• enquête thématique départementale, mobilier religieux
Retable de Notre-Dame du Rosaire, Eglise paroissiale Saint-Vincent
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Conseil départemental des Pyrénées-Orientales
  • (c) Ministère de la culture, DRAC Occitanie
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées-Orientales
  • Commune Baho
  • Emplacement dans l'édifice transept nord

Retable datant du deuxième tiers du 18e siècle, remanié à différentes époques postérieures (application de bronzine, grattage des sgraffite, ajout de la table d'autel, d'une marche maçonnée...). La statue du couronnement représentant saint Antoine l'Ermite semble dater de la même époque, mais n'est certainement pas la sculpture d'origine. En effet, ses dimensions moins importantes, laisse apparaître aujourd'hui un fond de niche dissimulé à l'origine, sans dorure ni motifs gravés, peint en bleu.

Le retable a été restauré de juin à septembre 2008 par le Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine (Evelyn Stier, Sylvie Richard, Isabelle Despéramont Jubal).

Il n'existe pas de documentation connue sur ce retable. On sait seulement qu'il était auparavant présenté en biais à gauche du chœur de l'église, en vis-à-vis d'un retable dédié à saint Antoine de Padoue, et qu'ils furent tous deux déplacés contre les murs latéraux de la nef après la seconde guerre mondiale (Information recueillie en 2008 auprès de Mme Jeannette Meitg). Certains remaniements constatés sur la structure du retable pourraient dater de ce démontage et remontage.

Pour ce qui est de la genèse de cette oeuvre, ni le sculpteur, ni le doreur, ne sont connus. Cependant une hypothèse peut être avancée (I. Despéramont Jubal, 2008) car le retable saint Joseph qui se trouve dans la même église aurait été sculpté par Pierre Navarre ou Joseph Navarre, son fils (attribution stylistique de B. Tollon). Or certaines similitudes sont visibles entre les deux retables et on sait que ces deux sculpteurs affectionnaient les dais avec tenture et lambrequins comme celui présent au-dessus de la niche centrale. Le sculpteur Pierre Navarre est surtout connu pour son retable à baldaquin à la cathédrale d'Elne de 1723, mais il est également très actif en Roussillon dans la première moitié du 18e siècle, et meurt en 1743. Son fils Joseph Navarre (souvent confondu avec lui) est actif de façon certaine de 1747 à 1771. Malheureusement l'attribution stylistique du retable du Rosaire de Baho est très gênée par l'absence de sculptures d'origine et la disparition de tous les personnages des bas-reliefs historiés. Le style de ce retable et de son décor permettent de la situer globalement entre 1725 et 1770. Les statues pourraient être un peu plus tardives et en tous cas ne sont pas d'origine.

Retable à un registre comportant une niche centrale abritant une statue de Vierge à l'Enfant, drapée d'un vêtement orné de sgraffiti, entourée de cinq panneaux sculptés représentant les mystères du Rosaire : l'Annonciation, La Visitation (Vierge et Sainte Anne, côté gauche) ; La présentation de l'Enfant Jésus au temple de Jérusalem, l'adoration des Rois Mages (côté droit) ; la Nativité (au centre). Décor sculpté de bouquets, feuilles, pot-au-feu et putti. La statue de Vierge est présentée dans une niche de plan trapézoïdal, coiffée par un dais avec lambrequins retombants (lacunaires) et tenture retenue de chaque côté. A l'intérieur de la niche (plafond), un décor peint polychrome représente deux têtes d'angelots. Placés de part et d'autre de la statue, deux anges céroféraires semblent éclairer les scènes des panneaux sculptés. Aux extrémités, deux colonnes à fûts lisses surmontées d'un chapiteau corinthien et d'un pot à feu, ainsi que deux guardapols, achèvent la composition. L'entablement est interrompu au-dessus de la niche centrale et relié par une moulure en arc de cercle. Au-dessus des bas-reliefs, seule la corniche se poursuit.

