins limousins et auvergnats", dans Actes du 88e Congrès national des sociétés savantes, Clermont-Ferrand 1963. Section d'archéologie, C.T.H.S., Paris, Impr. Nationale, 1965, p. 207-219.

  • Pressouyre (Ferdinand), « L'origine des familles seigneuriales dans le nord du Quercy et les régions voisines », Bulletin philologique et historique, année 1976, Paris, C.T.H.S., 1978, p. 261-282.

  • Pressouyre (Ferdinand), "Un chevalier du château de Saint-Céré (Lot) et ses droits seigneuriaux au troisième quart du XIIe siècle", dans Actes du 102e congrès des Sociétés Savantes, Limoges, 1977, Paris, Bibliothèque nationale, t. I, 1979, p. 231-254.

  • Rousset (Valérie), "Deux maisons du castrum de Saint-Céré", dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. LX, 2000, p. 118-133.

    p. 121-128
  • Trabut-Cussac (Jean-Paul), "Actes gascons dispersés émanant d'Édouard Ier d'Angleterre pendant son séjour en France (1286-1289)", dans Bulletin philologique et historique jusqu'à 1610 du Comité des travaux historiques et scientifiques, année 1962, Paris, C.T.H.S., 1965, p. 103-104.

  • Lallau (Etienne), "Un nouveau regard sur l'histoire et l'évolution du castrum de Saint-Céré", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CXLV, 2024, 2e fascicule, p. 81-114, 3e fascicule, p. 166-193.

Date(s) d'enquête : 2005; Date(s) de rédaction : 2005, 2021