Dossier d’œuvre architecture IA31012312 | Réalisé par ;
Maturi Paul (Rédacteur)
Maturi Paul

Chercheur du service Connaissance et Inventaire des Patrimoines de la Région Occitanie depuis 2024.

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  • dossier ponctuel
maison
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Bertrand-de-Comminges - HAUTE-GARONNE
  • Commune Saint-Bertrand-de-Comminges
  • Cadastre 2015 B2 543 Maison 1831 B 463 ; 2026 B 427, 889 Jardin et verger 1831 B 636
  • Dénominations
    maison
  • Appellations
    maison Sabathier, écurie de Cabirole
  • Autres parties constituantes
    jardin

Une riche iconographie, tant en dessins qu’en cartes postales et en photographies, permet d'analyser les évolutions des maisons en bordure est des anciens remparts. Sur l’ensemble des représentations, deux fenêtres figurent systématiquement au deuxième étage sans pouvoir en détailler les formes et modénatures. Le premier étage n'a qu'une fenêtre à droite. Le rez-de-chaussée est éclairé par un jour à droite ouvert dans une fenêtre rétrécie alors que la grande porte cochère de gauche est absente sur les lithographies d'Eugène de Malbos (1811-1851) ou de Pierre Gorse en 1873. Ces maisons étant bâties sur l’ancien rempart romain du 5e siècle, il n’est pas surprenant que les grandes ouvertures aient été limitées pour éviter de créer des fragilités dans la défense. La porte cochère a pu être percées courant fin 19e siècle quand les remparts sont peu à peu abattus, la grande porte à barbacane de Cabirole ayant déjà été détruit fin 18e siècle. Une photographie du fonds Bertrand Sapène, instituteur-archéologie de Saint-Bertrand, prise par Hilaire Bordères sur plaque de verre, montre la porte cochère effectivement ouverte et la partie basse du meneau de la croisée de gauche absente. De plus jusqu'en 1831, elle ne s'appuyait qu'au nord contre la porte Cabirole, la maison mitoyenne sud n'étant pas bâtie.

Côté rue des remparts, la croisée de pierre à droite est ornée sur son appui d'un écu retourné portant l'inscription : B.SABA-TERIS et un feuillage trilobé. Un Bertrand Sabatier (Sabaterii) est chanoine à la cathédrale en 15071 selon Robert Gavelle et 1517 selon Louis Fiancette d'Agos2..

Le palais épiscopal ayant été ruiné par les protestants en1590, en 1619, deux maisons sont vendues à l'évêque par les frères Gémit de Luscan pour accueillir un nouvel évêché : Bertrand de Gémit, archidiacre de Rivière, et son frère seigneur de Luscan. Dans la délibération capitulaire du 22 octobre 16193, les maisons "de part et d'autre de la porte Cabirole" sont décrites : "le 1er : une maison couverte d’ardoise, à 2 étages et un patus ou masures confrontant avec ladite tour, et un petit jardin hors de la porte Cabirole, près de la barbacane, le tout pour 600 livres ; le 2e : une maison couverte en ardoises, à plusieurs étages et un jardin, le tout confrontant à la porte Cabirole, le tout pour 3000 livres". La première correspond à la maison étudiée ici et la deuxième de l'autre côté de la porte est l'ancien évêché étudié dans la notice IA31011362. Côté rue de Cabirole, la porte d'entrée de la maison a conservé son encadrement en marbre ainsi que son fronton cintré, aujourd'hui martelé, mais dont se devine encore l'écu couronné portant trois fleurs de lys inséré dans des feuillages.

Jusqu'à la vente à l'évêché, cette bâtisse était donc une maison couverte d'ardoises, avec des croisées de pierre donnant sur la rue des remparts et sur la rue Cabirole. Lors du verbal de la visite paroissiale de l'évêque de 1627, il est indiqué que des prisons "ont été remis au bas du petit Cabirol, sans qu’aultre ment il y aie de geôlier attesté"4, probablement dans cette maison à proximité de la porte. Elle n'a alors plus de fonction d'habitat, le rez-de-chaussée simplement éclairé par un petit jour (la fenêtre a pu être rétrécie pour cet usage) pouvait en effet servir de geôles. L'officialité semble également l'avoir occupé un temps bref à partir de 17335, probablement au deuxième étage. L'espace public autour de la porte ne présentait pas la même physionomie qu'aujourd'hui : une grande barbacane précédait la porte créant une vaste place au-devant de cette maison. L'acte de vente de 1619 évoque d'ailleurs des "masures" confrontant avec la tour.