Le couronnement est composé d'une fausse niche présentant la statue de saint Antoine l'Ermite. Cette sculpture n'est pas d'origine du retable (dimensions trop exiguës). Malgré son socle rajouté, elle laisse apercevoir une partie de la fausse niche, autrefois dissimulée, peinte d'une couleur bleue et sans motifs gravés dans la préparation de la dorure. Son auréole a quasiment disparu, seuls trois rayons subsistent. Au-dessus, inscrit dans un médaillon, figure le monogramme de la Vierge "AM", signifiant "Ave Maria". Les ornements sculptés ne sont pas en très haut relief. Il s'agit de motifs rocaille avec des coquilles et de larges rinceaux de végétaux ainsi que des chutes de fleurs. Au soubassement, les décors sont inscrits dans des cartouches. Certaines surfaces planes comme les retours de piliers et les fonds de niche sont sans sculpture, ornés de motifs réalisés par le doreur, gravés dans la préparation.

La table d'autel galbée en bois peint faux marbre, postérieure au reste du retable, est surmontée de gradins à deux degrés, sans tabernacle. Le soubassement, avec deux piliers latéraux, repose sur une banquette maçonnée.

Description technique :

Support : bois d'essence résineux, type pin, pour la structure, les reliefs décoratifs et les poutrelles de fixation ; sculptures (non évidées ; quelques morceaux : bras, ailes, plis de vêtements, rapportés autour d'un tronc central) et colonnes en feuillu (bois rougeâtre) ; socle de la Vierge en conifère ; yeux en verre pour la Vierge et l'Enfant Jésus ; plâtre pour la quasi totalité des têtes, bras et mains des personnages des bas-reliefs ; quelques motifs décoratifs de la prédelle moulés en pâte anglaise et rapportés ; utilisation de planches de fines épaisseur (16 à 19 mm) pour l'ensemble de la structure ; traces d'outils nettement visibles au revers : scie, rabot et gouges de différente taille ; colonnes d'une seule pièce, taillés dans un tronc ; marche maçonnée haute de 35 cm sous l'ensemble du retable ; fixation au mur : poutrelles en bois ; assemblages : clous, collages ; orifice rectangulaire derrière saint Antoine et les deux angelots à la hauteur des épaules (ancien système d'assemblage ?) ; fixation des sculptures : aucune, sauf pour saint Antoine (fixation par l'intermédiaire d'une cordelette entre le clou de fixation de l'auréole et le fond de la fausse niche) ; accessibilité au revers : très limité, le retable se trouve à 30 cm du mur ; la bas de la niche centrale est en contact avec le mur.

Polychromie : dorure à la détrempe et à la mixtion, faux marbres, aplats de couleurs, motifs floraux gravés dans la préparation sur les fonds des niches, et des panneaux de la prédelle ; quelques restes de sgraffito sur le drapé du baldaquin ; le sgraffito présent à l'origine sur tous les bas-reliefs a disparu, suite à un décapage et à un grattage. Des zones peu visibles comme derrière les statues ou sur des retours de moulures sont peintes en ocre jaune pour économiser la dorure. Des têtes d'anges sont peintes au naturel de chaque côté du plafond de la niche centrale. Aspect de surface : terne, granuleux, irrégulier ; vernis : ponctuel (vêtements de la Vierge) ; repeint perceptible : ponctuel ; présence de bronzine oxydée sur les gradins et des éléments décoratifs. Les quatre statues sont entièrement repeintes sauf les parties des deux anges et également vernies. Les repeints des carnations sont de facture assez moyenne et laissent transparaître la crasse sous-jacente. Pour saint Antoine, sous le vert du socle se trouvait un bleu mat et la robe était déjà brune.

