• inventaire topographique
cathédrale Saint-Etienne
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lot - Cahors Nord Est
  • Commune Cahors
  • Adresse place Chapou
  • Cadastre 1982 CE 116
  • Dénominations
    cathédrale
  • Vocables
    Saint-Etienne
  • Autres parties constituantes
    cloître

Avec une nef unique couverte de deux grandes coupoles, la cathédrale de Cahors compte parmi les grands édifices romans du Sud-Ouest. Son portail, dont le tympan illustre le martyre de saint Etienne et l'Ascension, s'inscrit dans la lignée de ceux de Moissac, de Carennac, de Beaulieu.

La rénovation gothique entreprise dès les années 1260 se manifeste surtout par la surélévation de l'abside, l'érection d'un imposant massif occidental dont la façade se dresse sur la place du marché et un programme complet de décors peints.

Le cloître a été reconstruit à la fin du 15e siècle, en faisant intervenir des sculpteurs venus de Cadouin. La chapelle Saint-Gausbert, installée dans l'ancienne salle capitulaire au tout début du 16e siècle, se signale autant par son architecture que par ses peintures.

On ne sait quasiment rien des édifices antérieurs à la cathédrale romane. Après la réforme du chapitre réalisée en 1090 par l'évêque Géraud, la construction de la nouvelle cathédrale et des bâtiments canoniaux est entreprise au début du 12e siècle. L'autel majeur et l'autel de la Sainte-Coiffe sont consacrés par le pape Calixte II en 1119, correspondant probablement à l'achèvement du chevet. L'essentiel des parties basses de la nef, avec les portails sud et nord, paraît construit dans les années 1140, mais les coupoles ne sont probablement achevées que dans la première moitié du 13e siècle. Le parti initial est celui d'une église présentant un chœur à déambulatoire, déambulatoire qui est détruit lors de la construction de la coupole occidentale, probablement dans le 2e quart ou le milieu du 13e siècle. Les travaux se poursuivent, sans doute après une interruption, avec la reconstruction partielle du chevet dès les années 1270, qui amorce la transformation gothique de l'édifice. La voûte du chœur, les chapelles latérales et la plus grande partie du massif occidental, qui reçoit la nouvelle entrée principale de la cathédrale, sont construits sous l'épiscopat de Raymond de Cornil entre 1280 et 1293 ; on a fait l'hypothèse que Pierre Deschamps soit intervenu sur le chantier. Le décor peint intérieur pourrait dater de la fin du 13e siècle. Quelques travaux sont sans doute encore réalisés au début du 14e siècle.

Le renouveau qui suit la guerre de Cent ans se traduit par la construction décidée par l'évêque Antoine d'Alamand, sur l'emplacement de l'absidiole sud, d'une chapelle dédiée à la Vierge Immaculée, appelée "chapelle profonde", consacrée en 1484, puis pour le grand archidiacre Louis de Theiss d'une nouvelle chapelle érigée entre les absidioles est et nord en 1491. Un bâtiment, dont une cheminée porte les armes du chapitre, est ajouté à l'est de la chapelle Saint-Martin peut-être à la fin du 15e siècle. La salle capitulaire romane est remplacée par une chapelle dédiée au Saint-Esprit (actuelle chapelle Saint-Gausbert) aménagée entre 1497 et 1502 pour le chanoine Antoine d'Auriolle. Les galeries du cloître sont entièrement reconstruites à partir de la fin du 15e siècle et pendant toute la première moitié du 16e siècle et portent les armoiries du chanoine Antoine d'Auriolle et des évêques Antoine de Luzech (1502-1509), Aloïs de Caretto (1514-1524) et Paul de Caretto (1524-1553).

Excepté quelques aménagements intérieurs, les trois siècles qui suivent ne voient pas de travaux importants. Une nouvelle campagne de rénovation, et de restauration, débute dans les années 1850 avec la réfection des absidioles sous la houlette de Paul Abadie alors architecte diocésain de Cahors. Entre 1870 et 1875, le chœur liturgique est refait par Mgr Grimardias en style néo-gothique alors que l'on entreprend le dégagement des coupoles. Le portail nord, muré en 1732 et redécouvert en 1840, est restauré entre 1908 et 1913.

