La maison date en grande partie du 19e siècle et du début du 20e siècle. Toutefois, la lecture des relevés (M. Bublot et J. Laurence architectes, 2021), l'épaisseur de certains murs, la présence d'une androne visible au sud-ouest laissent penser que cette maison résulte du regroupement de plusieurs parcelles médiévales ou modernes. Son emplacement au cœur de la bastide médiévale conforte cette hypothèse.
La façade ordonnancée, aujourd'hui décroûtée, bordant la place, conserve des éléments de maçonnerie remployés. La partie ouest présente un chaînage d'angle et un piédroit chanfreiné d'une ancienne ouverture pouvant être en place.
Sur le plan de 1814, la parcelle a une emprise similaire à la parcelle actuelle. La porte charretière est gravée du millésime « AN XI » correspondant à l'année 1802-1803. Le monogramme « JBB » sculpté sur le linteau de la porte à pilastres sont les initiales de Jean-Baptiste Besse, propriétaire au début du 19e siècle (3P2011, matrice de 1822) et vraisemblablement à l'origine d'une campagne de travaux.
Durant la deuxième moitié du 19e siècle, les maisons (1814 B 128-129) et la maison (B 125) nouvellement construite en 1854 qui bordent l'actuelle route départementale deviennent propriété de Pierre Solignac (1793-1885), curé de Verfeil puis d'Etienne Girma (son neveu ?) propriétaire cultivateur né en 1866.£Pierre Solignac, prêtre retraité qui habite une partie de la maison, reçoit en 1882-83 l'autorisation de dire la messe et d'installer un oratoire dédié au Sacré cœur de Jésus dans la maison (archives privées N. Vern-Frouillou). Aujourd'hui, seule une niche aménagée dans une petite pièce au sud en témoigne. Un oratoire domestique en forme de retable (voir la notice IM82110010) pouvant provenir de l'abbaye de Beaulieu était disposé dans cette pièce. Il est aujourd'hui conservé au musée à Belleperche.
En 1889, c'est la veuve d'Etienne Girma (Lozère 1810-1811 ?-Verfeil 1881), Marie-Julie Simian (1821- ?), marchande de modes, qui hérite de la maison. Puis l'année suivante, elle appartient à son fils Joseph, Servant-Dieu Girma (Verfeil 1853-Pau 1936), médecin à l'asile d'aliénés à Rouen.
Ce dernier entame des travaux et agrandit la maison. Elle est, en effet, déclarée en 1903 dans les matrices, comme ayant bénéficié d'une « évolution du bâti » et « addition de construction » et possède alors « 19 ouvertures ».
En 1911, la maison appartient toujours à Joseph Girma, et le nombre d'ouvertures déclarée reste inchangé (3P2016, matrice 1911).
Ce sont les époux Girma Joseph et Suzanne (née Laval), propriétaires aisés qui opèrent une véritable remise au goût du jour des lieux à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Un graffiti « Mauret Elie plâtrier à Gaillac Tarn 1907 » découvert dans une niche de l'ancienne salle à manger (pièce sud) renseigne sur l'intervention d'un artisan gaillacois.
L'escalier central, comparable à un escalier montalbanais d'un immeuble rue Hamecher (daté de 1899) appartient à cette campagne de travaux ; la reprise de l'élévation sud avec l'ouverture des lucarnes de toit, l'aménagement de la tour et de la terrasse, également. Cette dernière se prolongeait au sud par un jardin suspendu comme en témoigne une photographie précieuse du début du 20e siècle.
Joseph Girma est né en 1853 (13 avril) à Verfeil. Il est interne en médecine à l'asile d'aliénés de Montauban de 1876 à 1879 puis à Blois (1879-1880) et Charenton (1880-1881). Il poursuit sa carrière comme médecin-adjoint des asiles publics d'aliénés à Ivry (de 1881-1883) puis à Pau de 1883-1887, à Rouen de 1887-1892. Enfin, il termine sa carrière comme directeur médecin chef des asiles publics d'aliénés à Pau de 1892 à 1908 et reçoit la légion d'honneur en 1909. Il décède en 1936 à Pau, sans enfant. Après la famille Girma, la maison, selon la tradition orale, serait devenue propriété d'une congrégation de religieuses (soeur de la Sainte-Famille de Villefranche-de-Rouergue) installée à Verfeil puis achetée ensuite par Abel Maynard (Paris 1883 - Verfeil 1957).
Ce propriétaire à l'occasion de son mariage avec Léonie Hébrard (Montauban 1890-1969) a commandé une salle à manger d'esprit Art nouveau au sculpteur ébéniste montalbanais Jules Soreilhan (né en 1879). Cette salle à manger occupait la pièce nord à l'étage jusque dans les années 2005/06, elle est aujourd'hui exposée au musée des arts de la table de Belleperche (82) (voir IM82114000, IM82114001, IM82114002).
En 1958, la maison devient propriété de leur fille unique Suzanne Maynard (épouse Vern) qui y vit jusqu'au début des années 2000. La maison a connu d'autres réaménagements durant cette seconde moitié de 20e siècle.
Depuis 2019, la maison appartient à l'association « la maison de la halle » qui a pour projet de créer des logements solidaires.