L'activité chaufournière de la famille Lavigne débute au début des années 1860 avec Bertrand Lavigne père, qui obtient par arrêté préfectoral du 8 août 1863 l'autorisation d'établir des fours à chaux permanents au quartier de Rap, à Saint-Béat. La production de chaux est alors destinée aussi bien à l'agriculture qu'au secteur de la construction. Les fours à chaux sont mentionnés dans les biens transmis à son fils François Lavigne lors de son contrat de mariage en 1867. Dès l'année suivante, ce dernier est qualifié de « fabricant de chaux », assurant ainsi la continuité de l'exploitation familiale.
À la fin du 19e siècle, Bertrand Lavigne, fils de François, poursuit cette activité tout en développant l'exploitation des ressources marbrières de Saint-Béat. À partir de 1893, il obtient plusieurs concessions dans le massif de Rié. Il étend progressivement son domaine d'exploitation sur le site de Rap. En 1898, il semble participer à la création de la Société anonyme des carrières de marbres blancs et bleus de Saint-Béat, destinée à soutenir le développement industriel de l'entreprise grâce à de nouveaux investissements et à la modernisation des équipements.
Au tournant du 20e siècle, l'activité de la maison Lavigne associe ainsi la fabrication de chaux à l'extraction et à la transformation du marbre. L'histoire de cette activité demeure toutefois partiellement méconnue en raison de l'absence d'archives d'entreprise conservées et de la rareté des sources publiques disponibles, qui ne permettent d'en retracer que les principales étapes.