La société est fondée en 1947 sous le nom de « Filature du Gabre », par association des parisiens André et Hélène Friloux et Joseph Schilansky, et du tarnais Roger Bénézech (AD 09, 123 W 41). Son siège social est alors localisé au 15 route de Bélesta, à Lavelanet. Le terrain où le bâtiment est construit est un apport de M. Friloux. En 1947, un premier atelier en limite est du site actuel est occupé. Les quatre associés se partagent chacun 750 parts du capital social de départ. En 1955, la société est cédée à l'industriel lavelanétien Robert Chaubet, résidant rue du Gabre, associé à Adolphe Chaubet, nouveau gérant, et aux négociants parisiens Charles Strasberg, Adalbert Ceckhall-Segal et Fissel Kaminsky. Entre temps, la société devient « Filature et tissage du Gabre ». Elle fusionne en 1956 avec la société parisienne Ségal et Cie, et devient société anonyme Filatures et tissage du Gabre Ets Ségal et Cie. Le capital est aux mains de trois associés, MM. Ségal, Zylberman et Robert Chaubet, ce dernier étant gérant. Le bâtiment est agrandi vers la fin des années 1950, vers l'ouest. L'entreprise produit initialement du fil et du tissage cardé. En 1965, l'activité est réorientée. Le département « création » est supprimé, et trois unités nouvelles sont mises en place. La première est dévolue à la fabrication d'ouates synthétiques pour vêtement, revêtements de sols, tapis. La deuxième produit de l'ouatinage pour articles matelassés. La troisième réalise des matériaux d'isolation thermique et phonique pour le bâtiment. Cette reconversion fait de l'entreprise la pionnière sur ce créneau en pays d'Olmes. Elle est motivée par les coûts générés par le recours à de nombreux façonniers, et par la concurrence italienne sur le secteur textile habillement. A cette occasion, l'entreprise revend donc son matériel et en rachète en Angleterre et aux Etats-Unis. Parmi ses productions, l'usine propose le revêtement de sol Carpette Cathare et l'isolant Calorouate-Rhovyl (marque déposée et brevetée ; Rhovyl étant une fibre synthétique PVC développée par Rhône-Poulenc), qui constitue un matériau testé au Centre scientifique et technique du bâtiment et au laboratoire des Arts et métiers. Une dernière extension du site est opérée au milieu des années 1970, donnant aux bâtiments leur physionomie actuelle. L'entreprise cesse son activité à une date inconnue. Les bâtiments sont occupés par une entreprise de mécanique et chaudronnerie.
L'entreprise compte 4 salariés avant reconversion. Ils sont 14 après reconversion (début 1966), puis 20 fin 1966.