Dossier d’œuvre architecture IA12113483 | Réalisé par
  • enquête thématique départementale, les cimetières de Rodez agglomération
cimetière de la Mouline
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Rodez agglomération

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Rodez agglomération - Rodez
  • Commune Olemps
  • Lieu-dit La Mouline
  • Adresse route d'Olemps
  • Cadastre 2022 AL 233

Les habitants d’Olemps étaient initialement inhumés à Rodez. Au début du 20e siècle, l’éloignement du cimetière de Rodez, transféré au nord de la ville en 1889 et l’importance des décès enregistrés entre 1896 et 1900 (92 pour une population égale à 680 habitants en 1901) incitent les habitants d’Olemps à réclamer la création d’un cimetière communal.

En septembre 1901, la municipalité émet un avis favorable et choisit un terrain situé près du village de la Mouline, en bordure du chemin vicinal n° 1 (côte d’Olemps), à 60 m au sud de l’Aveyron et à 105 m du château Gaillard. Au mois d’octobre suivant, l’architecte ruthénois Charles Lacombe dresse les plans de l’enclos d’une superficie de 1 820 m² (70 m x 26 m). Le projet est approuvé par le préfet le 25 septembre 1902. À la même époque, la municipalité projette de faire édifier un lieu de culte à proximité du futur cimetière. Une chapelle de secours est effectivement bâtie en 1909 grâce à une souscription, puis érigée en église paroissiale au cours des années 1960.

Le 17 janvier 1904, alors que l’entrepreneur Julien Gaubert a quasiment achevé les travaux de construction du cimetière, et conformément à l’ordonnance royale du 6 décembre 1843, le conseil adopte le règlement relatif à la construction des caveaux et fixe le tarif et l’emplacement des différents types de concessions. Selon ce règlement approuvé par le préfet le 5 février 1904, la partie supérieure du caveau doit être à 20 cm au-dessous du sol. Le dessus du radier du caveau ne peut être établi à moins 2 m du niveau du sol. La surface du monument ou mausolée à établir sur le caveau doit correspondre à celle de l’intérieur du caveau. La porte de ce dernier doit mesurer 80 x 80 cm et être établie sur le mur de face. Tout nouveau concessionnaire peut déposer gratuitement pendant trente jours le cercueil dans le caveau communal.

Comme l’indique le plan d’aménagement du cimetière, les concessions perpétuelles occupent le meilleur emplacement, au sommet du cimetière côté sud, le long du mur de soutènement (rectangles A et B). Les concessions trentenaires et temporaires sont quant à elles placées sur les petits côtés du cimetière, respectivement dans les rectangles C à l’est et D à l’ouest. Deux aires sont réservées aux fosses communes. L’emplacement de la croix du cimetière est signalé de même que celui du petit hangar destiné à recevoir les objets nécessaires au culte, effectivement construit en 1904 près du portail d’entrée à l’ouest.

La première personne inhumée au cimetière de la Mouline est Antoine Albinet, en février 1904 : la concession perpétuelle est offerte par la commune et située dans le cimetière commun (le monument est toujours existant). Le 1er mars suivant, Antoine Caubel, marchand de vins en gros et maire de la commune fait l’acquisition de la première concession. Il est suivi de près par deux membres du conseil municipal, Amans Sabatier et Antoine Panis le 9 avril 1904.

Parmi les tombeaux datant du début du 20e siècle, plusieurs portent la signature de marbriers ou tailleurs de pierre ruthénois ou olempiens : Henri Joulié, Louis Pouget, Alexis Marty (?) et Marius Dalquié. Ce dernier, comme Antoine Panis, tous deux tailleurs de pierre à la Mouline, ont leur sépulture dans le cimetière.

