Des bains connus sous l'Antiquité et au Moyen Âge
Rennes-les-Bains fait partie des stations dont les origines peuvent être établies à l'époque augustéenne. Dans son Histoire du Languedoc, en 1633, Catel est le premier à souligner l'Antiquité des bains de "Regnes", jugés après les bains de Balaruc en termes d'importance (Catel, 1633, livre I, chap.4). Courrent (op. citée 1934), indique que jusqu'au XIIe siècle, les bains de Rennes étaient appelés Aquis calidis puis de Balneis. Entre le XVe et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, ils sont désignés comme Bains de Montferrand, Locus de Monterferrando et Balnei, Bains de Regnes.
Au XIIe siècle, la Gallia christiana (tome VI, Inst. C. 109) évoque en 1162 l'Ecclesia Sancti Nazari de Aquis calidIs qui est confirmée parmi les possession du monastère d'Alet. Saint Nazaire étant le patron de Rennes, village connu anciennement sous le nom d'aqua calidae, l'identification à Rennes-les-Bains ne fait pas doute. Les balneis de Monteferrandi sont cités dans plusieurs actes du XIVe siècle recensés par Courrent (op.citée 1934). En 1632, le pape Urbain VIII autorise l'abbé d'Alet de prendre les revenus de l'église de Saint-Nazaire des bains de Montferranc.
Le curé de Rennes, M. Delmas, rédige en 1709 un Mémoire sur les bains de Monferran (sic), retranscrit par Courrent (op. citée 1934), et identifie les trois sources principales du lieu. Il rapporte que de nombreux vestiges gallo-romains sont mis régulièrement au jour : éléments sculptés, blocs inscrits, urnes, médailles et pièce. En 1932, certains éléments qui ornaient la fontaine du Cercle sont remontés dans le mur de l'hôtel de la Reine : il s'agit de deux pièces sculptés et d'une urne antique donc le col est orné d'une frise à feuilles de laurier. Paul Urbain de Fleury et son fils Henri Paul de Fleury avaient créé au XVIIIe siècle un petit musée pour rassembler les objets découverts mais dont toutes les pièces ont été perdues depuis.
Des bains privés assez sommaires au XVIIIe siècle.
Le fief de Montferrand appartient au XVIIIe siècle à François d'Hautpoul, marquis de Blanchefort dont la fille Marie épouse le 26 septembre 1752 son cousin, Joseph d'Hautpoul, qui devient propriétaire des bains. Leur fille unique Anne Gabrielle Élisabeth épouse Paul François Vincent de Fleury et apporte notamment en dot les sources thermales de Rennes et leurs établissements. Leurs deux fils sont expropriés en raison de leur émigration en 1793. L'un d'eux, Paul Urbain de Fleury né en 1778, rachète les sources et les bains le 27 floréal an IV (16 mai 1796) quand ils sont vendus comme biens nationaux. Il fait recouvrir d'une voûte la piscine des bains de la Reine pour éviter la déperdition de chaleur de l'eau thermale et fait ajouter trois cabinets comportant chacun deux baignoires
Un mémoire de Sage à l'Académie des sciences de Toulouse en 1746 décrit précisément l'état des constructions antiques au XVIIIe siècle : "on distique encore à la source de la Reine, les marques des petites chambres qui formaient sans doute des appartements. On y a trouvé des restes de canaux de plomb. On y découvre encore, de temps en temps, des petites pièces de marbre blanc et noir qu'on y a infailliblement transportées, car il n'y en a point dans ce pays". A cette époque, trois bains sont aménagés : les Bains Chauds, les Bains de la Reine et le Bains Doux (Gensanne, 1776-1779). En 1799, on met au jour, sous une voûte écroulée, un bassin pavé de marbre blanc et bordé de plaques de schistes noir du et poli, ainsi que des vestiges d'un conduit (Richard, 1968, p. 127).
Thomas Carrère confirme en 1783 qu'il existe trois sources (Reine, Doux et Fort) alimentant trois bassins, recouverts de planches, où sont pris des bains en commun. Labouisse-Rochefort qui fréquente les bains en 1803, a rédigé un récit de son séjour, publié en 1832 sous le titre Voyage à Rennes. Il raconte son accès difficile à cheval par 20 km de sentier depuis Alet. Les établissements thermaux et le village, péniblement atteints, n'offraient alors guère de confort. Le Bain Doux, le plus fréquenté malgré son éloignement du village, comptait 4 bassins où plusieurs personnes pouvaient se baigner en même temps. L'établissement présentait une organisation symétrique avec une aile pour les hommes et une autre pour les femmes. L'eau sortant des bassins alimentait un réservoir souterrain où les indigents pouvaient se baigner gratuitement, dans de l'eau usée, comme à Barèges.
