A l'origine, il existait sans doute deux maisons médiévales distinctes qui ont été réunies à l'époque moderne (17e s. ?). L'analyse du compoix de la fin du 15e siècle, montre que la parcelle était détenue par Guihem Rigolac "sartre" (tailleur d'habit), et qu'il avait un "ostal" (maison) et un "ayral" (espace non bâti).
Des éléments tels que le jour chanfreiné en rez-de-chaussée dans le mur nord (côté entremis), la forte section des poteaux en bois de ce même niveau et la base de la tour (pigeonnier) confirment une première campagne de construction à la fin du Moyen Âge (15e s. ?).
La réunion des maisons a engendré la modification de la structure en pan de bois. Le second étage est probablement postérieur à cette réunion car sa mise en œuvre est homogène et diffère de celle du niveau inférieur. Le rez-de-chaussée était à l'origine constitué de larges poteaux de bois assemblés à la sablière de plancher dont le rythme est donné par les trous de chevilles encore visibles. La tour située en fond de parcelle présente, en partie basse (rez-de-chaussée), une maçonnerie et des ouvertures également médiévales (porte, jour oblongue).
Une importante campagne de travaux réalisée à l'époque moderne, probablement au 17e siècle comme en atteste la cheminée en brique à l''étage (adossée au mur latéral sud), les menuiseries (portes à caissons et fenêtres à meneau avec contrevents ainsi qu'une partie de la structure en pan de bois) et les décors peints (voir IM82002354).
Sur le plan cadastral de la fin du 18e siècle, la parcelle est divisée en deux, une partie nord comprenant une partie de maison, la cour et la tour et une étable au sud, appartient à Pierre Martin "bourgeois". La partie sud de la maison (correspondant aux salles aux plafonds peints) appartient aux héritiers de Bertrand Donat.
L'édifice a subi des modifications au 19e siècle qui perturbent la lecture des périodes antérieures, une remise au goût du jour engendre l'ouverture de fenêtres rectangulaires, le réaménagement de certaines pièces et cheminées. La maison appartient alors à Marcellin Jean-Baptiste qui possède également la cour et le « pigeonnier » (la tour). A partir du milieu du 19e siècle (1847), la propriété passe à la famille Lonjou Bernard (maire de Montricoux à partir de 1855) et Lonjou Jean épicier puis à la fin du 19e siècle (vers 1890) à son fils Lonjou Emile, rentier. Le millésime "18 juillet 1864" tracé dans l'enduit de la hotte d'une cheminée au deuxième étage confirme une campagne de travaux. En 1932 Lonjou Félix et Lonjou Ernest, époux Bonneville héritent de la maison ; elle est alors déclarée comme ayant 11 ouvertures. En 1943, il semblerait que la maison de Lonjou Léon Félix, gendre Brousse, négociant à Montricoux, soit utilisée comme remise (matrice cadastrale 1911).