D'après la tradition orale, cette maison est construite en 1929-1930 pour Auguste Belalbre (1890 Buenos Aires-1986 Toulouse). Déjà détenteur d'une voiture Chenard et Walcker en 1920, il fait édifier son logement rue Lavoisier (ancienne rue Banaste), en face de l'usine de chapeaux (anciens établissements Rey-Pontier) qu'il a racheté quelques années auparavant, en 1926 (ou 1927). La manufacture « Francy » qui fabrique des chapeaux de paille et des chapeaux en feutre progresse rapidement, elle fait partie des quatre plus importantes usines du bassin caussadais de l'époque et emploie plus de 200 personnes vers 1925/1930. La marque "Francy" est déposée le 30 octobre 1928. C'est à cette période faste qu'Auguste Belalbre fait construire sa maison dans le style néo-basque avec des caractéristiques stylistiques et un vocabulaire Art déco (bow-window, rythme ternaire des ouvertures, grilles de porte et de fenêtres, mosaïques, décors des plafonds, mobilier, pilier rue des Jardins). Très en vogue depuis le début du 20e siècle, le style néo-basque est prisé par l'architecture de villégiature des côtes françaises. Dans le paysage caussadais, cette maison se distingue par son volume et sa modernité.
Il est fort probable qu'un tel projet ait été conçu par un architecte (dont on ignore le nom). Toutefois il n'est pas exclu que l'architecte qui a suivi le projet d'extension de l'usine, M. Moulinoy ait également œuvré pour la maison. La tradition orale rapporte que le projet aurait été pensé par M. Belalbre lui-même et M. Molinié, artisan caussadais aurait ensuite coordonné le chantier de construction. Les graffitis représentant les caricatures (visages) des artisans dessinés à la mine sur le plâtre d'une chambre au deuxième étage attestent également l'intervention de différents corps de métier : « Gaston le roi de la mosaïque » Gaston Lavergne, « Jean le stafeur », « Lacane le roi du pinceau », "Georges dit la valise" (Georges Delteil, ouvrier en plomberie).
Comme de nombreuses maisons de cette période, la maison est nommée « villa Denise » du prénom de l'épouse du propriétaire : Denise (Andurand). L'inscription figurait sur un bandeau de céramique sur la façade sud-ouest, coté rue Lavoisier et a disparu lors de travaux d'entretien menés durant la seconde moitié du 20e siècle. La manufacture de chapeaux « Francy » d'Auguste Belalbre fait faillite en 1936, le jugement concernant les créances Belalbre a lieu en novembre 1937 (AD. 82,1365 W 5). La maison et l'usine sont alors vendues à l'audience du Tribunal civil de Montauban le 27 janvier 1938. La mise à pris du premier lot "villa Denise et dépendances" s'élève à 85000 francs, le deuxième lot "terrain et le tennis" à 12000 francs puis le troisième lot, un terrain est mis à prix à 10000 francs (Archives privées, affiche "Vente à la suite liquidation judiciaire- En huit lots distincts - Divers immeubles situés dans la commune de Caussade", 1938).
Marguerite Gardès achète la maison (le terrain et le tennis) pour sa fille Marie Gardès (1903-1960) épouse de Jean Boscus (1890-1960), fils de l'historien local Louis Boscus. Jean Boscus marchand de bois a aménagé son bureau en rez-de-chaussée de la maison. La plaque émaillée "Jean Boscus Négt en bois" est conservée sur la clôture en ciment. En 1943 (tradition orale), le toit d'origine à pans dissymétriques est en partie modifié, la terrasse côté jardin est couverte. La dépendance est agrandie de deux pièces supplémentaires à l'étage. Une photographie (avant travaux) atteste la présence de deux terrasses à l'étage, de part et d'autre du corps central.
Au cours du temps et des entretiens successifs, les éléments peints des façades (faux pan de bois, volets, pannes de l'avant-toit) ont adopté différentes couleurs (marron avant d'être rouge) et bénéficié du soutien de la Fondation du patrimoine. La maison largement ouverte sur un jardin se déployant à l'arrière (nord-est), bénéficiait également d'un terrain de tennis actuellement disparu. Outre ces quelques éléments, la maison très bien conservée reflète encore aujourd'hui le mode de vie d'une famille bourgeoise durant les années 1930 à Caussade.