La passerelle métallique reliant Mazères-sur-Salat à Cassagne constitue un témoignage du passé industriel de ces deux communes. Dès la fin du 19e siècle, elles se spécialisent dans la fabrication du papier à cigarettes Riz Lacroix, activité qui a marqué durablement l'économie locale.
Le 29 décembre 1878, l'industriel Léonide Lacroix, fabricant de papier à cigarettes, adresse une pétition au préfet de la Haute-Garonne afin d'obtenir l'autorisation de construire une passerelle sur le Salat. Cet ouvrage doit permettre de relier les papeteries de Mazères-Nord, situées sur la rive gauche, et de Cassagne, sur la rive droite, dont il exploite les installations depuis 1874.
La papeterie de Mazères-Nord appartient alors à la société Janole et Compagnie, représentée par Isidore Janole et Aristide Bergès. À Cassagne, l'établissement est issu de la transformation d'un ancien moulin à farine et à huile en usine à papier pour l'entreprise Lacroix. Cette dernière a obtenu l'accord du propriétaire, Victor Laugard (ou Logard selon les sources).
La société L. Lacroix fils (1872-1889) précise aux services des Ponts et Chaussées que cette passerelle est exclusivement réservée au fonctionnement des deux papeteries. Elle est conçue pour supporter une voie ferrée sur laquelle circulent des wagonnets. Ceux-ci assurent le transport des matières premières et permettent également aux employés d'accéder gratuitement aux deux établissements.
À la même époque, la traversée du pont de Mazères-sur-Salat est soumise à un péage. La passerelle permet ainsi à l'entreprise d'éviter le paiement de ces frais. Les travaux sont réalisés après la délivrance de l'arrêté préfectoral du 26 mai 1879.
Aujourd'hui, la passerelle est désaffectée et n'est plus accessible au public. Du côté de l'ancienne papeterie de Mazères-Nord, son accès est désormais largement envahi par la végétation.