Statue de saint Vincent inscrite au titre des Monuments Historiques, avec la datation de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle, correspondant à sa stylistique. Il s'agit de la représentation du saint titulaire de l'église, sans doute placée auparavant au centre du retable primitif du maître-autel aujourd'hui disparu. Toutefois un document du milieu du 17e siècle, mentionne l'exécution et la dorure d'une statue de saint Vincent pour la somme de 90 livres : "item avem fet lo St Vicens entre mans y dorar [...] 90 II". Cette dépense a été réalisée durant le sacerdoce de Sebastià Junci (1642-1652). S'agit-il de la même sculpture? Dans cette hypothèse, la statue daterait plutôt du milieu du 17e siècle. Dans le même document, parmi les nombreuses réalisations mentionnées, l'autel de saint Vincent est également cité : "Item altras per lo altar de Sant Vicens ab partes de flandes ".
Le retable majeur actuel date du 18e siècle (vers 1750). On peut supposer que la statue ait été retirée à ce moment là et "restaurée" (pour une mise au goût de l'époque) car avant la restauration de saint Vincent en 2018, le vêtement du saint était entièrement recouvert d'une dorure, datant de la fin du 18e siècle ou du début du 19e siècle. Le dégagement des repeints sur l'ensemble des vêtements (aube et dalmatique) a permis de retrouver le vêtement dans son état originel et de mettre à jour le collet de la dalmatique, la collerette et l'aube également. La restauration a également mis en évidence pour la polychromie l'utilisation du bleu azurite qui est un pigment minéral (carbonate basique de cuivre). Utilisé depuis l'Antiquité, il obtient un succès important au Moyen-Age, puis ensuite vers le 15e siècle, est fabriqué un pigment artificiel comparable à l'azurite (bleu verditer ou cendres bleues).
La statue de saint Vincent a été restaurée par Christiane de Castaigner (restauratrice bois polychrome au Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine) en 2018. Son pendant, une statue de même facture et époque, dédiée à saint Etienne et provenant de l'église de Baho, est aujourd'hui présentée à l'église de Villefranche-de-Conflent (entrée du choeur), où elle a été apportée dans les années 90, par l'abbé Cazes (lors de son départ de la cure de Baho pour celle de Villefranche).