D'après les sources écrites du 19e siècle, une cartonnerie est présente au nord-est du village de Mazères-sur-Salat. Aujourd’hui détruite, elle était installée à proximité immédiate du fleuve, en aval de l’ancienne papeterie connue sous le nom de « Mazères-Nord ».
Diverses archives de 1829 la mentionnent tantôt comme une papeterie, tantôt comme une cartonnerie (AD 31, 3 S 63). À ce jour, aucune archive ne nous permet de déterminer avec exactitude le type d'activités de cet espace de production.
Néanmoins, les sources écrites indiquent qu’à partir de 1829 Louis Lazerges entreprend des démarches afin de construire la chaussée du moulin. Dès 1830, l'ingénieur en chef des ponts et chaussées transmet ses recommandations pour cet aménagement. Toutefois, il rencontre des difficultés pour lancer son activité car Augustin Janole, fabricant de papier à « Mazères-Nord », ne souhaite pas avoir de concurrent à proximité immédiate de son moulin. De plus, cela lui demandait de réaliser des aménagements afin que le débit de l'eau soit suffisant pour le moulin de Lazerges.
Le maire de la commune, Vincent Barthier, a également dressé un avis défavorable vis-à-vis de cette installation. Malgré l'absence de motifs de refus, il est fort probable que lui aussi ne souhaitait pas voir un concurrent papetier s'installer à Mazères-sur-Salat, puisqu’il est également le propriétaire d’une papeterie au sud du village, appelée de nos jours « Mazères-Sud ». En dépit de cet état de fait, Louis Lazerges a pu finalement réalisé les installations nécessaires puisqu'un arrêté du 18 mai 1832 reconnaît l'existence de son moulin (AD 31, 3 S 64).
Ensuite, le site aurait fonctionné jusqu'à la crue du 19 mai 1865. Cette inondation a emporté le barrage de l'usine sur une longueur de treize mètres (AD 31, 3 S 64). Dès 1866, elle est mentionnée « en ruine » dans la matrice cadastrale (AD 31, 2 E 4328). Cependant, il a dû réaliser des travaux puisqu’en 1868 il envoie une réclamation contre Janole. Ce dernier est en train de réaliser des travaux de maçonneries près du canal d’amenée de l’usine Lazerges. Le propriétaire de la cartonnerie craint que cela provoque un engorgement du dit canal lors de futurs inondations (AD 31, 3 S 64).
Un an plus tard, les enfants de Louis Lazerges, Saturnin et Julie, sont expropriés par décision du Tribunal civil de Saint-Gaudens (11 mars 1869). Les biens sont vendus à Jean-Bernard Cabardos, négociant à Toulouse. Puis, en 1878, il les revend à Pierre Dominique Antoine Barthier, fils de Vincent Barthier (AD 31, 134 J 346). Ce dernier les cède à la société Adrien Barthier, qui possède les moulins de Mazères-Sud et celui en rive gauche de Saint-Martory. Par la suite, le site semble être abandonné.
De nos jours, aucune trace matérielle ne permet de connaître l'existence de la cartonnerie Lazerges.