Elle reste dans le giron de l'évêché jusqu'à la Révolution où elle est vendue, en même temps que la grande maison de l'évêché et le jardin hors la barbacane, à Jean-Bernard Fourcat-Latour en 1794. Lorsqu'elle est devenue "bien national" à l'instar de sa voisine, son tympan a été martelé et "La Loy" a été gravé. Elle est alors qualifiée d'"écurie de Cabirole". Dans les matrices du plan napoléonien, la bâtisse est même dénommée "grange". En 1897, l'ensemble est vendu à Jean-André Rixens, artiste-peintre, par Edmont Latour fils de Bernard. La propriété est toujours aujourd'hui dans la même famille y compris le verger hors la barbacane. En 1912, Raymond Lizop, archéologue, écrit un article sur les dernières découvertes à Saint-Bertrand. il indique que cette maison est désormais une poste et que dans ses fondations ont été découverts des "vestiges de constructions romaines ; les fondations d'un bâtiment de forme circulaire de trois mètres de rayon"4 confirmant l'emplacement de la muraille romaine toujours visible en partie basse sur la maison mitoyenne (IA31013033).

1. Fiancette D'Agos. Louis, Vie et miracles de Saint Bertrand : avec une notice historique, p.377.

2. Gavelle Robert, Sur l'urbanisme ancien de Saint-Bertrand-de-Comminges, Revue de Comminges, 1980, p.372.

3. A.D Haute-Garonne, Fonds Mondon, 1 F 10, 22 octobre 1619.

4. Barbier de Montault, Visite de la cathédrale Saint-Bertrand-de-Comminges en 1627, Montpellier, 1877, p.24.

5. Gavelle Robert, Sur l'urbanisme ancien de Saint-Bertrand-de-Comminges, Revue de Comminges, 1980, p.372.

6. Lizop Raymond. Notes sur Saint-Bertrand-de-Comminges : archéologie. In: Revue des Études Anciennes. Tome 14, 1912, n°4. p.400. Notes sur Saint-Bertrand-de-Comminges : archéologie - Persée

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 16e siècle , (incertitude)

La maison est construite en appui contre la porte Cabirole au nord. Côté rue des remparts, le chainage délimitant la maison est encore visible au niveau du deuxième étage. Peut-être est-elle constituée de deux maisons rassemblées à une époque inconnue car la façade n'est pas rectiligne et forme un angle obtus. Les deux croisées du deuxième étage ne sont identiques : celle de gauche est simple, la partie basse de son meneau a été reconstituée dans le courant du 20e siècle, celle de droite porte un décor. L'appui est orné de boules et d'un écu retourné portant l'inscription : B.SABA-TERIS, sous un feuillage trilobé. Le larmier repose sur des culots représentant des têtes très rondes portant des chapeaux dont un avec voile sur le front, accentuant la rondeur, aux nez aquilins, mentons pointus, avec une bouche ouverte à droite et fermée à gauche. L'encadrement de la fenêtre du premier étage a été constitué avec des blocs en remplois et des morceaux de bois, peut-être pour rétrécir une fenêtre plus grande. Les vestiges de maçonnerie du rempart romain ne sont plus du tout visible ici contrairement à la maison mitoyenne.

