Le site connaît une occupation industrielle ancienne. Au XIXe siècle, on y trouve le « foulon de Maunié » ou « Monié », alimenté par un canal de dérivation. Sur le plan du Touyre de 1895 (AD 09, 7 S 435), le petit canal d'origine semble avoir été agrandi (remontée en amont de la prise d'eau et construction d'un barrage invisible sur le cadastre napoléonien). Le site industriel est alors occupé par deux usines : les apprêts et foulerie Doumenach (créés en 1870) et l'effilochage Baudru. Sur la liste de 1895, les usines de Doumenach (foulerie et parerie) sont dites propriété Caussou. C'est dans ce même secteur que s'établissent les établissements Couquet. Fondée à Lavelanet en 1871, cette entreprise de tissage de laine cardée et filature devient lune des principales usines textiles de la place au début du XXe siècle. Plus tard, les Couquet (Emile, puis Pierre) sadjoignent teinture et apprêts, puis reconvertissent leur activité vers 1958 autour de la moquette.
L'artiste-peintre Mady de la Giraudière, fille d'Emile Couquet, est l'épouse de Michel de la Giraudière, fondateur de son propre tissage Couquet Gendre à Dreuilhe (IA09010129). La « Société industrielle de fabrication des Ets Couquet jeune » est fondée en 1947 par association de Pierre Couquet et d'Alexandre Serris, négociant toulousain (AD 09, 123 W 41), comme SARL au capital d'un million de francs. Pierre Couquet détient alors 900 parts, Alexandre Serris 100. L'année suivante, Pierre Couquet cède 400 parts à Michel de la Giraudière (au même moment, M. de la Giraudière fait de même à l'égard de P. Couquet concernant sa propre société de Dreuilhe). Après sa mort en 1962, Serris est remplacé comme associé par sa veuve et son fils. Couquet se fait connaître par la conception de la tapisserie Montségur, utilisée pour la décoration intérieure du paquebot transatlantique France (1 200 pièces équipées, dont la salle de spectacle, pour un total de 33 000 mètres carrés). Pierre Couquet reçoit le Mercure de Bronze en 1966 lors d'une cérémonie à la Tour Eiffel.
En 1967, l'usine fait l'objet d'un reportage télévisé vantant les innovations en matière de chimie. A cette date, Couquet produit 45 000 mètres carrés de moquette chaque mois, dont 80 % préfabriqués. Les bâtiments sont remaniés à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (démolition de la cheminée en briques en février 1969, projet de bâtiments modernes ). Jusqu'à sa fermeture au début des années 1970, l'entreprise Couquet (« SIF-Couquet Jeune ») est établie dans un ensemble industriel composé de deux bâtiments principaux, dont le plus récent, édifié après 1967, est ensuite réinvesti par le transporteur Marquis, vers 1970-1972. Ce dernier, était auparavant établi au 53 de l'avenue Alsace-Lorraine, à proximité. Les transports Marquis, fondés en 1923, fonctionnent essentiellement à l'échelle locale avant les années 1940, puis bénéficient du développement du textile et acquièrent un rayonnement international dans les années 1950 (Belgique, Allemagne, Angleterre, Pays-Bas). En 1956, la société dispose d'une flotte de douze véhicules. L'effectif grimpe jusqu'à 150 semi-remorques. Marquis ouvre des succursales à Toulouse, Castres, Perpignan, Paris, Tourcoing, Ensisheim et à l'étranger. Dans les années 1970, elle met en place des convois en ferroutage à partir de Toulouse. A partir des années 1980, l'activité est essentiellement portée par les affaires des groupes Roudière puis Chargeurs et Michel-Thierry. L'entreprise ferme en 2005. Le bâtiment principal est démoli en 2014. Le bâtiment subsistant, contigu, est ultérieurement occupé par plusieurs activités industrielles et artisanales successives ou simultanées (Tissages de la Prairie Mico, société Comas et Jouret). Demeurent quelques vestiges de l'entreprise Marquis au nord de l'emprise (station de lavage des camions notamment), jusqu'à leur destruction et remplacement par un nouveau local commercial en 2021.
A la fin des années 1950, l'entreprise Couquet Jeune emploie 95 personnes. En 1972, les effectifs se montent à 97 personnes. Au plus fort de son activité, le transporteur Marquis salarie 110 personnes, à travers ses implantations locales, nationales et internationales.