En décembre 1935, la municipalité décide d’agrandir l’enclos en raison de l’insuffisance de l’espace disponible pour la construction de nouveaux caveaux. Elle acquiert deux parcelles de terrain auprès de l’imprimeur Henri Colomb, situées au sud du cimetière existant, vers la ligne de chemin de fer. Le projet d’extension de près de 1087 m² (rectangle de 70 x 12 m) est élaboré par les architectes André Salvan et André Boyer en juin 1937.

Après approbation des plans par le préfet le 1er avril 1938, les travaux sont adjugés à l’entrepreneur Augustin Ferrié, d’Istournet à Sainte-Radegonde. Ils sont achevés en mai 1939. Le mur de soutènement initial au sud est arasé et percé de manière à faire communiquer l’ancien et le nouveau cimetière, qui dispose en outre de sa propre entrée à l’ouest.

Le cimetière est une nouvelle fois étendu côté sud à la fin des années 1960, d'après un projet du géomètre millavois Elie Ladouble (1968) ; il est béni le 2 novembre 1969 par le chanoine Cance, ancien curé de Marcillac.

Le cimetière du village de la Mouline est situé au nord-est de la commune, en bordure de la côte d’Olemps, à 60 mètres de la rivière et à une quarantaine de mètres de la première habitation. Construit sur un terrain exposé plein nord et présentant une pente assez prononcée, il offre une vue dégagée sur la ville de Rodez établie de l’autre côté de l’Aveyron.

La déclivité du terrain a nécessité plusieurs terrassements et la construction de murs de soutènement longitudinaux, notamment pour la clôture côté nord. Un escalier, à l’extrémité Est de l’enclos, permet de communiquer entre le cimetière originel et la première extension. D’autres escaliers permettent aussi de rejoindre des terrasses au niveau des murs de soutènement. La communication entre l’extension des années 1930 et celle des années 1970 est simplement établie par l’allée des années 1930 qui a été prolongée. Les trois périodes de construction du cimetière se distinguent par leurs entrées et l’organisation des concessions.

Le plan rectangulaire et symétrique du cimetière originel a été conservé jusqu’à nos jours. Les concessions sont parfaitement alignées sur les côtés est, sud et ouest, en bordure d’allées étroites recouvertes de gravier. De part et d’autre d’un axe central s’organisent deux plaines caillouteuses et assez pentues qui initialement étaient réservées au terrain commun. Des tombeaux y ont été construits sans véritable plan et c’est dans ces secteurs que l’on observe les monuments les plus modestes mais aussi les plus endommagés. Certains d’entre eux étaient, au moment du recensement, destinés à être démolis.

L’organisation de la première extension aménagée sur une terrasse est plus simple : les tombeaux y sont alignés de part et d’autre d’une allée centrale assez large pour permettre le passage de véhicules et au bout de laquelle se trouve le columbarium datant du début du 21e siècle. L’allée est recouverte de dalles et entourée de pelouses. Dans la dernière extension, des allées bitumées ou gravillonnées et toujours rectilignes desservent des tombeaux parfaitement alignés. Les caveaux construits à même la pente et surmontés des tombeaux proprement dits donnent à cette partie plus récente du cimetière un caractère assez monumental.

Si le cimetière est entouré de champs et d’arbres, la végétation à l’intérieur de l’enclos est peu présente ; elle réapparaît néanmoins depuis l’arrêt de l’utilisation des pesticides. On note aussi la présence de quelques cyprès, de parterres fleuris et de végétation spontanée sur les concessions.

Les premiers tombeaux ont été construits peu après la création du cimetière en 1904. Les signatures repérées permettent d’attribuer quelques tombeaux aux marbriers et sculpteurs suivants : Alexis Marty, Joulié, Marius Dalquié, Louis Pouget et Poletto. Le tailleur de pierre Panis, installé à la Mouline comme Dalquié, surnommé « Lou Canou », est inhumé dans le cimetière. Curieusement, aucun tombeau en pierre n’est édifié sur sa concession, abritée par un porte-couronne.