  • Catégories
    menuiserie, sculpture
  • Matériaux
    • bois, en plusieurs éléments peint, doré, décor dans la masse, décor en relief, décor rapporté, faux marbre
    • verre
    • plâtre
  • Mesures
    • h : 498 cm
    • la : 455 cm
    • pr : 115 cm
  • Précision dimensions

    H = 498 cm ; la = 455 cm ; pr = 115 cm

  • Iconographies
    • Vierge à l'Enfant
    • Visitation
    • Présentation au Temple
    • Adoration des Mages
    • Nativité
    • ornement à forme végétale
    • angelot
    • saint Antoine
    • AM
  • Précision représentations

    Retable à un registre comportant une niche centrale abritant une statue de Vierge à l'Enfant, drapée d'un vêtement orné de sgraffiti, entourée de cinq panneaux sculptés représentant les mystères du Rosaire : l'Annonciation, La Visitation (Vierge et Sainte Anne, côté gauche) ; La présentation de l'Enfant Jésus au temple de Jérusalem, l'adoration des Rois Mages (côté droit) ; la Nativité (au centre). Décor sculpté de bouquets, feuilles, pot-au-feu et putti. La statue de Vierge est présentée dans une niche de plan trapézoïdal, coiffée par un dais avec lambrequins retombants (lacunaires) et tenture retenue de chaque côté. A l'intérieur de la niche (plafond), un décor peint polychrome représente deux têtes d'angelots. Placés de part et d'autre de la statue, deux anges céroféraires semblent éclairer les scènes des panneaux sculptés. Aux extrémités, deux colonnes à fûts lisses surmontées d'un chapiteau corinthien et d'un pot à feu, ainsi que deux guardapols, achèvent la composition. L'entablement est interrompu au-dessus de la niche centrale et relié par une moulure en arc de cercle. Au-dessus des bas-reliefs, seule la corniche se poursuit.

    Le couronnement est composé d'une fausse niche présentant la statue de saint Antoine l'Ermite. Cette sculpture n'est pas d'origine du retable (dimensions trop exiguës). Malgré son socle rajouté, elle laisse apercevoir une partie de la fausse niche, autrefois dissimulée, peinte d'une couleur bleue et sans motifs gravés dans la préparation de la dorure. Son auréole a quasiment disparu, seuls trois rayons subsistent. Au-dessus, inscrit dans un médaillon, figure le monogramme de la Vierge "AM", signifiant "Ave Maria". Les ornements sculptés ne sont pas en très haut relief. Il s'agit de motifs rocaille avec des coquilles et de larges rinceaux de végétaux ainsi que des chutes de fleurs. Au soubassement, les décors sont inscrits dans des cartouches. Certaines surfaces planes comme les retours de piliers et les fonds de niche sont sans sculpture, ornés de motifs réalisés par le doreur, gravés dans la préparation.

  • Inscriptions & marques
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    1977/02/11 classé au titre objet, 1977/02/11
  • Référence MH

IMP_R_Baho_01

Documents d'archives

  • Archives CDCROA : Pré-inventaire. Commune de Baho : église paroissiale Saint-Vincent (fiches établies par M. Louis Ausseil, en mai 1969).

    CCRP Perpignan
  • Archives C.C.R.P. : Desperamont Jubal Isabelle, Stier Evelyn, Compte-rendu de restauration, Commune de Baho, église Saint-Vincent, retable du Rosaire, Centre de Conservation et de Restauration du patrimoine, octobre 2008.

    CCRP Perpignan

Bibliographie

  • Tollon (Bruno), Les retables sculptés en Roussillon et en Cerdagne Française au XVIIIe siècle, Thèse de 3ème cycle, université de Toulouse-Le Mirail, 1972.

Périodiques

  • L'Indépendant du 04 juillet 2009 : "Baho Le retable restauré".

Date(s) d'enquête : 1969; Date(s) de rédaction : 2005, 2020
(c) Conseil départemental des Pyrénées-Orientales
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Ministère de la culture, DRAC Occitanie
Rogé Bonneau Catherine
Rogé Bonneau Catherine

chargée d'inventaire au CCRP de Perpignan

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Édifice
Eglise paroissiale Saint-Vincent

Eglise paroissiale Saint-Vincent

Commune : Baho
Adresse : place de l' Eglise