• inventaire topographique
logement patronal appelé "villa Denise"
Œuvre étudiée
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays Midi-Quercy
  • Commune Caussade
  • Adresse 31 rue Lavoisier
  • Cadastre 2015 AR 129, 130  ; 1937 I 330

D'après la tradition orale, cette maison est construite en 1929-1930 pour Auguste Belalbre (1890 Buenos Aires-1986 Toulouse). Déjà détenteur d'une voiture Chenard et Walcker en 1920, il fait édifier son logement rue Lavoisier (ancienne rue Banaste), en face de l'usine de chapeaux (anciens établissements Rey-Pontier) qu'il a racheté quelques années auparavant, en 1926 (ou 1927). La manufacture « Francy » qui fabrique des chapeaux de paille et des chapeaux en feutre progresse rapidement, elle fait partie des quatre plus importantes usines du bassin caussadais de l'époque et emploie plus de 200 personnes vers 1925/1930. La marque "Francy" est déposée le 30 octobre 1928. C'est à cette période faste qu'Auguste Belalbre fait construire sa maison dans le style néo-basque avec des caractéristiques stylistiques et un vocabulaire Art déco (bow-window, rythme ternaire des ouvertures, grilles de porte et de fenêtres, mosaïques, décors des plafonds, mobilier, pilier rue des Jardins). Très en vogue depuis le début du 20e siècle, le style néo-basque est prisé par l'architecture de villégiature des côtes françaises. Dans le paysage caussadais, cette maison se distingue par son volume et sa modernité.

Il est fort probable qu'un tel projet ait été conçu par un architecte (dont on ignore le nom). Toutefois il n'est pas exclu que l'architecte qui a suivi le projet d'extension de l'usine, M. Moulinoy ait également œuvré pour la maison. La tradition orale rapporte que le projet aurait été pensé par M. Belalbre lui-même et M. Molinié, artisan caussadais aurait ensuite coordonné le chantier de construction. Les graffitis représentant les caricatures (visages) des artisans dessinés à la mine sur le plâtre d'une chambre au deuxième étage attestent également l'intervention de différents corps de métier : « Gaston le roi de la mosaïque » Gaston Lavergne, « Jean le stafeur », « Lacane le roi du pinceau », "Georges dit la valise" (Georges Delteil, ouvrier en plomberie).

Comme de nombreuses maisons de cette période, la maison est nommée « villa Denise » du prénom de l'épouse du propriétaire : Denise (Andurand). L'inscription figurait sur un bandeau de céramique sur la façade sud-ouest, coté rue Lavoisier et a disparu lors de travaux d'entretien menés durant la seconde moitié du 20e siècle. La manufacture de chapeaux « Francy » d'Auguste Belalbre fait faillite en 1936, le jugement concernant les créances Belalbre a lieu en novembre 1937 (AD. 82,1365 W 5). La maison et l'usine sont alors vendues à l'audience du Tribunal civil de Montauban le 27 janvier 1938. La mise à pris du premier lot "villa Denise et dépendances" s'élève à 85000 francs, le deuxième lot "terrain et le tennis" à 12000 francs puis le troisième lot, un terrain est mis à prix à 10000 francs (Archives privées, affiche "Vente à la suite liquidation judiciaire- En huit lots distincts - Divers immeubles situés dans la commune de Caussade", 1938).

Marguerite Gardès achète la maison (le terrain et le tennis) pour sa fille Marie Gardès (1903-1960) épouse de Jean Boscus (1890-1960), fils de l'historien local Louis Boscus. Jean Boscus marchand de bois a aménagé son bureau en rez-de-chaussée de la maison. La plaque émaillée "Jean Boscus Négt en bois" est conservée sur la clôture en ciment. En 1943 (tradition orale), le toit d'origine à pans dissymétriques est en partie modifié, la terrasse côté jardin est couverte. La dépendance est agrandie de deux pièces supplémentaires à l'étage. Une photographie (avant travaux) atteste la présence de deux terrasses à l'étage, de part et d'autre du corps central.

Au cours du temps et des entretiens successifs, les éléments peints des façades (faux pan de bois, volets, pannes de l'avant-toit) ont adopté différentes couleurs (marron avant d'être rouge) et bénéficié du soutien de la Fondation du patrimoine. La maison largement ouverte sur un jardin se déployant à l'arrière (nord-est), bénéficiait également d'un terrain de tennis actuellement disparu. Outre ces quelques éléments, la maison très bien conservée reflète encore aujourd'hui le mode de vie d'une famille bourgeoise durant les années 1930 à Caussade.