Côté rue Cabirole, le rez-de-chaussée est percé de la porte d'entrée et d'un jour barlong. Le niveau de sol de la rue est plus bas aujourd'hui comme en témoigne le niveau de seuil originel. La porte a conservé son encadrement en marbre blanc orné de baguettes et de deux fines colonnettes croisées s'achevant sur des bases évasées en forme de plumeau. La colonette extérieure se poursuit pour former le tympan en demi-cercle contenant un motif buché. Le blason est couronné avec les empreintes de trois fleurs de lys où "La Loy" a été gravée après l'inscription comme bien national. La base du tympan est constituée d'une ligne en dent-de-scie saillante et de chaque pointe démarre un tronc formant le feuillage occupant l'ensemble de l'espace autour du blason. La maçonnerie est mixte mêlant des blocs de pierre à des galets noyés dans un mortier épais. Au premier étage, seul un jour à encadrement de pierre à très large chanfrein marque ce niveau. Au deuxième étage, comme sur la rue des remparts, une croisée et une demi-croisée prennent place. La décoration avec colonnette s'achevant sur une base en plumeau se retrouve sur la croisée. Son larmier est mouluré et s’amortit en retour droit. La demi-croisée est plus sobre avec des congés en demi-pyramide ajourée. A côté de cette fenêtre mais légèrement peu plus bas est conservée une porte, ouvrant aujourd'hui dans le vide et désormais murée. Son encadrement est à large chanfrein et la pierre de linteau est sculptée en fronton cintré, l'appui a disparu. Bertrand Sapène avait émis l'hypothèse qu'il s’agissait d'un passage permettant de passer dans la porte de Cabirole puis dans l'autre maison contiguë. Au dessus des croisées court une longue pièce de bois formée d'un seul tronc insérée dans la maçonnerie. Le chaînage est construit avec des pierre de taille pour la plupart en remploi.

  • Murs
    • pierre appareil mixte enduit partiel
  • Toits
    tuile
  • Étages
    2 étages carrés
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • tête d'homme
    • écu, fleur de lys
    • ornement végétal
    • dent de scie, sphère
  • Précision représentations

    Le larmier de la croisée du deuxième étage sur la rue des Remparts repose sur des culots figurants des têtes avec chapeaux, nez aquilins, mentons pointus, avec une bouche ouverte à droite et fermée à gauche. L'appui porte un écu inversé avec feuillage et des boules.

    Le tympan de la porte nord, bûché : blason couronné avec trois fleurs de lys et rinceaux. Les mots "La Loy" y sont gravés.

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G
  • NOTB_S
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  • APRO
  • ARCHEO
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  • USER IVR73_SCPMIDIPYR
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
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  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à étudier
  • Sites de protection
    abords d'un monument historique

Documents d'archives

  • AD Haute-Garonne, Fonds Mondon, Documenta Convenarum de Jean Schiaffini, 1 F 10.

    AD Haute-Garonne : 1 F 10
  • AD Haute-Garonne, Relevé des biens-fonds de l’évêché de Comminges, 2 E 3302

    AD Haute-Garonne : 2 E 3302
  • A.D. Haute-Garonne : 1 G 1 : état de section, 1791.

    AD Haute-Garonne : 1 G 1
  • A.D. de la Haute-Garonne, 3 P 4306. Plan du cadastre napoléonien, section B de la Ville, 2ème feuille, éch. 1/1250. - 1831.

  • A.D. de la Haute-Garonne, 1 G 8, Cadastre napoléonien, matrices des propriétés bâties 1833-1882

  • A.D. de la Haute-Garonne, 1 G 9, Cadastre napoléonien, matrices des propriétés bâties 1882-1911.

Bibliographie

  • BARBIER DE MONTAULT X., La visite de la cathédrale Saint-Bertrand-de-Comminges en 1627, Les chroniques de Languedoc : revue du Midi : historique, archéologique, littéraire et bibliographique, Montpellier, 1877.

  • CHABOUSSOU Pauline, Saint-Bertrand-de-Comminges aux XVIIe et XVIIIe siècle, mémoire de maîtrise d'histoire sous la direction de Jack Thomas : Toulouse, 2003.

Documents figurés

  • AD Haute-Garonne, Vues générales de la ville et de la cathédrale, côté est (Plaques de verre anciennes provenant de M. Hilaire Bordères), 105 FI NV 1268 - 1270

    AD Haute-Garonne : 105 FI NV 1268 - 1270
Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2015, 2026
(c) Inventaire général Région Occitanie
Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur du service Connaissance et Inventaire des Patrimoines de la Région Occitanie depuis 2024.

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