Dossier d’œuvre architecture IA31011362 | Réalisé par ;
Maturi Paul (Contributeur)
Maturi Paul

Chercheur du service Connaissance et Inventaire des Patrimoines de la Région Occitanie depuis 2024.

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  • inventaire topographique
hôtel, puis évêché, puis maison
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Haute-Garonne
  • Commune Saint-Bertrand-de-Comminges
  • Cadastre 2015 B 492  ; 1831 D 370,371,372
  • Dénominations
    hôtel
  • Destinations
    évêché
  • Autres parties constituantes
    jardin

On ignore qui est le commanditaire de la maison. La seule indication est la présence d'un écu retourné sur l’appui d'une croisée portant le nom d’un propriétaire : bdant( ?) correspondant peut être à Bridant ou Bridaut. Ensuite, elle passe dans la famille des Gémit de Luscan qui la vendront eux-même à l'évêque. Or, Jean-Bernard de Gémit, seigneur de Luscan et écuyer épouse en 1473 Esclarmondine de Bridant1. Il s'agit peut-être de la date du passage de cette maison d'une famille à l'autre. En 1593, Géraud de Gémit, capitaine de Saint-Gaudens, reprend St-Bertrand aux protestants Corbeyran et Adrien d'Aure qui l'avaient chassé de chez lui et jeté sa mère dehors2. En 1595, il devient capitaine de St-Bertrand.

En 16193 dans une délibération du chapitre concernant l'achat des deux maisons des frères Gémito, l'un archidiacre, l'autre seigneur de Luscan, par l'évêque pour remplacer la maison épiscopale ruinée depuis 1590. Les deux maisons situées de part et d'autre de la porte Cabirole "commandent la meilleure et la plus importante tour de la ville et peuvent servir de citadelle".

L'archidiacre vend " une maison couverte d’ardoise, à 2 étages et un patus ou masures confrontant avec ladite tour, et un petit jardin hors de la porte Cabirole, près de la barbacane, le tout pour 600 livres". Son frère, seigneur de Luscan cède pour sa part la maison au sud de la porte. Elle est citée dans le verbal de la visite de l'évêque Barthélemy Donadieu de Griet en 1627 en tant que "évêché de Cabirol".

La maison au sud de la porte accueille la prison de l'Officialité dès 1733 et est dénommée "écuries de Cabirol" lors de la vente des biens nationaux. Elle fait l'objet d'une notice indépendante : IA31012312.

L'évêque reste propriétaire jusqu'à la Révolution où l'ensemble des maisons est déclaré bien national et mis en vente. Les fleurs de lys du tympan et les croix pâtées du Comminges des basons sont bûchées et l'inscription "La Loy" est gravée. Quelques conseils municipaux vont s'y tenir jusqu'en 1793, la maison va servir de lieux de stockage du blé en 1792 : 100 sacs de grains "seront déposés dans les salles hautes de la maison ci-devant évêché. Il sera pourvu à la sûreté du dépôt et les portes seront garnies de serrures"[2].

Le 20 juillet 1790, Jean-Bernard Fourcat-Latour, chirurgien des chanoines, des prébendiers et de l'hôpital de Saint-Bertrand, ayant perdu son emploi du fait de la Révolution,  adresse une supplique au comité ecclésiastique de l’Assemblée Nationale pour obtenir une pension de 600 livres lui permettant de payer la maison qu’il a acquise (maison Bridault IA31011438). En échange, il s’engage à soigner les pauvres gratuitement[3]. On ignore la réponse mais en 1794, il acquiert l'évêché, probablement à bas prix : "La maison, la moitié du jardin contigu, la moitié ou partie du patus au-dessus du jardin au couchant dudit évêché et les écuries de Cabirole appartiennent audit Latour chirurgien d'après l'acquisition qu'il en a fait au gouvernement ce qui a formé son lot lors du partage avec M. Vignaux, Decap et Cailhol co-associés"[4]. Sur les matrices du cadastre napoléonien Bernard Latour est toujours propriétaire.

En 1897, la maison est vendue à Jean-André Rixens, artiste-peintre, par Edmont Latour fils de Bernard. Dans un article de la revue de Gascogne sur Froidour et sa correspondance dans le Comminges, l'auteur, Paul de Casteran, en note de bas de page précise que l'ancien évêché appartient à M. Rixens « qui a sauvé de la ruine et artistiquement restaure cette vieille habitation. »[5]. Il serait intéressant d'identifier les modifications apportées par ce propriétaire. Elle appartient toujours aux descendants de cette famille.

