René Calvet met en place un tissage intégré : son usine est l'une des rares du territoire à disposer d'une unité de lavage de la laine, permettant à la laine achetée « en suint », directement tondue du mouton, d'être épurée sur place dans une machine de type Léviathan. En 1971, René Calvet décède. Le règlement d'importants droits de succession fragilise la transition : la gérance est assurée par le fils, Jean-Claude Calvet, qui achète en leasing de nouveaux matériels, et engage dès 1972 le travail de tissage à façon de manière majoritaire, au détriment de la création. Le tissage est donc délaissé temporairement. J.-C. Calvet est épaulé à partir de 1976 par sa soeur, Mme de Rochette, qui le supplée dans la gérance. En 1978, la société Calvet recrée un stock matières, et financée par des fonds familiaux, relance les créations propres, l'unité de filature et modernise le processus de fabrication et la gestion administrative et financière, mais de nouvelles difficultés apparaissent, obligeant à une réduction du volume produit et des effectifs. En 1980, la SARL Calvet jeune fabrique des tissus lourds de laine cardée destinés à la confection de manteaux d'hiver pour femmes et enfants, et de manière générale des tissus standard pour grande diffusion, de teintes unies. A cette date, les trois productions majoritaires sont du tissu « shetland » en matières croisées laine-polyester, à base de laine néo-zélandaise, du tissu « tweed » tissé à partir de laine galloise et polyester, et du tissu haut-de-gamme en poil de chameau pur. C'est à cette époque que l'entreprise abandonne les tissages en pur laine, trop coûteux. Les principaux clients sont les grossistes parisiens (Cantex, Dormeuil, Barbier) ou roubaisien (Derville), et les confectionneurs de Paris (Dity, Rosa-Gouz, CED, Dubarry, Berneman, Bourstin) ou de la moitié nord de la France (JCB, Lener Cordier, Cléry, Lamidon, Camus et Duhayon). Les fournisseurs en laine britannique et néo-zélandaise sont Segard ou Alma (Tourcoing), et le suisse Louis Buet (et Wotex pour le chameau), le britannique Waxman et le lavelanétien Jaumejoan pour les matières synthétiques. L'entreprise crée alors ses propres mélanges et coloris, conçoit son fil (dispose de deux cardes automatiques et de continus à filer et renvideurs) et réalise à la fois le tissage et la teinture. Les apprêts sont cependant réalisés en sous-traitance. L'usine est ensuite reprise par Michel Thierry, qui y installe une unité d'apprêts et finitions, dirigée par Marcel Pouzenc, industriel de Castres. Dans les années 1990, Michel Thierry s'allie au tarnais Carreman : la société Carreman-Michel Thierry devient la branche habillement du groupe Thierry. En pays d'Olmes, trois usines fonctionnent pour ce groupement : La Ruche à Villeneuve-d'Olmes (IA09010028), celui de la Fonde dans la même commune (IA09002835) et l'usine du Stade à Lavelanet. L'usine fonctionne ainsi jusqu'à la fin des années 2000. Dans le courant des années 2010, le bâtiment est scindé en trois entités indépendantes, accueillant diverses activités industrielles et artisanales.
A la fin des années 1950, le tissage René Calvet emploie 37 personnes. En 1979, la société de teintures et apprêts Solaprêt compte 55 employés, puis 32 salariés en 1980, 32 salariés (dont 26 ouvriers) en 1982, 25 en 1983, et 30 en 1984.