Constitution en station dans la première moitié du XIXe siècle.
L'analyse des eaux, 1805
Les eaux de Rennes-les-Bains sont bicarbonatées, calciques, ferrugineuses, sulfatées et chlorurées sodiques. Le fer en est l'élément le plus actif. Les eaux étaient prises en bains, douches et boisson. Deux sources ferrugineuses à quelque distance du village, au sud, la source du Cercle et la source de la Madeleine étaient également fréquentées. La première analyse chimique des eaux de Rennes a été réalisée en 1805 à la demande de Paul Urbain Fleury par J.S. Julia Fontenelle, professeur adjoint et préparateur en chef de chimie pharmaceutique, en collaboration avec Dominique Reboulh, pharmacien chimiste à Carcassonne. Elle a été publiée dans le tome 45 des Annales de chimie et les journaux de Montpellier et est reproduit par Courrent (op. citée 1937). L'analyse identifie plus précisément les trois sources principales : le Bain Fort (seul à être sur la rive droite de la rivière), le Bain de la Reine et le Bain Doux (ou Bain des Ladres). Le rapport indique que 4 à 5 000 personnes fréquentent annuellement les bains mais il s'agit sans doute plutôt du nombre de bains donnés dans une saison. A l'époque de l'analyse des eaux, divers types de douches sont installées au Bain Fort, jusqu'alors constitué d'un simple bassin couvert d'une voûte. Des cabines de bains sont ajoutées au bains de la Reine où une buvette est ouverte. Un parc est alors ébauché et des travaux commencent en 1819 au Bain Doux pour y aménagement des cabines de bains et des piscine.
Médecins inspecteurs et améliorations
Pendant le XIXe siècle (jusqu'en 1890), les sources, bains et fontaines appartiennent à nouveau à la famille Fleury. Le poste de médecin inspecteur des Bains est créé par un arrêté du ministère de l'Intérieur le 19 avril 1822. Le premier titulaire est le docteur Estribaud originaire de Toulouse. Dans la notice qu'il rédige il indique que les bains comptent alors des baignoires (16 au Bain doux, 9 à la Reine et 2 au Bain Fort qui doivent être portées à 6 prochainement). Deux piscines sont au Bain Doux, une autre, petite, se trouve au Bain Fort qui comporte aussi deux cabinets de douche. En 1823, Estribaud estime à 1 250 le nombre de baigneurs étant venus à la station ; ils sont 2 200 en 1825. Maire de la commune Paul-Urbain de Vitry obtient en 1824 la création d'un bureau de poste pour faciliter la correspondance des baigneurs.
Le docteur Cazaintre devient médecin-inspecteur de Rennes-les-Bains en 1825 jusqu'autour de 1870. En 1839, les eaux sont à nouveau analysées par l'Académie Royale de médecine à qui est envoyée une caisse de 40 bouteilles.
L'hospice, 1831-1862
L'idée d'établir une maison hospitalière pour accueillir les indigents se manifeste lors du conseil municipal du 27 septembre 1826. La ville veut acquérir un emplacement pour construire l'hospice. Le dossier, soutenu par le préfet prévoit pour un montant de 7 317, 94 F de construire un bâtiment comprenant une chambre d'hommes avec 7 lits et une chambres de femmes avec 3 lits, une cuisine, une salle à manger, un laboratoire, un bucher, un office pharmacie, une chambre pour les soeurs avec 2 lits. Le plan est signé Champagne fils. Le conseil général refuse à plusieurs reprise de soutenir ce projet. Deux ordonnances (8 août 1827 et 16 décembre 1830) sont finalement favorables à la construction et dotent l'hospice de sommes prélevées sur le fonds commune des amendes de police correctionnelle. L'hospice fonctionne assez activement entre 1831 et 1839 et pouvait, grâce à une extension par rapport au projet, recevoir 20 malades indigents. En 1841, la subvention augmente et deux soeurs de Quillan sont affectées à l'hospice, chargées également de l'instruction chrétienne. L'hospice est réparé dans les années 1850 mais se détériore et l'architecte départemental propose finalement un nouveau devis pour 19 826 F. Il est approuvé par tous mais le département manque d'argent : l'hospice Jaffus continue à fonctionner jusqu'en 1863, recevant en moyenne 100 malades indigents par saison. Il est abandonné en raison de son mauvais état et l'édifice projeté en 1856 ne fut jamais construit.