La demeure est composée de deux maisons accolées possédant chacune une porte, avec des niveaux différents, rassemblées à une époque indéterminée en une seule habitation autour d'un escalier en vis desservant l'ensemble des niveaux. Le rez-de-chaussée du corps de logis de gauche, le premier en descendant la rue Cabirole, conserve de nombreux vestiges de la fin du 15e siècle (portes en arc brisé, décoration en accolade...). Aux étages, les deux cheminées superposées en pierre peuvent dater d'entre la fin du 15e et le premier quart du 16e siècle. L'étude dendrochronologique de la charpente à chevrons formant fermes permettra d'affiner la datation de ce corps de logis.

Le deuxième corps est associé à l'escalier en vis placé dans une tour. Au-dessus de la porte d'entrée de la tour de l'escalier est fixée une plaque de marbre probablement remployée portant la date de 1549. La graphie utilisée est douteuse par rapport à a date. Cela pourrait être une imitation datant du 19e siècle. Le rez-de-chaussée a été très transformé, la grande cheminée est bâtie en pierre de remploi et les niveaux y sont perturbés gênant la lecture. Au premier étage, les salons en enfilade ont été rénovés au 18e siècle correspondant probablement aux travaux évoqués dans la correspondance de l'évêque Mgr de Lastic en 1750.

En 1912, Raymond Lizop, archéologies écrit un article sur les dernières découvertes à Saint-Bertrand. il indique que M.Rixens "a découvert il y a quelque temps, sous le sol de la cave de son habitation (xve siècle), le pavé d'une ancienne chambre gallo- romaine en stuc rougeâtre"8.

1 Saint-Allais, Nicolas Vitor de, Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume (Volume 10), p.22.

2 Robert Gavelle, Le chanoine Bertrand de Gémit de Luscan Saint-Bertrand-de-Comminges et Compostelle au XVIIe siècle, Revue du Comminges, 1983, p.197

3 A.D. Haute-Garonne, 1 F 10 - Fonds Mondon, Documenta Convenarum de Jean Schiaffini, 22 octobre 1619.

4 A.D. Haute-Garonne, Délibérations municipales de Saint-Bertrand-de-Comminges, BB.7 (1791-1798).

5 Lestrade Jean, Requête des Chirurgiens du chapitre de Saint-Bertrand à l'Assemblée Nationale (1790), Revue de Gascogne – 1921.[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57427247/f42.item#]

6 A.M. Saint-Bertrand-de-Comminges, Etats de section, non datées, article 1.

7 Revue de Gascogne : bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch – 1899.

8 Lizop Raymond. Notes sur Saint-Bertrand-de-Comminges : archéologie. In: Revue des Études Anciennes. Tome 14, 1912, n°4. p.400. Notes sur Saint-Bertrand-de-Comminges : archéologie - Persée

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 15e siècle, 1er quart 16e siècle , daté par travaux historiques , (incertitude)
  • Dates
    • 1549, porte la date
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Rixens Jean-André
      Rixens Jean-André

      Né à Saint-Gaudens, il se forme dans un premier temps à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse puis à Paris sous la direction d'Adolphe Yvon et enfin dans l'atelier de Gérôme. Second du Prix de Rome en 1773, il obtient la médaille d'or de l'Exposition universelle en 1889. Il participe à la décoration de la salle des Illustres du Capitole de Toulouse. Il achète deux grandes maisons en 1897 à Saint-Bertrand-de-Comminges. La maison d'un ancien notaire qu'l revendra en 1916 et qu'il loue un temps à la commune pour y installer l'école. Et surtout l'ancien évêché qu'il s'emploiera à restaurer et qui est toujours propriété de sa famille aujourd'hui. Pour la commune, il réalisera également le monument aux morts en 1918.

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L’ancien évêché est constitué de deux maisons réunies à une date incertaine. Le logis de gauche a une porte en arc brisé en pierre dont le piédroit de droite vient se fondre dans le chaînage d’angle. Ce mode constructif se répète à Saint-Bertrand pour l’ensemble des portes en arc brisé. Le chaînage est harpé à partir du premier étage. La porte en arc brisé a été fortement restauré. De vieilles photos montrent qu’elle était complètement murée à la fin du 19e siècle. Les niveaux supérieurs sont éclairés par des croisées. Celle du premier étage est ornée de deux visages grimaçant de part et d’autre et d’un écu retourné sur l’appui portant le nom d’un propriétaire : bdant( ?) correspondant peut être à Bridant ou Bridaut. Nom attaché à une autre maison avec tour escalier de la rue, la maison Bridaut (IA31011438).

La façade latérale ouest comporte deux conduits de cheminées superposés, ainsi que des jours éclairant le sous-sol. La façade postérieure possède deux grandes croisées, comme la façade principale. L'appui de celle du deuxième étage est sculpté de deux chiens. Le mur de refend entre les deux pièces du sous-sol est percé d'une porte dont l'embrasure extérieure est orientée vers le sud.

