Dossier d’œuvre architecture IA09010242 | Réalisé par
  • patrimoine industriel
carrière et plâtrière Vidal, puis Joseph, puis de la SAF ; atelier de broyage de corne et fabrication d'engrais Ferrié puis Cubilié, dit usine Saint-Louis
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Pays des Pyrénées cathares

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ariège
  • Commune Lesparrou
  • Cadastre 2022 B 814, 1544
  • Dénominations
    carrière, aire de concassage, plâtrière, usine liée au travail de la corne, usine d'engrais
  • Précision dénomination
    usine de broyage de gypse et production de plâtre, atelier de broyage de corne et fabrication d'engrais
  • Appellations
    Vidal, puis Joseph, puis SAF, puis Ferrié, puis Cubilié, dite usine Saint-Louis

Implantation d'une usine à proximité de la carrière de gypse dite de Saint-Louis, pour transformer le matériau en plâtre (présence de fours). Attestée en parcelle B814, propriété Ferrié dans les années 1950. Dite « usine Saint-Louis ». Exploitation dans la 1e moitié du XXe siècle : la carrière apparaît dans les annuaires de l'Ariège de 1905 (plusieurs exploitants successifs : Vidal en 1913, Joseph en 1925, Société des Albâtres français en 1936…). Deux filons souterrains. Un micro-toponyme « La Platrière » tout proche atteste l'activité minière. La maison en B762 (ancien jardin des Papillons d'Amarante) était aussi propriété de M. Ferrié. En 1957, plâtrière et maison sont reprises par la SARL Léonce Cubilié et Cie (société de peignes de Bélesta, voir IA09000878), qui en fait un dépôt de corne. En 1963, Léonce Cubilié est présenté comme « industriel, représentant-négociant, ex-membres du comité technique d'importation tabletterie bimbeloterie Ministère de l'Industrie et du Commerce ». Sa société a comme objet « fabrication des peignes, achat et vente des cornes et produits de corne, achat et broyage de toutes matières animales et vente d'engrais azotés ». L'existence du site résulte de la production de déchets de corne dans le cadre de la fabrication des peignes à l'usine du Pont à Bélesta. Ces matières (cornes de têtes, « cornes de pied » soit onglons et sabots, os) sont broyés pour faire de l'engrais. Origine des matières : Argentine, Chili, Colombie, Mexique, Paraguay, Uruguay, Venezuela, Afrique du Nord, Madagascar, arrivant par bateau via Marseille, Sète et Bordeaux ; arrivages également d'Europe continentale et de France. Les matières sont déchargées au bâtiment n°10 (voir plan en annexe). Matériel présent : concasseur à marteaux ; broyeur à marteaux ; trommel (tamisage/calibrage) ; mélangeur. Existence d'un moteur électrique alimenté par un poste de transformation propriété de la société. La manutention est assurée par deux sauterelles et 1 monte-charge et un système de voies ferrées de type Decauville. L'engrais produit est riche en azote organique. Utilisation par les viticulteurs des Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault ; maraîchers et fleuristes, arboriculteurs. Egalement des exportations. Quelques usages dans la chimie. En 1963, attestation de nombreux courriers de M. Carbonneau, des Grassets, au maire, sur la livraison de matières venant d'équarrissage à l'usine, qui demandent la fermeture de l'usine. Les plaintes émanent aussi de Jean Cassagnaud. Le 3 mai 1963 a lieu une visite inopinée du directeur de la santé, qui ne constate aucune infraction, et attribue aux mésententes entre fabricants de peignes la cause des tensions. Le 9 mai 1964, le maire reproche à M. Cubilié de ne pas procéder au séchage correct de ses cornes, en les recevant vertes et en les entreposant dans de mauvaises conditions au mépris de la réglementation. On sait qu'il y a eu des tensions avec la mairie de Lesparrou ; le maire reprochant de ne pas payer impôts et patente (contredit par Cubilié) et de stocker des matériaux suspects dans les anciens souterrains de la plâtrière (idem). En février-mars 1964 se tient une enquête, débouchant finalement sur l'avis favorable du commissaire-enquêteur concernant l'autorisation de fonctionnement. Le 17 mars 1964, Léonce Cubilié présente un mémoire dans le cadre de l'enquête. Il y est rappelé qu'au 18 février 1964, le Groupement syndical professionnel du peigne et des industries connexes de l'Ariège et de l'Aude, a émis une délibération, visiblement à l'instigation de la société Azéma, contre la Chambre syndicale dont Cubilié est le président (L. Cubilié rappelle qu'en 1948, M. Azéma-Bigou, alors président de la Chambre, a été démissionné de celle-ci par les membres de la Chambre). En conséquence, le 15 juin 1948 était fondée la Chambre syndicale des fabricants de peignes de l'Ariège, présidée depuis 1960 par Cubilié. La mort de M. Azéma-Bigou en 1956 avait permis de normaliser les relations entre Azéma et Cubilié, jusqu'en 1960, date à laquelle M. Azéma, partisan d'une re-concentration de la fabrication du peigne en deux ou trois usines seulement, est mis en minorité et battu par Cubilié à la présidence de la Chambre. Par la suite, Azéma, en conflit avec Cubilié et la Chambre, fait lui aussi l'objet de plaintes pour nuisances olfactives. A noter qu'Azéma est à l'origine de 2 groupements dissidents opposés à la Chambre syndicale : la Société d'études pour l'achat de la corne (créée en 1962) et le Groupement professionnel, dissidence de la Chambre (en 1963). Il favorise Fouet, à qui il entend conférer le rôle de seul collecteur de cornes. En 1964, le Groupement réunit Azéma-Bigou, Delpech & Cie, Le Présent, Aubin Fouet, Adolphe Jouret Fils, Rihou & Cie et Adrien Vidal. Le 29 avril 1964, la réunion du Conseil départemental d'Hygiène rappelle, dans le cadre de la régularisation administrative de l'usine de broyage Cubilié, que le site comprend les bâtiments d'une ancienne plâtrière, ensuite refaits, aménagés et équipés d'un nouveau matériel, avec adjonction notamment de hangars métalliques à auvents. Il est à nouveau spécifié que les matières premières comprennent : cornes et os à l'état sec, venant d'Europe, Afrique du Nord, Madagascar et Amérique du Sud, acheminées par train ou camion, puis concassées et transportées par wagonnets jusqu'au broyeur ; ensuite recueillies dans un transporteur mécanique, dépoussiérées par aspiration puis calibrées dans le "Trommel", ensuite transférées à l'étage d'un bâtiment où se fait le mélange dans le mélangeur, avant ensachage au RDC. On précise aussi l'existence d'un système de ventilation/aspiration pour limiter la dispersion des poussières. En octobre 1964, la Préfecture signale à la CCI que la régularisation du broyage attendra le passage des élections municipales, de manière à ne pas attiser la tension déjà très forte. En décembre 1964, la régularisation est signée (arrêté du Préfet le 8 décembre). Elle concerne bien une usine qui fonctionnait déjà de longue date.

En 1963, l'usine de la Plâtrière embauche 10 personnes. En 1964, l'entreprise Cubilié emploie 65 ouvriers (deux sites confondus de Bélesta et Lesparrou a priori). Elle dispose de la carte d'exportateur.

  • Période(s)
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, envahi par la végétation, mauvais état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
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Documents d'archives

  • Archives départementales de l'Ariège : 325w223, 482w101

    AD Ariège : 325w223, 482w101
  • Données orales mairie de Bélesta (MM. Germa et Tisseyre).

Bibliographie

  • Ouvrage Lesparrou nostro coumuno.

Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2022
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Pays des Pyrénées cathares