Les indigents doivent affluer car le propriétaire des Bains publie le 14 juillet 1850 une annonce indiquant que désormais, il ne sera accordé gratuitement des bains et des douches qu'à ceux qui seront munis d'un certificat d'indigence, signé par le maire, le curé et le percepteur, qui devront certifier que le porteur de l'attestation ne paie aucune contribution (Le Conciliateur, 24 juillet 1850).
L'aménagement des infrastructures
Le bourg de Rennes était difficile d'accès jusqu'en 1834, date de la construction de la route entre Foix et Narbonne qui permet aux véhicules d'arriver à Couiza. A cette époque un quai est aménagé sur la rive gauche de la Sals le long duquel sont construits de nouvelles maisons, un second hôtel (futur hôtel de la Terrasse) et un parc autour de la source de la Reine, aménagé dans le massif des Escalades. L'accès au Bain Doux est amélioré par la route qui traverse le parc à 7 ou 8 mètres au-dessus du lit de la Sals. En 1825, le produit de la régie d'exploitation des sources s'élevait à 17 000 F. Ce montant atteint 24 912 F en 1868 et 25 936 F en 1869 puis 35 000 F en 1878, date de l'ouverture de la ligne de chemin de fer entre Carcassonne et Quillant (Courrent, 1937 p. 125).
La construction de la gare de Couiza en 1878 pérennise cet axe de communication privilégié pour accéder à Rennes-les-Bains. La station devient d'ailleurs un élément de promotion de la ligne ferroviaire car, en 1897, la compagnie du Midi ajoute "Rennes-les-Bains" à la suite de la dénomination Couiza-Montazels (Journal officiel, 12 juillet 1879)
La vente de 1834
L'établissement des eaux thermales et minérales de Rennes-les-Bains est mis en vente en mai 1834 (Journal politique et littéraire de Toulouse et de la Haute-Garonne). L'annonce indique que la structure se divise en trois bâtiments autonomes correspondant aux trois sources : le bain doux, le bain de la reine et le bain fort et est complété par deux sources minérales froides destinées à la boisson. L'ensemble comporte "une grande maison servant d'hôtel, dans laquelle se trouve l'établissement du bain fort, plus un moulin à farine et une métairie. Le bain doux est alors une construction neuve, renfermant 16 baignoires aboutissant à une galerie, le tout en pierre de taille voûté, comprenant également deux piscines pour 15 personnes et une 3e piscine pour les indigents. Le bain de la reine, lui aussi récent, comporte 11 baignoires dans des cabinets, là aussi associé à une galerie, en pierre de taille et voûté mais associé en plus à une promenade. Le bain fort, au sous-sol d'un maison servant d'hôtel, comporte plusieurs douches, un bain de vapeur, un bain d'immersion et plusieurs cabines de bains. Des baignoires portatives permettent aux malades de se baigner dans leur chambre. Un bon cuisinier, restaurant et table d'hôte sont fournis par l'hôtel. Un moulin à farine, attenant à l'hôtel est affermé. Le lot mis en vente comporte également une métairie dite Fabies.
En argument de vente il est indiqué que l'excédent du bain fort, à 41° C, pourrait être employé au dégraissage des laines dont le pays abonde. Les possibilités d'usines utilisant l'eau de la rivière sont aussi soulignées par l'annonce.
Un premier hôtel, l'hôtel de la Reine est édifié en 1835, puis reconstruit en 1871 en grand établissement de 5 étages édifié au-dessus de la galerie des bains éponyme. C'est à cette époque que des allées sont plantées d'arbres et des jardins aménagés (Lagarde p. 58) et qu'une nouvelle demeure est construite pour la famille Fleury.
