A l'instar de nombreux terrains de la commune de Dreuilhe, le site est une propriété Caussou, occupé à partir de 1896 par une filature (partie B) et une foulerie (A), dont le fonctionnement est permis par la dérivation à travers la plaine de Rébiroles du canal de fuite des autres usines que Caussou possède en amont (IA09010102). La filature est partiellement démolie dans les années 1910, puis reconstruite est reprise par les associés Victor Chanche et Fauché en 1926. Le 31 décembre 1916 (enregistré le 2 janvier 1917), Victor Eugène Chanche, directeur d'usine à Dreuilhe, et Marius Fauché, industriel de Lavelanet, avaient formé entre eux une société en nom collectif ayant comme objet l'exploitation de la filature de laine et coton dite « de St-Pierre », établie à l'Entounadou. M. Chanche est alors présenté comme locataire suivant bail établi à Lavelanet en 1911. La société est fondée pour 10 ans, disposant d'un capital de 24 000 francs, déjà versé pour l'achat de matériel de filature. Chanche est seul directeur, et loge à côté. On comprend que l'usine, le logement, les granges et le jardin sont loués à Caussou. Sont à la charge de la société : loyer de l'usine, des logements ouvriers et dépendances, du logement de Chanche, leur entretien, le salaire des ouvriers, la patente, les primes d'assurance incendie et accidents. Chanche et Fauché sont encore présentés comme exploitants de la filature de laine dans les années 1920 à 1930. Ils investissent aussi la maison d'habitation (C), construite au sud du site. Au niveau de la filature (B), Edmond Jammes utilise le bâti comme garage de 1939 à 1974, et avec son associé Louis Sarda, exploite un atelier d'effilochage dans une partie du site, probablement située entre la filature Chanche et Fauché et la maison (C). Les sociétés cessent de fonctionner à une date inconnue. Le foulon (A) et le logement qui lui est attaché sont transmis à Jean Vidal Pidoux en 1931. Le foulon sert un temps d'atelier d'outillage pour les foulonniers Castel (IA09010129) et Marie Grauby, avant abandon en 1962. En 1965, la société textile de Constant Fonquernie, établie un peu plus en amont (IA09010083) reprend la parcelle comprenant toujours foulon et logement, ainsi que des terrains autour. Le bâtiment est ensuite désaffecté, en ruine à partir des années 1980. De l'autre côté de la route, les Caussou avaient fait établir une écurie (D), reprise par Chanche et Fauché en 1926. Ces derniers l'exploitent en tant que remise, avant d'abandonner le bâtiment, en ruine dès les années 1970.
L'effilochage d'Edmond Jammes emploie deux personnes à la fin des années 1950. Les usines de l'Entounadou sont touchées en 1903 par la grève des ouvriers fileurs de Lavelanet et Laroque, demandant des augmentations de salaire (présence de 15 ouvriers de l'Entounadou lors du mouvement du 26 janvier, avant reprise du travail le 31).