Les tombeaux :

En 2022, le cimetière compte 312 monuments funéraires. Les 53 monuments recensés se situent dans les deux secteurs anciens. Ils présentent les formes suivantes :

La stèle funéraire : sur l’aire d’étude de Rodez agglomération, la stèle funéraire érigée sur une concession est presque systématiquement associée à une partie horizontale (dalle funéraire, surélevée ou non, parfois un sarcophage). Ce n’est en revanche pas le cas pour les stèles érigées dans le terrain commun. On en trouve plusieurs variantes :

- La stèle monolithe est composée d’un seul bloc. Exemples : n° 53 (Gayrard), n° 54 (Capelle-Mazars), n°82, n° 51 (stèle de style Art déco)

- La stèle architecturée est de taille plus ou moins importante et comprend des éléments issus du vocabulaire de l’architecture classique (frontons, arc, corniches, acrotères, etc.). Souvent surmontée d’une croix, elle présente généralement un décor porté, comme la couronne funéraire enrubannée.

- La stèle-lutrin est de petite dimension et porte l’épitaphe gravée ou sur plaque ; elle complète ou non la dalle funéraire (exemple : n° 66)

- La stèle à croix comprend une croix dont la hauteur est élevée au regard de la stèle qui forme son socle. Il en existe différents exemples à la Mouline : stèle à croix écôtée, stèle à croix monumentale (tombeau de la famille Céres Célestin, allée 2, n° 31), stèle à croix en béton monolithe (n° 46).

- La croix funéraire : il s’agit d’un type de tombeau très modeste, particulièrement présent dans le terrain commun. Réalisée en pierre, en béton ou en fer forgé (allée 4, n° 19). La croix n°1066 est ornée d’une palme et d’une rose ; le même type a été adopté pour un autre membre de la famille (n° 1047).

Le tombeau en forme de chapelle : le cimetière en compte trois exemples. Le plus ancien est celui de la famille Sigaud Girard, réalisée par le marbrier Louis Pouget (allée 4, n° 30). Les autres paraissent dater du milieu du 20e siècle (n° 38 et 47).

Le tombeau en forme d’obélisque : l’unique exemple observé dans le cimetière (allée 4, n° 8) est une des rares réalisations recensées sur l’aire d’étude.

Le tombeau en forme de pinacle : il s’agit d’un unicum réalisé par le tailleur de pierre olempien Marius Dalquié, dans les années 1924-1925 (allée 4, n° 21, étudié). Pour cette réalisation, l’auteur s’est inspiré de plusieurs tombeaux observés au cimetière du père Lachaise à Paris.

La présence de nombreux porte-couronnes est une des caractéristiques du cimetière d’Olemps. Réalisés en fer forgé, certains d’entre eux présentent la forme d’une tête de lit, type que l’on observe ailleurs dans l’agglomération de Rodez. La garniture de ces portes-couronnes a généralement disparu. D’autres porte-couronnes sont en forme d’abri : ils permettent alors de protéger un tombeau. Certains peu profonds n’abritent aucun monument : c’est le cas des sépultures de l’ancien maire Antoine Caubel (n° 1) ou du tailleur de pierre Antoine Panis (n° 3). D’autres, vitrés, forment de véritables édicules (n° 27, 53 et 54), semblables à des oratoires.

Enfin, parmi le mobilier observé, on peut signaler les plaques souvenir de soldats : des réfugiés polonais (réfugiés), des anciens d’Algérie et des évadés de guerre.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • grès
    • béton
  • Typologies
    cimetière indépendant de plan régulier
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Documents d'archives

Bibliographie

Documents figurés

Annexes

  • Olemps, cimetière de la Mouline : tableau de recensement des tombeaux, juillet 2022.
  • Liste des premières concessions perpétuelles acquises dans le cimetière de la Mouline
Date(s) d'enquête : 2022; Date(s) de rédaction : 2022, 2025
(c) Rodez agglomération
(c) Inventaire général Région Occitanie