La fin de l'ère Fleury et la source Marie concurrente
Après la mort d'Henry de Fleury en 1875, la station périclite : sa seule fille majeure, Gabrielle de Fleury doit verser différentes pensions, rétribuer le médecin inspecteur et régler les intérêts des travaux engagés par son père. L'autorisation d'exploitation est remise en cause et le conseil municipal se plaint du mauvais état des établissements thermaux et veux être autorisé à fouiller pour découvrir d’autres sources thermales.
Une compagnie des eaux thermales de Rennes-les-Bains est créé en 1879, dont le siège social est 1 rue Saint-Rome à Toulouse et dont les statuts sont déposés des M. Daverède. Son capital s'élève à 2 millions, divissé en 4 000 action de 500 F. Le conseil d'administration initial comporte M. Rougé, député, membre du conseil général de l'Aude et maire de Limoux, Louis Souville, colonel en retraite, commandeur de la Légion d' honneur ; le baron de Castillon-Saint-Victor, propriétaire ; le marquis de Saint-Lieux, propriétaire ; le docteur Vaysse, médecin inspecteur, médaillé de l'Académie de médecine (L'Ariégeois : journal religieux, littéraire, industriel, agricole, commercial, d'annonces judiciaires, affiches et avis divers du département de l'Ariège, 29 novembre 1879).
L'état de 1880
En 1880, un opuscule indique que la station, propriété d'une ancienne famille de la contrée, a toujours été administrée paternellement. Aucune annonce ou publicité n'ont été faites, les eaux des buvettes sont restées à l'état libres et n'ont pas été exploitées pour la vente en bouteille. Seule la renommée des eaux en a fait la réputation dans les quelques départements voisins, mais ces bains sont des plus fréquentés et tout y est devenu insuffisant (douche, baignoires, hôtels), surtout depuis l'ouverture du chemin de fer de Carcassonne à Quillan. L'auteur, un acheteur potentiel de la station, projette d'acheter la propriété qui mesure 9 ha 86 arts et 77 centiares, dont un moulin, le Bain Fort, une maison rurale, le Bain de la Reine, le Bains Doux, une maison de meunier, un café, une maison d'habitation, des remises et des parcelles non bâties (parcs, jardins pâturage...). Les bains de la Reine et Doux sont alors en bon état et de construction récente, contrairement au Bain Fort. Le Bain Fort et le Bain de la Reine sont alors tous deux associés à un hôtel qui les surmonte et avec lesquels ils communiquent par un escalier intérieur.
L'opuscule dresse les résultats financiers du produit des bains depuis 1868 qui oscillent entre 17 597 en 1870 (contexte de la guerre) et 35 500 en 1878 (année d'ouverture du chemin de fer) (Détail des chiffres : 24 912 en 1868 ; 25 936 en 1869 ; 17 597 en 1870 ; 24 038 en 1871 ; 26 058 en 1872 ; 32 897 en 1874 ; 28 569 en 1875 (année de la mort du propriétaire) ; 31 163 en 1876 ; 30 900 en 1877 et 35 500 en 1878).
S'ajoutent annuellement 16 550 F dont 750 F de bains de novembre à mars, ce qui correspond à une ouverture à l'année. Il y a 2 000 F de droits payés par les garçons de bains, 7 000 F provenant de la location de l'hôtel de la Reine, 1 500 de celle du Bain Fort, 300 F de la location du moulin, 2 000 F de la location de la maison privée, 1 500 F du café et 1 500 F du produit des vignes et pâtures.
Une fois les impôt fonciers, la patente et les dépenses d'entretien déduits, le rendement net annuel est estimé à 44 183 F.
Le prix du bains était, avant 1878, de 1 F sans heures réservées. En 1879 il a été porté à 1, 10 F et à 1, 25 F pour les heures réservées. Les buvettes, jusqu'alors libres d'accès sont jugées comme une source de revenus faciles à établir : l'auteur prévoit 2 F par saison et par baigneur ce qui pourrait rapporter de 8 à 10 000 F. Sur le modèle d'Alet, il voudrait procéder au commerce de l'eau embouteillée.
Les changements de propriété
L'autorisation d'exploitation et de vente est néanmoins à nouveau obtenue le 26 septembre 1885 tandis que Marie Gastilleur (soeur du maire de la commune) met au jour une nouvelle source (nommée Marie) le 9 mars 1886 , à 13 m de profondeur, et obtient l'autorisation d'exploitation et de vente. Un établissement avec 6 cabines de bains (6 baignoires en fonte émaillé) et une cabine de douche est construit. Une maison aménagée en chambres meublés est aménagée au-dessus de ces bains. En retour Mme Fleury lance des démarches pour obtenir la déclaration d'utilité publique et un périmètre de protection élargi, ce qui est chose faite le 29 juillet 1889.