Dans ce logis , une charpente à chevrons formant fermes est conservée. Elle compte 15 fermes. Des zones de noircissement sont à noter soit dû à un incendie (siège de 1597) ou au traitement du bois pour le renforcer. On relève plusieurs marques de tâcheron visant à numéroter les pièces de bois et faciliter leurs assemblages. Quelques pièces portant des encoches de mortaises semblent issues de remploi. La charpente mesure 13,60m de long, 7,90m de large pour une hauteur à la faitière de 4.60m.

L'entrée dans la maison ouest se fait par la tour d'escalier en vis. La porte aux piédroits moulurés est surmontée d'un linteau semi-circulaire à trois écus dont les croix pâtées du Comminges ont été bûchées, ainsi que le feuillage se déroulant tout autour. Une pierre en remploi est placée au-dessus. En marbre, elle porte la date de 1549. La façade ouest est pourvue de grandes fenêtres plus récentes, du 18e ou du 19e siècle.

  • Murs
    • calcaire
    • pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, 3 étages carrés
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit polygonal
    • toit à longs pans inversés
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • fleur de lys
  • Précision représentations

    La porte est de la façade sud est surmontée d'un tympan sculpté de deux écus aux armoiries des Barat (?) : (d'argent) à la croix ancrée de (sable).£Une fenêtre du sous-sol dans le mur latéral ouest a son linteau sculpté d'une fleur de lys.£Deux chiens entourant une tête d'homme stylisée ornent l'appui de la fenêtre nord du deuxième étage.

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G Gavelle (Robert), "Sur l'urbanisme ancien de Saint-Bertrand-de-Comminges", Revue de Comminges, 1980-3, p. 357-378.
  • NOTB_S
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVR73_SCPMIDIPYR
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à étudier, maison d'homme célèbre
  • Éléments remarquables
    hôtel
  • Sites de protection
    abords d'un monument historique

Documents d'archives

  • A.D. Haute-Garonne : 1 G 1 : état de section, 1791.

    AD Haute-Garonne : 1 G 1
  • A.D. de la Haute-Garonne, 1 G 12, Atlas cadastral de 1935.

  • A.D. de la Haute-Garonne, 3 P 4306. Plan du cadastre napoléonien, section B de la Ville, 2ème feuille, éch. 1/1250. - 1831.

  • AD Haute-Garonne, Fonds Mondon, Documenta Convenarum de Jean Schiaffini, 1 F 10.

    AD Haute-Garonne : 1 F 10
  • AD Haute-Garonne, Relevé des biens-fonds de l’évêché de Comminges, 2 E 3302

    AD Haute-Garonne : 2 E 3302
  • AD Haute-Garonne, 1 G 3 : Livre des mutations, an XI - an XIV.

    AD Haute-Garonne : 1 G 3
  • A.D. de la Haute-Garonne, 1 G 8, Cadastre napoléonien, matrices des propriétés bâties 1833-1882

Bibliographie

  • BARBIER DE MONTAULT X., La visite de la cathédrale Saint-Bertrand-de-Comminges en 1627, Les chroniques de Languedoc : revue du Midi : historique, archéologique, littéraire et bibliographique, Montpellier, 1877.

  • CHABOUSSOU Pauline, Saint-Bertrand-de-Comminges aux XVIIe et XVIIIe siècle, mémoire de maîtrise d'histoire sous la direction de Jack Thomas : Toulouse, 2003.

  • LESTRADE Jean, Les huguenots en Comminges, documents inédits publiés pour la société historique de Gascogne, Honoré Champion, Paris, 1900, 428 p.

  • Jean Lestrade, Requête des Chirurgiens du chapitre de Saint-Bertrand à l'Assemblée Nationale (1790), Revue de Gascogne, 1921.

Documents figurés

  • AD Haute-Garonne, 93. Saint-Bertrand-de-Comminges : l'évêché. - Toulouse : Labouche frères, marque LF au verso, [entre 1905 et 1930]. - Carte postale (1905/1930), 2 FI 472 32.

    AD Haute-Garonne : 2 FI 472 32
  • AD Haute-Garonne, Saint-Bertrand-de-Comminges : l'ancien évêché et la porte de Cabirol. Hélio 20 / Propriété de la Cathédrale. - Toulouse : héliogravure Labouche frères, marque LF au verso, [entre 1930 et 1937], 26 FI 31 2811.

    AD Haute-Garonne : 26 FI 31 2811
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024, 2015
(c) Inventaire général Région Occitanie
Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur du service Connaissance et Inventaire des Patrimoines de la Région Occitanie depuis 2024.

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