Le château a pris, au 17e siècle, son nom moderne de Saint-Laurent-les-Tours, en empruntant le vocable de la paroisse dans laquelle il se trouvait, celui de Saint-Séré sous lequel il était connu au moins depuis le 10e siècle passant à la ville qui en dépendait étroitement dans la paroisse voisine de Sainte-Spérie.
Le lieu de Saint-Céré (selon la graphie officielle actuelle) est mentionné pour la première fois par la « Vita » de saint Géraud, comte et fondateur de l'abbaye d'Aurillac (855-909), rédigée vers 925, où il est qualifié de « petite forteresse », « oppidulum Sancti Sereni ». Au milieu du 12e siècle, de nombreux membres d'une famille « de Saint-Céré » apparaissent dans les cartulaires de Beaulieu et de Carennac, et les chevaliers de Saint-Céré sont bien connus pour la fin du siècle, une dizaine de coseigneurs se partageant alors le castrum (G. Séraphin, 2014). La suzeraineté en aurait été donnée par le comte d'Auvergne au vicomte de Turenne sans doute peu avant 1178 (C. Justel, 1645, p. 35-36 ; F. Pressouyre, 1979, p. 236) : c'est à ce titre que Raymond II reçoit cette année-là la plainte d'Hugues de Saint-Céré pour le meurtre de son frère, et ordonne un duel judiciaire à l'issue duquel il confisque à son profit, en raison de sa seigneurie, tous les biens qu'Aymeric de Saint-Céré possédait dans le « castel » (C. Justel, p. 37, Preuves, p. 35-36).
Dans les documents postérieurs, Turenne et Saint-Céré sont désignés comme les deux « castra » majeurs de la vicomté. Les vicomtes entrent dans la mouvance du roi de France au début du 13e siècle, mais la suzeraineté directe est à Simon de Montfort en 1212, au comte de Toulouse en 1214, au roi de France en 1253 (C. Justel, 1645, Preuves, p. 55) puis au duc-roi d'Angleterre en 1263 (C. Justel, 1645, Preuves, p. 62) avant de revenir définitivement au roi de France.
Le vicomte a toutes justices dans le château et dans la ville, dont les limites respectives sont précisées par la charte des libertés et coutumes octroyée en 1292 (V. Fourastié, 1902, p. 172-175) qui s'applique néanmoins à l'ensemble de leur territoire. Il existait auparavant, de fait sinon de droit, un conseil composé de chevaliers et de prudhommes représentant les habitants non-nobles, que Raymond VI de Turenne refuse de reconnaître : la nouvelle charte place le castrum et la ville sous le contrôle étroit du vicomte, de son bayle ou du capitaine du château.£Des familles de chevaliers qui résidaient dans le castrum se sont sans doute installées assez tôt dans le bourg de Sainte-Spérie, et en tout cas avant 1292 (V. Fourastié, 1902, p. 160). De leurs maisons qui se trouvaient peut-être dans l'enceinte du château, nous ne savons rien, mais nous avons mention de la « maison noble » que les Narbonès possédaient au 15e siècle « au puy », la basse-cour principalement occupée par des maisons de paysans et qui n'était protégée que par la « mureta » ; elle qualifiée de « maison vielhe » et délaissée en 1504 (J. Lartigaut, 1985, p. 176, 182). La déchéance du castrum est consommée quand le château est saccagé en 1586, lors des guerres de Religion.
Bâtiments repérés : parcelle 2005 C 174, porte haute chanfreinée remontée et pan de maçonnerie du Moyen Age (?) ; parcelle C 179, porte chanfreinée et jour à gorge et accolade, 15e siècle (?).