Deux tuileries briqueteries se succèdent à Saint-Quentin. La première tuilerie est propriété de William de Rouzaud, descendant des Espert de la Tour. La première briqueterie se trouvait plus haut que l'actuelle, après la dernière maison à droite en allant en direction de Queille. L'argile était alors prise sur place, juste au-dessus, au bout de la colline. La re-création de la tuilerie après la 2e guerre mondiale répond au manque de production locale : il n'existait que 3 briqueteries en Ariège couvrant à peine un cinquième des besoins du département en briques et tuiles (« produits rouges »). C'est en 1946 qu'a lieu la création de la SARL Tuileries de St-Quentin, au capital de 5,7 millions de francs. Larrivée de l'entreprise relance la démographie du village. C'est André Rinaudo qui fait construire la 2e briqueterie par une main d'œuvre constituée de prisonniers allemands cantonnés à St-Quentin. La fabrique utilise notamment dès lors l'argile de la carrière de Régat (entre 1953 et 1966 a priori). En février 1947, on procède à l'augmentation du capital à 11,1 millions de francs. En mars 1953, ce capital est porté à 15,9 millions de francs, pour une projection sur un capital de 22,2 millions en 1954. L'usine a été initialement conçue pour une production journalière de 20 tonnes de produits rouges, avec passage prévu à 50 tonnes/jour en 1955. Le chiffre d'affaires augmente avec le temps : 5,8 millions en 1948 ; 29,7 millions en 1951 ; 57,1 millions en 1954. La clientèle, en 1954, va jusqu'à Toulouse, Carcassonne et Perpignan. L'entreprise bénéficie d'un marché notable de 400t/mois avec un client toulousain. La demande est alors supérieure à la production. Ces chiffres ne concernent que les produits rouges (et non les innovations en cours, voir plus bas). En 1955, A. Rinaudo effectue une demande de prêt de conversion à l'État. L'entreprise semble en effet se démarquer dans la conception de matériaux nouveaux (blocs céramique, servant à la construction de bâtiments à Foix et Montgailhard), avantageux sur le plan financier et logistique (compétences de simples manœuvres suffisantes, induisant un travail plus rapide). La reconversion démarre en fait dès 1952. Le nouveau filon est motivé par la crise du textile et le problème mono-industriel, mais aussi le souci d'abaisser le prix de revient dans la construction. Cependant, la trésorerie de l'Ariège fait observer que l'entreprise a des problèmes de créances. Le nouveau procédé se matérialise par un recours à la fabrication en poudre sèche, et non plus pâte humide (compression et cuisson des blocs en terre sèche). On importe une machine d'Italie permettant la fabrication de blocs en terre cuite de grande dimension (25/50/50) ; la tuilerie de St-Quentin devient de fait la 2e usine au monde à procéder ainsi. De nouveaux produits (plus grands, donc) sont élaborés, permettant une réduction de 30% sur le prix du gros oeuvre de la construction. Parmi les constructions, un immeuble expérimental de 16 logements destinés à la Préfecture de l'Ariège, conçu par l'architecte départemental Jean Bordes (14,5 m de haut ; 46 de long ; 8 de large) : il s'agit du bâtiment aujourd'hui en D2988, 2 avenue de la Carane à Foix. L'usine est propriétaire des terrains où elle a bâti ses locaux (bureaux, garages, maisons ouvrières, unité de production). Elle exploite la matière première dans des carrières à ciel ouvert de 3 ha à Laroque. En 1962, on sait quil est prévu de créer un dépôt de fioul de 40 000 litres ; cette cuve doit alimenter le nouveau dispositif de chauffage du four de cuisson. En 1964, un nouveau dossier est soumis pour un autre dépôt de 50 000 l, destiné à l'alimentation d'un nouveau four tout juste construit.
L'entreprise comptabilise 36 emplois en 1948, 65 en 1954, 45 en 1968.