En 1869, le fabricant Jean-Baptiste Mas demande l'autorisation d'installer une usine textile, comprenant filature, foulerie et apprêts, sur un terrain qu'il possède près du Touyre, justifiant cette implantation par l'éloignement des usines les plus proches. Le site, à cette époque, accueille déjà deux barrages sur le Touyre. L'un, déviant la moitié des eaux de la rivière en rive gauche, est propriété Mas, issu de travaux de précédents propriétaires n'ayant jamais concrétisé leur projet de construction d'usine. L'autre dévie une partie des eaux en rive gauche pour irriguer les prés et champs des héritiers Roubineau. Jean-Baptiste Mas projette de remplacer ces deux barrages par un nouvel ouvrage perpendiculaire au Touyre, censé dévier en rive gauche l'eau nécessaire au fonctionnement de sa nouvelle usine, le long du canal déjà creusé. Mas obtient l'autorisation des travaux en 1870, mais ces derniers tardent à être effectués. Le procès-verbal de récolement du règlement des eaux, daté du 20 novembre 1871, précise que dans l'intervalle, deux usines textiles ont été installées au bord du canal, gérées par deux gendres de Mas, Urbain Vidal et Paul Mouton. Paul Mouton exploite cette usine, une filature de laine, jusqu'à ce qu'elle passe aux mains du banquier Hector Roques vers 1875, puis du descendant de ce dernier, Jean-Baptiste Roques. Parallèlement, l'apprêteur Urbain Vidal exploite une papeterie, réunie à une date inconnue à l'usine Roques. En 1871, Vidal et Mouton se présentent comme représentants des intérêts de leur beau-père Mas. Ce dernier reconnaît n'avoir pu achever les travaux du barrage en raison du manque d'ouvriers « conséquence des derniers événements », probablement le conflit de 1870-1871. Un nouveau délai d'un an supplémentaire lui est accordé, puis deux nouveaux reports sont consentis en mars, puis octobre 1873 jusqu'à l'été 1874, Mas motivant alors son retard par l'irruption de crues durant l'année 1872. Le nouveau procès-verbal de récolement du règlement d'eau signé le 3 novembre 1874 reconnaît la conformité des travaux enfin réalisés. Les bâtiments sont très largement remaniés et agrandis vers 1918-1919. Vers 1930, le site industriel entre au compte de la Société lavelanétienne des Moulines ; il réunit alors une filature, des ateliers de tissage et d'effilochage, une teinturerie et diverses dépendances. L'entreprise est transmise à Louis Fonquernie au début des années 1940, qui est présenté comme fabricant semi-intégré et cesse son activité à la fin du XXe siècle, après avoir exploité l'usine sous le nom d'usage « Mouton ». Dans leur grande majorité, les bâtiments industriels sont détruits en deux temps, vers 1995 (la cheminée en 1996) puis vers 2010.
L'entreprise emploie 51 ouvriers à la fin des années 1950.