La maison, est en retrait de la rue Lavoisier sur une vaste parcelle traversante. Elle est implantée dans le prolongement de la maison voisine (à l'ouest) selon un axe nord-ouest/sud-est. Cet ancien logement patronal, situé en face des anciennes usines de chapeaux est construit en béton (armé), il comprend deux étages. La qualité du programme architectural s'affirme dans le traitement des élévations et de la façade sud-ouest (mur-pignon sur rue) peintes en blanc.

Les parties supérieures se distinguent par les éléments de faux pan de bois colorés en dessous desquels court une frise en céramique ornée de motifs géométriques. La maison se caractérise par ses décrochements propres à ce style néo-régionaliste (basque). Le jeu des volumes est fait de formes géométriques simples : lignes droites, pans coupés, courbes et rectangles pour les ouvertures. Le programme est en adéquation avec les besoins : le bow-window sur la façade et les grandes ouvertures en rez-de-chaussée côté jardin diffusent largement la lumière dans les pièces de vie et de réception les plus importantes : le salon et la salle à manger. Une porte d'entrée se situe côté rue et la seconde, identique, en bois, est rejetée sur l'élévation latérale sud-est. Elle présente un décor en ferronnerie de style Art déco (corbeille de fleurs très stylisée, spirales). Elle ouvre sur le hall et un couloir central qui dessert en rez-de-chaussée, un bureau, un salon (billard), une cuisine et une salle à manger. L'étage, à l'origine réservé au couple Belalbre et à leurs deux enfants (Jacques et Marc), regroupe les chambres et une salle de bain tandis que le dernier niveau comprend une chambre d'amis et des chambres plus petites conçues pour les employés de maison (cuisinière et valet de chambre). Ces niveaux sont desservis par un escalier en ormeau massif éclairé d'un puits de lumière. La plupart des sols des pièces du rez-de-chaussée et la salle de bain (à l'étage) sont recouverts de mosaïques de qualité. Les motifs (floraux, géométriques, etc.) et les couleurs propres à chaque pièce permettent d' identifier les différents espaces. Un soin particulier est apporté au décor et un goût certain pour l'ornementation Art déco est entre autres perceptible (roses, motifs floraux stylisés, motifs géométriques) dans les bas-reliefs en plâtre du plafond du hall d'entrée et de la salle à manger, le décor de certaines cheminées, le choix d'une partie du mobilier ou encore les fenêtres ovales semblables à des « hublots » au deuxième étage.

Mais l'inscription de la maison dans la modernité n'est pas qu'esthétique, elle s'affiche également ici par l'attention apportée au confort. Toutes les pièces, exceptées deux chambres au deuxième étage disposent d'un système de chauffage. Les fenêtres sont dotées de stores roulants dont les coffres en bois sont encore conservés. Un monte-plat manuel dessert tous les niveaux et permettait de servir des repas sur la terrasse ou encore de remonter des bouteilles de vins de la cave. La cuisine est équipée d'un four double en céramique et d'un vide-ordure. Autre choix notable du commanditaire : la salle de bain (à l'étage) qui reste un luxe, une pièce relativement rare à l'époque de la construction.

A l'arrière de la maison, le jardin occupe le reste de la parcelle et se déploie jusqu'à la rue des jardins. Dans cette rue, se trouve un pilier en béton pyramidal de style Art déco. Le jardin conserve une fontaine à tête de tortue en mosaïque. Un bâtiment élégant qui abritait le logement des employés et la buanderie borde le nord de la parcelle.

  • Murs
    • béton béton armé enduit
  • Étages
    sous-sol, 2 étages carrés
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours escalier en charpente
  • Techniques
    • ferronnerie
    • mosaïque
    • décor stuqué
    • céramique
  • Représentations
    • rose
    • fleur
    • ornement géométrique
    • ornement géométrique
    • ornement géométrique
  • Précision représentations

    Les différentes pièces de la "villa Denise" conservent des plafonds décorés en staff (d'origine) aux plafonds : rosaces à décor de roses et de rayons, corniches et modillons ornés de motifs géométriques (denticules, oves, triglyphes). La cheminée du salon présente au centre du manteau une tête de Bacchus et sur les piédroits deux panneaux rectangulaires à décor végétal, en céramique glaçurée. Dans la salle à manger, les murs sont recouverts en partie basse de fausses boiseries à décor floral, réalisées avec des plaques de fibrociment thermoformées imitant le chêne. Les sols des pièces de la maison sont constitués de mosaïques à tesselles, qui reprennent des motifs géométriques associés parfois à des décors floraux dans les angles. Des ferronneries à motifs de roses stylisées dans des vasques ornent les deux portes d'entrée de la maison.

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G
  • NOTB_S
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVD82_MIDIQUERCY
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
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Date(s) d'enquête : 2018; Date(s) de rédaction : 2018