Le massif occidental gothique est bâti en bel appareil de grès qui se distingue bien du calcaire froid de la nef romane. Sa façade sur la place est sobre, sauf l'accent mis sur le portail et sur la grande rose intégrée dans un réseau d'arcatures. Le tympan est animé d'arcatures à dais qui pouvaient abriter un décor à la fois sculpté et peint ; les deux portes étaient couvertes à l'origine par des linteaux qui ont été renforcés par des arcs brisés au 17e siècle.

La nef romane disposait de deux portails. Le portail secondaire, au sud, avait pour seul décor un arc trilobé et des blocs sculptés romains en remploi. Le portail principal ouvrait au nord sur ce qui était la seule véritable place de la ville jusqu'à la création de la nouvelle place du marché. Il s'apparente à celui de Moissac autant par son porche profond pris dans un massif en saillie que par la composition de son tympan ou le détail de son ornementation. Les élévations latérales de la nef romane étaient ouvertes de deux groupes de trois fenêtres, en grande partie conservées, séparés par un large contrefort correspondant aux piles médianes entre les deux coupoles. Du chevet du début du 12e siècle n'est plus visible de l'extérieur que l'absidiole nord-est, l'absidiole d'axe étant une reconstruction de 1872. Au-dessus le changement de matériau différencie les deux phases de construction du chevet gothique, l'apparition de la brique au-dernier niveau, marqué par une coursière et une série de baies de petites dimensions, correspondant à l'achèvement de la voûte. Un œil averti distinguera à l'intérieur un léger changement de direction et de profil des nervures au niveau de la reprise du chantier.

La reconstruction du cloître s'est faite sur les fondations romanes et en conservant en grande partie les bâtiments canoniaux : à l'est, la salle capitulaire devenue la chapelle Saint-Gaubert et le dortoir à l'étage, la chantrerie au sud, la prévôté à l'ouest.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • grès pierre de taille
  • Toits
    ardoise, tuile creuse, tuile plate
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • coupole en pendentifs
    • voûte d'ogives
    • cul-de-four
    • voûte en berceau brisé
  • Couvertures
    • flèche en maçonnerie
    • dôme circulaire
    • toit en pavillon
    • appentis
    • toit à longs pans
    • croupe polygonale
    • croupe ronde
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour escalier en maçonnerie
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
    • vitrail
  • Statut de la propriété
    propriété de l'État
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    secteur sauvegardé
  • Protections
    classé MH, 1862
  • Référence MH

Bibliographie

  • Bénéjeam-Lère (Mireille), Bongiu (Aurel), Scellès (Maurice) Sire (Marie-Anne), Cahors, la cathédrale, Toulouse, APAMP, 1991 (coll. Images du patrimoine, n° 79), 80 p.

  • Bénéjeam-Lère (Mireille), "La cathédrale Saint-Etienne de Cahors", dans Congrès archéologique de France, CXLVIIe session, Quercy, Paris, S.F.A., 1993, p. 9-69.

  • Bru N. (dir.), Séraphin G., Scellès M., Czerniak V., Decottignies S., Amigues G., Blaya N., Les églises du Moyen Âge dans le Lot, Milan, Silvana Editoriale Spa, 2011.

Périodiques

  • Durliat (Marcel), "La cathédrale Saint-Etienne de Cahors : architecture et sculpture", dans Bulletin monumental, t. 137, 1979.

    p. 285-340
  • Scellès (Maurice), Séraphin (Gilles), "Les dates de la rénovation gothique de la cathédrale de Cahors", dans Bulletin monumental, t. 160 (2002), p. 249-273.

Documents figurés

  • Lithographie extraite de : Taylor (J.), Nodier (Ch.). Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Paris : Firmin Didot, 1820 1863. Pl.72, 3.

    Musée Paul-Dupuy, Toulouse
  • Lithographie extraite de : Taylor (J.), Nodier (Ch.). Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Paris : Firmin Didot, 1820 1863. Pl.72, 2.

    Musée Paul-Dupuy, Toulouse
  • Lithographie extraite de : Taylor (J.), Nodier (Ch.), Cailleux (A. de). Voyages pittoresques et romantique dans l'ancienne France. Paris : Firmin Didot, 1820 1863.

  • Carte postale ancienne.

  • Musée de Bourges, Croquis de Cahors.

  • Société des Etudes du Lot, Tirages photographiques anciens concernant le collège Gambetta.

    Société des Etudes du Lot

Documents multimédia

  • https://patrimoines.lot.fr Eglises médiévales du Lot

Date(s) d'enquête : 1988; Date(s) de rédaction : 1996