Le pays d'Olmes concentre un nombre important d'ateliers de tisserands. Ces édifices de taille modeste sont constitutifs de l'identité paysagère de ce territoire industriel textile. Ils sont l'expression d'un système économique particulier, fondé sur la sous-traitance, particulièrement efficace au milieu du XXe siècle. La plupart de ces ateliers sont en effet construits à l'initiative de travailleurs indépendants, qui tissaient à domicile. Ces « artisans tisserands » ou « tisserands patrons » (la différence d'appellation réside dans le régime de sécurité sociale) travaillent « à façon » pour le compte de donneurs d'ordres, les fabricants, qui eux-mêmes fournissent les modèles sur la base des commandes des clients du secteur de la confection. Les fabricants disposent pour certains d'usines et matériels propres qui fonctionnent en parallèle (ils sont dits « intégrés » s'ils assurent en leur sein toutes les étapes de fabrication). D'autres fondent exclusivement leur activité sur le tissage de ces artisans : ce sont les fabricants sans matériel, dit « fabricants en chambre », qui créent le dessin et s'occupent de la vente, mais donnent à faire à façon toutes les autres étapes, de la filature aux apprêts. Les fabricants sont les seuls habilités à signer ces tissages dont ils sont les créateurs. Certains foyers de tisserands cumulaient l'activité indépendante avec un emploi ouvrier, salarié. Ponctuellement, on observe la pratique de déclarer le tissage familial au nom de l'épouse. L'ensemble du foyer, parfois sur trois générations, est souvent employé au tissage, avec partage des tâches. Les journées de travail étaient longues. La polyactivité tissage/agriculture, commune au XIXe siècle, reste également répandue jusqu'au milieu du XXe siècle autour de ce modèle d'organisation : les ouvriers-paysans sont alors présentés comme « simples jardiniers de leurs maigres terres » (Minovez). Les avantages sont partagés : ces occupations plurielles permettent aux ouvriers et artisans de « se constituer des suppléments de ressources appréciables » (Tanière, 1954), tandis que ce mode de fonctionnement confère aussi une souplesse appréciable aux industriels chargeurs, qui peuvent se tourner aisément vers d'autres façonniers sous-traitants en cas de désaccord. Si la sous-traitance est déjà répandue au XIXe siècle, la très grande majorité de ces ateliers est édifiée durant la décennie 1950 (1947-1964 pour l'essentiel). Le contexte l'explique. En 1952, l'industrie textile connaît une crise majeure, causée par la conjonction de plusieurs facteurs (dont les effets de la guerre de Corée et du réarmement de l'Europe causant la hausse de certaines matières premières). Pour parvenir à moderniser leur équipement dans un contexte tendu, les industriels louent ou vendent leur vieux métiers à ces tisserands, soucieux de gagner en revenus, moyennant un fonctionnement parfois continu, 24 heures sur 24. Les ateliers accueillent un nombre assez faible de métiers à tisser (parfois un seul). Certains servent aussi partiellement voire exclusivement de dépôts de matières ou d'ateliers d'effilochage d'étoffes déjà tissées, recyclées pour de nouveaux tissages. Le système des artisans tisserands décline à partir des années 1970 au profit du salariat, avec la concentration de l'activité au sein de quelques grands groupes industriels aux conditions d'emploi plus avantageuses (entreprises Roudière, Michel-Thierry ou SOTAP-Carol principalement), devient très marginal à la fin des années 1980 (moins de 10 en 1989), et disparaît définitivement au début des années 2000. Les ateliers sont progressivement reconvertis en garages, ateliers mécaniques, cabanes de jardins, et pour certains en maisons d'habitation. Certains ont été démolis. On évalue leur nombre à environ 300 à l'échelle du bassin textile du pays d'Olmes.
- patrimoine industriel
- (c) Inventaire général Région Occitanie
- (c) Pays des Pyrénées cathares
Dossier non géolocalisé
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Dénominationsatelier
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Aires d'étudesAriège
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Adresse
- Commune : Villeneuve-d'Olmes
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Période(s)
- Principale : milieu 20e siècle
Il existe trois formes architecturales dominantes : l'atelier sous toiture à deux pans ; l'atelier sous shed unique (toiture en dent de scie) ; l'appentis accolé à la maison d'habitation. Il existe en outre quelques cas d'ateliers disposant d'une toiture à deux, voire trois sheds. Les ateliers sont généralement construits en briques, enduites de béton. L'édifice dispose d'une entrée simple, souvent remaniée pour accueillir une porte de garage. Les ouvertures latérales consistent généralement en des fenêtres vitrées à petits ou moyens carreaux. La couverture est faite de tuile mécanique ou de plaques de fibro-ciment. Le pan vitré des toitures en sheds est généralement constitué de verre martelé.
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Toits
- (c) Inventaire général Région Occitanie
- (c) Pays des Pyrénées cathares
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- (c) Pays des Pyrénées cathares
- (c) Inventaire général Région Occitanie
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Documents d'archives
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AD Ariège : 54W339-340
Archives départementales de l'Ariège : 54W339-340 (matrices cadastrales après rénovation).
Bibliographie
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TANIERE M., "La région industrielle de Lavelanet. Notes de géographie sociale", Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, tome 25, fascicule 1, 1954. pp. 59-70.
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Mivovez (Jean-Michel), "Conflits et coopération dans la structuration et la déstructuration des territoires de l'industrie du Midi, XVIIIe-XXe siècles", Rives méditerranéennes, 38 | 2011, pp. 11-25.
p. 11-25
Documents multimédia
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Institut National de l'Audiovisuel
Reportage télévisé INA : 5 avril 1989.