La famille Fleury est expropriée par un jugement du 17 juin 1889. Une société administrative est fondée le 8 avril 1896 par les repreneurs, pour relancer la station : la Société particulière et civile d'administration des Bains de Rennes. Parmi les fondateurs se trouvent les Gastilleur qui apportent la source froide dite Fontaine d'Amour, utilisée en boisson, avec immeubles et matériels de l'exploitation (AD Aude S 801) et la source chaude Marie, qui alimente un petit établissement avec baignoires en fonte, cabines de douches, salles de douches et fontaine-buvette. Ils apportent aussi le Grand Hôtel et sa remise le café casino. Leurs partenaires (MM Coll, banquier, Bories, notaire et Satgé) apportent les sources froides du Pontet, du Cercle et de la Madeleine, utilisées en boisson, et les établissement des Bains Forts, Doux et de la Reine. Ils gardent à usage propre le pavillon annexe de l' hôtel de la Reine et son mobilier avec ses dépendances (écurie, remise).
Le 17 avril 1898, les source sont déclarées d'intérêt public et un périmètre de protection est établi. La société de 1896 se divise en deux sociétés rivales : la compagnie des eaux minérales et thermales de Rennes-les-Bains et la Société de Rennes Thermal.
En 1902, Lagarde (op. citée, p. 90-92), indique qu'on trouve à Rennes toutes les commodités et qu'en dehors des appartements et des repas qu'on peut prendre dans les hôtels, la plupart des habitations louent des chambres et mettent à disposition des baigneurs des cuisines où chacun peut préparer ses repas. Beaucoup de propriétaires offrent ce service. Le prix moyen par moyen ou par lit garni est en moyenne de 1,25 F ; la redevance pour la cuisine à disposition est laissée à l'appréciation du touriste. Il en est de mème si l'on fait préparer ses repas avec les provisions qu'on achète ou fait acheter. Lagarde recommande les établissements de M. Viviès qui propose dans la grandE rue des chambres, une cuisine bourgeoise et un salon de coiffure. M. Ph Pautou tient l'hôtel de la Reine associé à l'établissement thermal et à un café situé en face. M. P. Cadenat tient l'hôtel de la Grille, associé à la Source Marie, ainsi que le Grand Café de la Grille, sur la place. Le pharmacien le plus proche, M. Peille, est à Couiza. Le Dr. Echernier propose des consultations et est associé au Bains Fort.
Une nouvelle société est créée en 1912 : la société anonyme des Bains de Rennes.
En 1913 puis en 1921, l'académie de médecine étudie la demande formée par la commune en vue d'une reconnaissance en station hydrominérale. En 1914, l'académie juge que la qualité de la station hydrominérale ne saurait être contestée, mais sursoit à un avis pleinement positif car les conditions hygiéniques de la station laissent à désirer. Elle demande à la commune de procéder à des travaux d'assainissement, tant pour l'alimentation en eau potable que pour l'évacuation des eaux usées autrement que directement dans la Salz.
En 1946, l'aménagement de la piscine au parc du Bain de la Reine par la société de Rennes Thermal provoque la destruction des vestiges antiques, soit d'un dallage de mosaïques (Courrent, 1948).
Les deux sociétés fusionnent le 7 juillet 1967 sous le nom de Rennes Thermal qui gère les trois bains, Forts, de la Reine et Doux. Les bains de la Reine sont transformés en centre de réadaptation fonctionnelle, puis en centre de remise en forme.
En 1982, les thermes sont rachetés par la Ville qui fait réaménager les sources et augmenter les capacités d'accueil. En 1985 des fouilles de sauvetage sont menées mais en 1987, l'aménagement d'un parking fait disparaître les derniers vestiges antiques. En 1992, la crue du Sals, le 26 septembre, provoque des inondations et la destruction partielle du Bain Doux.
De nouvelles fouilles sont conduites par l'archéologue Patrice Alessandri en 1993 au parc de l'hôtel de la Reine.
Cartes postales anciennes Rennes-les-Bains