Jacques Lafoux (1761-1841), orfèvre à Montpellier. D'inspiration néoclassique, dans le souvenir peut-être du tableau du peintre montpelliérain Joseph Maire Vien (1716-1809), la représentation de saint Roch de Montpellier est conforme à l'iconographie du saint décrite par Émile Bonnet. Il est représenté en costume de pèlerin orné de coquilles Saint-Jacques et accompagné du chien qu'il rencontra à Piacenza à son retour de Rome. La tradition veut également que celui-ci tienne, de sa main droite, le bâton de pèlerin, sa main gauche découvrant le bubon de la peste. La statue-reliquaire de saint Roch, commandée en 1808 comme le reliquaire de saint Fulcran de Lodève, témoigne également de la reprise du culte catholique après le Concordat de 1801 et de l'exaltation du culte des saints locaux. Ce nouveau reliquaire, dû à l'orfèvre montpelliérain Jacques Lafoux (1761-1841), un des derniers représentants des orfèvres montpelliérains ayant travaillé sous l'Ancien Régime, est une pièce en argent moulée et fondue, dans laquelle s'insérait l'insigne relique, un petit ossement placé dans le socle du reliquaire le 7 avril 1809 par Mgr Fournier, évêque de Montpellier. En atteste un dessin figurant dans une Vie de saint Roch publiée en 1809.
L'actuel coffret à reliques est postérieur à la statue. Il a été commandé en 1838 à l'atelier d'orfèvres parisiens Martin et Dejean, Jacques Lafoux n'exerçant plus à cette époque et Xavier-Louis Dartis (1766-1836) étant décédé. Cette commande correspond à larrivée de nouvelles reliques dArles, attestée le 24 mai 1838, huit petits ossements authentifiés le 10 mai 1839 par Mgr Thibault, évêque de Montpellier : « Nous les avons placés sur un coussin carré en velours cramoisi environné d'une frange et d'une chenille dor ; elles y ont été fixées par un fil d'argent. Nous avons placé également à une extrémité dudit coussin et en dehors du cadre formé par la chenille, pour la distinguer des autres, la petite parcelle du dos du saint que la paroisse possédait. »
Il donne aussi une description détaillée du coffret : « Nous avons placé ledit coussin avec les reliques dans un tombeau en vermeil, de forme carrée, portant une glace en cristal sur chacun de ses côtés [ ] ledit tombeau est disposé de manière à être placé dans le piédestal de la statue en argent de saint Roch, laquelle est placée dans la châsse en argent que la paroisse vient d'acquérir. » La reconstruction de léglise en 1862, agrandie afin de répondre plus dignement à l'afflux des pèlerins, a respecté ces dispositions et intégré le reliquaire dans une niche de l'actuelle chapelle Saint-Roch. ;
Vie de saint Roch, Montpellier, imprimerie Auguste Ricard, 1809 ; Procès-Verbaux du 23 mai 1838 relatifs à la translation d'une partie des reliques de saint Roch d'Arles à Montpellier et du 10 mai 1839 concernant le dépôt des nouvelles reliques de saint Roch et portant le sceau de Charles-Thomas Thibault, évêque de Montpellier ; Exposition, Montpellier, 1954, catalogue complémentaire, no XXV ; Thuile, Répertoire, 1966, t. II, p. 328, pl. I, fig. 1 ; Arminjon, Beaupuis, Bilimoff, 1991, p. 265, no 2620 ; Palouzié, 2005.
Né à Montpellier, il est reçu maître le 5 janvier 1788.